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Je me suis arrêté sur le quai de la solitude
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 Article publié le 1er novembre 2011.

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Je me suis arrêté sur le quai de la solitude

Qui me conduit vers toi jusqu’à l’extrémité du rêve. 

Mon périple s’est achevé avec mes pas de nomade :

Ma quête de toi s’arrête à l’horizon. 

Où es-tu mon amour ? 

Souviens-toi de nos serments quand nous interprétions

L’abandon des narcisses et la peur des oiseaux, 

Quand nous rêvions des lilas de l’enfance abandonnés

Sur la terrasse et du sort incertain des rêves

Qui s’éclipsaient de nos mémoires. 

Je t’attends, mon amour mais, personne dans la nuit

Pour écouter les dernières notes de mon poème

Qui se perd dans la voix de l’écume,

Cohue déferlante dans la nuit.

Personne ne m’attend, même pas une ombre vivante

À senteur de tes mots, même pas une fleur

De parole et de chair. 

Qui bercera les roses de nos fugues nocturnes ?

Qui réveillera la colombe endormie dans les nuages ? 

Je te cherche, mon lendemain et mon présent, 

Toi mon exil, ma nostalgie. 

Je suis si triste, ô mon amour :

La solitude du quai est la complainte du vent

Qui tord les branches des arbres,

La mélancolie d’une lune blessée

Et le souvenir de tes yeux d’arc-en-ciel… 

Ma peine, mon attente, ma joie mon obsession,

Viendras-tu à cette heure,

À l’extrême de mes songes inassouvis ?

Qu’adviendra-t-il du rêve qui naît du Rêve ? 

 

 

 

 

 

 

Nocturnes sont tes paupières

En arc de lune vierge,

Source de toute tendresse,

Seuil de toute extase, mon amour. 

Je ne suis qu’un amant à tes pieds de coquillage,

Un épris de ton être qui cherche dans tes yeux de perle

Cette nuit ivre qui n’appartient qu’à nos étreintes.

Je t’évoque, t’invoque mon amour,

Et si je m’agrippe à tes lèvres,

C’est pour accrocher mon cri

Et fuir la solitude de mon exil. 

Dis-moi une parole, dis-moi une musique ;

Que tes mots soient offrande de lumière,

Lumière de mon offrande,

Car tous les réverbères sont morts

Et ma raison émigre vers le néant.

Dis-moi une promesse,

À l’heure où j’emprunte le chemin de la source

Qui mène vers ton cœur car je ne puis supporter

Cette absence qui s’ouvre sur l’infini. 

 

 

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Nous reviendrons un jour dans ce monde

Avec ton rire dans le soleil, ta joie dans les saisons

Dessiner une maison avec des colombes chantant

À nos fenêtres sur une terre qui est nôtre,

Nous reviendrons pour bouleverser la quiétude de l’oubli

Et tracer un chemin qui nous mènera vers la lumière.

Lors, nous transformerons la démence des barbares en néant

Et les larmes des martyrs

En rosée glissant sur les âmes de jasmin

Ornant les cimetières de nos villages muets.

 

 

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Je voudrais contempler la douceur des nocturnes

Dans tes yeux que j’ai cherchés toute une éternité,

Écouter la langueur d’une nocturne dans ta voix

Et mourir à ton ombre,

Image impérissable de mes vingt ans

Figés dans le granit. 

Entre ton souffle et mes yeux,

Le soleil qui décline dans nos chagrins, la route

Interminable de l’exil et la page tourmentée

De notre histoire avant que la douleur n’épuise nos prières.

Je voudrais, je voudrais.

Mais, comment dire à ma raison qu’il ne reste de toi

Que le langage de nos pas perdus dans le sable ;

Que ton ombre couverte de blessures est un fantôme

Dans l’univers de ma folie,

Que tout ce qui est, n’est pas, se résume à toi-même,

Toi, ma terminaison et mon finitude ?

 

Depuis mille ans, je jubile par ton silence,

Depuis mille ans, tu rêves dans mes rêves

Et sommeilles dans le berceau de mon poème,

Depuis mille ans, tes larmes arrosent le verger de mes peines ! 

Donne-moi simplement le temps d’une nocturne

Pour que je te retrouve :

La mort n’est qu’une passerelle

Qui relie ma passion à ton éternité.

 

 

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Donne-moi simplement le temps d’une nocturne

Pour que je te retrouve :

La mort n’est qu’une passerelle

Qui relie ma passion à ton éternité.

À présent, nous marchons au verso de l’ombre,

La voix du Sud dans nos pensées de mirages et de nuages,

La neige derrière nos pas :

Le paysage de la joie c’est notre île.

 

 

_____________________________

 

 

 

Laisse-moi une nocturne pour ma rêverie

Et un poème pour ma chanson.

Sois la voix de mon âme qui a perdu sa voix

Depuis l’adieu de ton ombre qui s’éloigne dans la nuit.

 

Laisse-moi une rose pour notre rencontre

Et une étreinte pour nos promesses.

Sois la route de mon cœur qui a perdu sa route

Depuis l’envol de ton mouchoir derrière les nuages.

 

Laisse-moi ton souffle, extase qui monte de mon silence

Et qui console mes songes ;

Laisse-moi ton cœur, rempart qui me protège

Contre l’aigreur du vent qui me ramène à mes nostalgies.

 

Laisse-moi ta tendresse…

 

 

________________________________

 

 

 

Ne me ferme pas la porte à l’étranger que je suis

Car un jour, nous nous ressemblerons

Quand le rêve s’éloignera de nos yeux,

Quand le souffle s’éloignera de nos poumons,

Quand la parole s’éloignera de nos lèvres,

Quand la vie s’éloignera de nos corps,

Quand les fleurs s’éloigneront de notre âme.

 

Pourquoi attendre que la mort réduise

Nos songes en poussière et nos gestes en silex

Pour que l’inertie fasse de moi ton égal ?

 

Je veux voir dans tes yeux

L’aube se lever dans le cœur des enfants

De ma terre et dans tes pas mes pas d’errant

Et d’exilé,

Je veux voir sur ton front une part de mon angoisse

Et dans tes mains ma main porteuse

De toutes les blessures des parias, des sans-logis,

Des immigrés, des autochtones, des peuples bafoués,

Des martyrs et des laisser-pour-compte.

 

 

Mon cœur sortira par la fenêtre

Pour aller à la rencontre de cette ombre

Qui s’éloigne dans la nuit, couverte de lune,

Car cette silhouette de femme

À chevelure de latanier,

À buste de vergers en fleurs,

À hanche de balancier,

À pas rythmique de voiliers en pleine mer…

C’est ma terre qui s’exile de mes rêves

Pour que j’écrive la nostalgie

En lettres de souffrance.

 

 

 

 

Nocturne, c’est ta chanson

Qui me recrée cette nuit sanglante où les enfants

Mouraient sous les bombes avec une fleur

Dans l’innocence de leur sourire.

Nocturne, c’est ton ombre qui longe

Les remparts de la violence,

Tes mains écorchées qui frappent désespérément

Le mur qui emprisonne l’espoir de tout un peuple

Et tous les murs qui séparent l’être de l’être

Pour qu’il devienne non-être.

Nocturne, c’est ta mémoire qui ressuscite…

Car comment vivre sans souvenir

Et traverser un autre âge dans l’oubli ?

Nocturne, c’est moi poète noctambule

Qui déambule dans tes songes et longe les sentiers

De ta mémoire en cueillant la lumière dans ton langage.

Nocturne, c’est l’astre froid de mon ennui qui clignote,

Qui clignote, puis meurt dans la vastitude du ciel obscur.

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