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nouveauté : N3
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 Article publié le 20 juin 2012.

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Eliot/Machado — « Entre l’idée et l’acte, entre le rêve et la réalité, l’Ombre s’interpose, car le Royaume t’appartient, » dit l’un — et l’autre : « Entre la vie et le rêve, il y a autre chose : Devine ! » — entre la poésie qui donne et la poésie qui prend — la subtilité d’une pliure mentale à l’endroit où l’angoisse et la résignation se rejoignent pour former un homme — tandis que l’Ombre donne un sens — sans le prendre toutefois — poésie des heurts plus que des rencontres — ici, au midi de la modernité enfin acquise — l’Ombre qui s’étend — à la fois portée et propre — sans nuance de gris pour distinguer de loin l’une et l’autre — au sommet de la confusion des genres — la question touchant à la réalité et à ce qui n’est plus elle — tentant d’y trouver à redire — la langue nécessaire ou purement inévitable — parce qu’il faut aussi parler — que rien ne s’écrit en dehors de la parole — celle qu’on donne et celle qu’on prend — au fond la parole qui s’arrache comme un cri — mais sans la portée du cri — distance illusoire — et sans cette propriété dont il serait impossible de dire si elle est naturelle ou pas — « Devine ! » dit le poète acquis à l’expérience de la trajectoire — tandis que l’autre sait que la lumière a son importance — que c’est un espace qui se décrit — et non pas cette durée que l’esprit met à profit pour pallier les attouchements du verbe — mélancolie peu fatale — avec au bout de ce temps une confession — pas seulement l’aveu d’impuissance — mais la confiance tenace — voire obtuse — gagnée sur ce qui demeure une énigme — alors que l’Ombre confère de l’avance — installant la mort non plus aux détours — mais comme filtre d’amour — vanité des rencontres prévues et des trous de mémoire inattendus — la terre de Castille prend un sens — et le Royaume ne projette plus des ombres — la règle voulant que l’ombre portée est plus sombre que l’ombre propre — petit détail qui s’observe sur le tas — avec le temps et la patience — objets disposés de l’intérieur et créatures de l’extérieur — venue de l’extérieur pour peupler le vide laissé par les défauts de succession —

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