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 Article publié le 26 juin 2005.

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La maison abandonnée

À la Maison abandonnée au bord du chemin de fer, la porte d’entrée et les volets sont remplaçés par du plâtre ; mélange subtil d’eau et de poudre blanche.
Il réside un calme absolu, dérangé uniquement, toutes les dix minutes, par le passage de la locomotive électrique transportant ses voyageurs ...

Je viens pour le silence que je ne trouve pas ailleurs, pour lire, et pour essayer de devenir un lecteur qui comprend, ce qu’il lit.
Je me rappelle de ce livre. C’est un volume que j’ai en main, acheté d’occasion, des cahiers de Charles-Augustin-Sainte-Beuve, un critique contemporain de la littérature du XIXe siècle, que j’aime particulièrement.

Quelques années passent, je reviens ; la maison est partiellement restaurée pour accueillir quelques SDF en voie de réinsertion. Je me retrouve alors face à face avec un des locataires.
Surprit tout d’abord, il est sur ses gardes. Enfin après un moment nous parlons de la pluie et du beau temps. Nous avons un point commun ; nous ne croyons pas du tout au phénomène de la réadaptation sociale : nous sommes inadaptés à la façon dont va le monde.

 

Les animaux des villes

 

Les poètes à la vue basse ne voient pas

les ailes des oiseaux au lointain.

Femme et homme objet

dans le décor quotidien,

les animaux des villes tiennent compagnie,

traversent les rues, les pelouses.
 
Autrefois, j’écrivais sur le soleil et la lune,

je trouvais qu’ils allaient bien ensemble,
 
maintenant c’est vénus,
 
le vent que j’aime entendre

sur les volets s’endormant au soir.

 

À contrechamps

À Jean Cocteau

À contrechamps, le bruit a disparu,

comme un silence entre deux accords,

demain n’est plus hier,

Demain n’est pas comme une certitude,

---------------la continuité de l’hier,

car la nouveauté peut apparaître

alors, ça devient un nouvel éclairage.


À contrechamps, la bande magnétique
 
--------------- s’est remise en marche,

des bruits appairaissent

non pas, comme des sons, mais comme un chaos.

Dans cette ville, la construction.

Dans cette bourgade, plus personne,
 
------ un regard qui s’étend... un visage se figeant...

À contrechamps, la réalité d’un film

n’est pas la réalité tout court.

C’est une autre réalité qui met du son avec des bruits,

c’est celle du réalisateur qui ne se souci

---------------- que de celui qui regarde.

S’il est poète, il peut devenir artiste

alors, il voudra mettre de la poésie dans son film
 
------------- comme Jean Cocteau en a produit.

 

Il ne reste qu’à aller voir le potager

 

Assis, sur le parterre fleurit, du village endormi,
les fronts laissent tomber, une à une, des gouttes d’eau ;
ils se détendent d’avoir tendu de vieilles cordes.

Assis, sur le bonheur entrouvert, du paravent du mistral,
les bouches se désaltèrent de sourires ;
elles se forment aux pliures des herbes sauvages.

Assis, sur cette roche de vieux paysans, à l’ombre du gros chêne,
les yeux touchent la brise, venant du sud des alizés,
ils font des ronds aux alluvions de la rivière.

Gens des cités, gens du négoce, gens des loisirs, gens d’ailleurs, gens sans importance, gens masculins et féminins, les gens d’ici sont assis.

Assis, les corps alors se dressent dans l’espace,
les jambes font un pas en avant, une libellule passe,
le vieux chien les emmène aux terriers, des amours enfouis. La glaise colle à leurs bottes. Ils tiennent fermement leurs bâtons dans leurs doigts, prennent le chemin des dames, à l’ouest de l’estuaire.
 
lls ont rempli leur journée de fatigue partagée ;
 il ne reste qu’à aller voir le potager.

 *

Deux poèmes

 

Que le balcon est triste

Que le balcon est triste sans nature.
J’invente alors des chrysanthèmes et des lilas blancs
que je connais ni d’Ève ni d’Adam.
Des parfums de femmes d’autres pays,
de nouvelles bergeries, de nouveaux panoramas.

Si j’étais autre part, j’écrirais autre chose,
des escaliers de marbres, des tableaux de maîtres,
des plantes tropicales posées sur les bordures,
des volets orangés aux fenêtres de l’hiver,
des vitraux aux carreaux du soleil entrant,
des mouches indigo à celui qui se couche.

Que le balcon est triste sans nature.
J’invente alors les éléments du décor,
les essences des sémaphores,
 

je suis le lecteur
-------------de mon propre univers
------------------------que je partage.

--------------------------La neige remplit l’espace

Au flocon qui voltige à la fenêtre,
l’eau va au caniveau.
Le pont-promenade des rues
retient la nuit, tel une enclume, le navire.

Sur le balcon désaffecté de souvenirs,
la neige remplit l’espace d’une écriture paysagère.

Un poema es una obra en sí

Empresto flores en los jardines públicos

Cojo palabras al vuelo

Apago velas

Y pateo los balones

 

Un poema es una obra en sí

 

Un poema es una obra en sí,

separada de otros poemas.

Son palabras de todos los días

que vuelven a alegrar el rostro,

aquellas que alcanzan la clara oscuridad de lo efímero.

Transformamos los frutos en mermelada,

cereza, damasco o pomelo.


Helecho de los bosques, fresas de los jardines,

Flor de adormidera de un campo afgano,

Flor de loto asiática

Sencilla gimnasia del espíritu

Perfusión alimenticia en la piel ;

el espacio es inmenso alrededor suyo,

a pesar de los muros de las cárceles y de las moradas.

Un poema es una obra de poeta en sí,

independientemente de los otros poemas.

Extracto del libro de poemas "La mayor parte de los días”,
obra que será publicada próximamente.


Trad. Patricio A. Sánchez

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