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 Article publié le 1er novembre 2011.

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Ma peine est une corde de guitare muette
Que caressent en vain tes doigts désespérés 
À la tombée du soir.
L’ennui éparpille ma chair aux quatre vents de la douleur
Où ton ombre s’égare, toi pollen de mon exil…
Seul, je t’appelle dans la nuit pour qu’au réveil des étoiles
Je retrouve tes yeux en cadran de lune double
En plein désert de mon périple.
Avec le parfum des mimosas, le vent m’apporte
Les nouvelles du pays lointain qui dort dans mon silence
Et cent mille ans d’espoirs dissimulés 
Derrière l’écran de tes cils.
Mon amour, ma peine est une guitare qui pleure
Quand sa corde est la liane de tes tresses accrochées
À ma solitude.

Comment fuir le passé quand le chemin de l’éloignement
Est un paysage plus nu que ton corps en offrande,
Quand la musique est suggestion de ton rêve en éclipse ?
Ma peine, c’est ton ombre en partance avant l’aube,
Mon sang, ton sang sur la pierre dépouillée des sentiers vides, 
Tes larmes sur les roses écloses au bord des routes solitaires,
Le cri de nos voix étranglées, 
Une hirondelle qui chante 
Dans mes bagages et vole dans ma mémoire ;
Et l’enfance, encens de ton nom qui s’évapore 
De mes lèvres en ces temps de déprime.






Je souffre de l’éclipse de ton sourire
Et de la fuite de tes yeux qui lisent mes pensées.
Je souffre du paysage qui défile dans ton chagrin avec
Ses trottoirs vides, ses toits couverts de neige,
Ses sapins courbés au passage du vent qui hurle
Dans nos plaintes, son bleu voilé de la solitude
Des nuits de verre et de verglas. Je souffre. 
Si je pouvais retrouver 
Ma patrie dans la fiction de tes regards
Et m’échapper avec toi à jamais de ce wagon !
Entre nous, un mur te sépare de mon image,
Traçant une frontière entre ma race et ton désir.
Je ne dis rien, je pense. Je pense à la blessure
De ma terre, à l’exil, à ta peur et je pleure en silence…
L’hiver est douloureux quand on est loin, très loin 
De son pays natal, quand la nostalgie est un train
Qui traverse en permanence la ville qui nous rappelle
Que la terre de l’enfance est la seconde mère du poète. 
Le temps glisse sur les rails de ma peine, madame,
Ne t’éloigne pas de mon chagrin :
Je t’inventerai la destination de l’espoir 
Avec la première clarté du jour 
Qui me sourit par tes lèvres de jasmin,
Je t’inventerai le rivage où les ombres de ceux qui s’aiment
S’enlacent malgré l’angoisse des corps. 








L’automne, cette saison de mille et un regrets
S’est installé dans ma chanson au seuil du soir.
Dans mon écriture, les feuilles mortes s’envolent
Au gré du vent plaintif, au gré de ton ombre
Qui fuit, qui fuit, qui fuit avec les dernières fleurs
Du jardin de mes vingt ans.
Il pleut tes larmes qui mouillent l’allée triste
Et ma vitre et mes mots ; 
Dans la blessure du ciel mélancolique
La lumière s’évade avec ton rire
Dans la persistance des nuages,
Le temps réinventé de mon adolescence 
S’effrite doucement et ton souvenir m’indique 
L’heure triste de la souffrance sans murmure.
Plus seul que ma lampe qui défie l’obscurité, 
J’arpente la nostalgie dans la géographie de ma chambre,
Cherchant ce qui reste de ton ombre passante 
Dans ma poésie. 
Tout est silence malgré le battement lent de ton cœur
Et le balancier de tes pas qui grignote les heures 
Avec une voix de femme à la frontière de la tristesse.
Ah ! l’automne me ronge ! La peine est cette terre inconnue 
Que je découvre ce soir dans la solitude d’une chambre vide…
Vide de tout, de toi, de moi.
Il pleure dans la nuit qui me cache ton image pour toujours.











Toutes les étoiles de tes yeux sont vierges
Dans les profondeurs de la nuit,
Tous les cris d’oiseaux sont romance dans ta voix
Et chaque fleur s’agenouille à ton toucher,
Femme promise de ma terre en souffrance.
Quelle grâce égale la moulure de ton corps,
Quelle neigeuse mélancolie résiste à son passage ?

Ô toi, vie de ma vie, itinéraire de mon destin,
Oublie la langueur du temps et la démesure de l’espace,
Approche-toi de moi pour que devienne mirage ma solitude,
Pour que s’estompe ma tristesse,
Pour que s’éloigne l’hiver de mon lexique.
Viens, que je fasse de ton corps ma citadelle
Contre l’adversité de l’exil,
Libère mon langage : que je parle par ta bouche ;
Abrite-moi dans l’intimité de ton ombre,
Ma femme-réverbère. 
Verse dans mes yeux rien qu’un cristal de tes larmes :
Que j’explore le monde à travers toi pour voir 
Tout autrement l’éclosion du matin.

Je n’ai de vie que l’avènement de ton sourire,
D’éternité que ta présence.
Tu es la noblesse de mes mots,
Mon amour, 
Ma Poésie.







Je verse la solitude dans mon verre,
Je scrute dans la nuit
La quiétude des heures qui coulent en goutte de tristesse
Sur mes lèvres.
Dans le prisme de mes larmes d’itinérant,
Je cherche les angles de l’exil et les baisers d’adieu
D’une femme qui rêve sur les arcades de l’absence.
Que longue est cette route d’errements,
Interminable comme la mort !
J’observe par la fenêtre les brisures d’une étoile
Sur l’écharpe des nuages, 
Je revois l’enfance avec ses songes violacés
Et ses hirondelles de mémoire
Chantant la chanson triste des amours de cendre
Et de poussière.

Au loin, sur le trottoir désert, la forme de ton corps
Viendra occuper bientôt ce banc solitaire
À la fermeture du bar. Dans mon ivresse, je chercherai
Vainement à me saisir de toi, icône imaginaire…
Quelle lune se lèvera sur mon chagrin
Plus infini que l’infini de mon attente ?
Quelle lune éclairera mon chemin pour que je retrouve
Ma maison muette sans que mes fragments de joie 
Ne dessinent le désespoir à l’approche d’un oiseau
Indifférent à ma souffrance ?

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