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Présentation de ESTERIA par l'auteur, François RICHARD.
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 Article publié le 28 octobre 2005.

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 extraits de ESTERIA

Puisque pour tout humain (tout l’humain) le dessein génétique est écrit, la vie est projection de l’écriture [marc du temps dans le corps, larme aux confins des ars viscéraux] dans un souffle venu de quelle camera obscura, si chaque être en porte les tables dans le microcosme aux pentagrammes d’accès résonnants, j’ai spontanément été fait la métonymie de cet ester khan (tout ce qu’on voit, tout le peuple de l’humanité, des cellules d’un corps miroitées face au Devant) -la métonymie, l’échantillon qui engloberait le tout en s’en faisant le seing représentatif, de manière sacrificielle [agneau vers l’anneau, l’Arche en G].

Vanité ? Peut-être, dans le sens de poursuite du vent. (ce souffle qui est retroussable, cette puissante musique intérieure enceinte). Les interprétations que je fais maintenant sont de toutes façons postérieures au processus lui-même, un surgissement et un saisissement par rapport auxquels je n’avais aucun recul possible, comme d’être élu page, ou, à l’image du dauphin, soudain pourvu d’un sonar, une capacité (fait de comprendre) d’écholocation glossolalique aspirant immédiatement toute la vie de soi vers elle, vers cette larme intrinsèque pour s’y réfléchir, pour ferrer quelle m’onde,un plan bien antérieur toujours avenu en puissance.
Esteria / Cenae Dies c’était alors la véritable transcarnation, l’anorexie d’un côté et l’écriture océanique féroce de l’autre, un transfert d’eaux et de pans carnés, trouble very day, le cannibalisme christo-hölderlinien, les crises noctofères de hurl tu jusqu’à la lie des heures. Remonter une à une les strates du livre de chair, orphisme ourobouros filant-éfilant ma métaphore (la métaphore qu’est mon corps pour l’être au fond de lui) jusqu’à l’angle de l’être, annexé vers le centre en se blessant en rythme à des sillons rupestres, un à un écaillés au dévol et de plus en plus vite, le pied battant. La dromoscopie (vision de lignes de vitesse rejoignant l’impression de fixité -d’être fixé-) exsudant la translation de ces stigmates profanés de l’endo du Temple [et de ton Peuple (tes cellules)] en parole écrite, arrivant écorchée mais presque intelligible à force de retravail (2002-2005) et de replacement dans la musique intérieure, retranscrite elle aussi dans le travail de l’espace (espace au féminin, distance entre deux mots), ce dernier s’avérant un jour miraculeusement simple : la musique intérieure est celle de la double espace.

C’est la lecture de Le dernier mot de Maurice Regnaut qui m’a montré toute l’évidence de cette « découverte » ; le même Maurice Regnaut qui dans Recuiam me montrait qu’on pouvait recréer l’effet de transe d’un requiem, d’un orage électrique boréal féérique et médiumnique, dans un livre en mettant en danger le livre, l’auteur et le lecteur. Cette connexion de sensibilité a été décisive pour moi dans la mesure où je suis à la base guitariste de dreamnoise, ai dû arrêter de jouer en groupe, et ai spontanément cherché à recréer mes accords hallucinés d’outre-entente dans l’écrit, à partir de 1998.

Les ombres entraillaires de l’envers se retrouvent à force de rounds dans le sas de l’écrit brut sous la forme de charpies et hardes de feu les noms partis en fumée, pores des corps suivants, silhouettes de caractères, espaces libérant dans leur respiration au T.emps Ext.érieur des fusées enchaînées, anneaux du serpent de tes rubans de peau, tempos hors de leurs gonds et cascadeurs sur le pan du versant adamique où l’eue main les traça, devant la peau d’un nu comme l’immense subtile teinte bleu larme. La logique secrète de l’inconscient et l’inconscient apprirent peu à peu à se chevaucher mutuellement, capoeira équestre, musaïque de crashs différents s’entrelaçant vers le cercle d’un point Ter. Au final des apparentes discontinuités, irréductibles bonds comme des opacités enfin moites néanmoins, ont demeuré dans la concaténation d’instants verticaux -leur ronde à l’horizon reconstruit. L’inconscient a bel et bien la forme d’une bleue ellipse.

Plusieurs qualificatifs et noms dès lors peuvent affleurer à la lecture d’Esteria (dont j’étais le premier lecteur, étonné comme de se recompter les membres après un accident et de se découvrir un nouveau corps). Grimoire atemporel d’un corps moderne enfant, fort d’être orphelin. Attaque somatique. Invocatoire. Tirs violents en mélodies elles-mêmes dégageant à force, de cette concentration derviche de sur-sens et de notes, la forme d’Excalibur (guerrier de la paix, plus que de guères échus pour sa propre entente, universelle), phénixéenne. Trou noir de toute une (la) vie en accélérateur de particules. Mosaïque de phosphènes se craquelant au maximum du saongs. Musicalité du phrasé CERNant sans cesse l’onglet émo-core, nodal inintelligible comme Yhwh sauf pour les autres sens que le sens (petit s) jusqu’au Sens. Actualisation de la toute-puissance kabbalistique-cymbaliste aux gongs du bleu des corps par le corps sacrifié dans l’écridéchiqueture (en rythme de transe) de ses potentialités de caractères, de ses phonèmes déiques (chaque cellule humaine, crevée par quelque page d’Espace), caillots de part et d’autres de la Pierre de l’œuvre. Vie sans mort puisque corps sublimant la mort de son temps dans la recrécitation de tout le S O I humain, toute la sensibilité foudroyante qu’on bride par économie de peau. Lumière noire permutée en T.Ext. invisible invincible. Et Vie en core.

François Richard.

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