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Regard sur l'art et portraits d'artistes n°5 L'art et la nature en danger de mort !
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 Article publié le 21 janvier 2011.

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Pourquoi l’Art a t’il été « dénaturé » à une certaine époque ? On a vu qu’à la Renaissance, les règles de la perspective ont été codifiées. C’est alors que l’on voit apparaître des mouvements artistiques, comme le Classicisme, qui respectent ces règles. Les images dites « impossibles » n’ont pas pu exister avant la Renaissance, ni donc pendant. Pourquoi le XX ème siècle a vu se développer des images « impossibles » ? C’est tout simplement par une volonté de choquer. Avec la montée de l’individualisme, on veut avant tout se distraire et on rejette les règles de l’Art. Les images dites impossibles « amusent la galerie » et elles sont donc remarquées et appréciées.

Au tout début de ces « déformations volontaires » de la nature, on voit apparaître le mouvement cubiste. Nous sommes en 1907 et des artistes tels que Georges BRAQUE ou Pablo PICASSO ne respectent plus la réalité ni les règles fondamentales du dessin. Ce qui compte avant tout pour eux est de choquer ! Ce sont « les années folles » ! Après la première guerre mondiale, les gens veulent s’amuser et surtout s’éloigner de la réalité qui leur paraît horrible, car la guerre a marqué les esprits.

Pourtant les règles de l’Art, fondées par d’éminents scientifiques et des artistes de haut niveau, existent et demeurent. Elles ne peuvent pas être balayées par une poignée de spéculateurs. Revenons à cette magnifique « invention » qu’est notre perspective actuelle, celle inventée à Florence entre 1420 et 1450. A l’époque, Venise est complètement éloignée de ces codes car c’est une ville gothique. Pisanello, le grand peintre gothique international du nord de l’Italie est un peintre de cour qui ne fait aucun espace en « perspective centralisée ». Quant aux gens de Sienne, ils ne comprennent pas vraiment ou plutôt ne s’intéressent pas et ne veulent pas entendre parler de cette perspective « mono focale ». Il leur faudra beaucoup de temps pour l’admettre mais le monde entier l’admettra par la suite.

C’est donc à Florence que tout a commencé, mais pourquoi à un certain moment et à une certaine époque ce milieu artistique arrive à proposer et à faire accepter un modèle pout tous ? Il faut savoir qu’à cette époque, Florence était un centre de cartographie et que la perspective et la cartographie sont fortement liées. On sait, par exemple, qu’un médecin qui s’appelait Paolo Toscanelli et qui était auteur d’un traité de perspective avait écrit à Christophe Colomb à partir de réflexions cartographiques pour lui dire qu’il ferait mieux d’aller voir à l’ouest s’il se passait quelque chose.

Mais cela n’explique pas pourquoi Florence va devenir la ville de la « perspective centralisée », celle que l’on connaît tous. On pense que l’une des données historiques importantes est le rôle politique de Côme l’Ancien qui rentre d’exil en 1434 et qui va organiser le pouvoir en faveur de la famille des Médicis. Il a, à ce moment là, un grand ennemi qui l’a envoyé en exil et qui est le citoyen le plus riche de Florence. Il s’appelle Palla Strozzi et il est issu d’une grande famille florentine ennemie des Médicis. Un palais de la ville porte son nom et il a fait peindre en 1425 « l’Adoration des Mages » par Gentile da Fabriano qui est le peintre gothique international à l’époque. Sa peinture est donc très luxueuse, avec de l’or et du relief. En choisissant ce peintre Palla Strozzi prouvait qu’il était le plus riche de Florence mais qu’il était aussi digne d’une cour, puisque le Gothique international est alors un « art de cour ».

Côme l’Ancien, reprenant le pouvoir, ne peut pas choisir cette forme d’art et il doit politiquement prendre le contre-pied. Il choisit donc un art sobre inspiré par la « toscanità », l’aspect toscan, c’est à dire un retour à Giotto l’architecte. Côme choisit ce style pour représenter la tradition de la ville de Florence. On pense donc qu’à un niveau de chronologie historique, le succès de cette perspective à Florence est lié intimement à une opération politique de représentation du pouvoir des Médicis par le biais d’une forme de peinture dont le principe presque moral est celui de la Société et de la République.

Léonard de Vinci, qui était pourtant réfractaire, jouera plus tard un rôle important pour faire admettre qu’il est contradictoire de mettre la même figure plusieurs fois dans un même lieu. Il considère, à la fin du siècle, que la peinture doit avoir une unité alors que Filippo Lippi inscrivait trois épisodes successifs de la Bible sur une même fresque. Léonard de Vinci, fervent admirateur d’Alberti, démontre ses capacités en perspective mais va ensuite les rejeter. Dans la Cène, à Santa Maria delle Grazie où le plafond est construit dans une perspective parfaite, la table des apôtres et le Christ sont en avant de cette perspective. Après cette œuvre, Léonard ne peindra plus jamais une seule « perspective géométrique ».

La « perspective centralisée », inventée à l’époque de la Renaissance italienne, mais bien d’autres règles en dessin et peinture comme le « nombre d’or » sont basées sur l’observation de la nature depuis la plus haute Antiquité. La théorie des couleurs, qui n’est autre que l’observation de l’arc-en-ciel en quelque sorte, a été démontrée par des physiciens tels que Newton et Tyndall, ainsi que par le chimiste Chevreul. On ne peut déroger à ces règles sans être « contre nature » et donc insensé, de même que l’on ne peut défier ses lois sans qu’elle ne reprenne ses droits. Nous savons bien que ne pas respecter la nature c’est aller au devant de désastres incommensurables. Nous savons aussi que nous pouvons tout puiser en elle mais en la respectant et en l’aimant. Les gens de la terre, les éleveurs et les agriculteurs le constatent au quotidien.

Pour ma part, je peins avec le cœur parce que la Terre est belle. « Quand une étoile s’éteint, elle n’éteint pas le ciel ». Quand un artiste meurt son œuvre demeure ! C’est pourquoi je pense que notre mission première, en tant qu’artiste, est de rendre hommage à notre Terre, un hommage à la vie et à la nature en témoignage de ce que nous vivons et où nous vivons et lorsque nous avons la chance de vivre dans des endroits magnifiques ou de visiter des régions non détruites et non polluées par l’homme, mais aussi de rencontrer des gens avec une grandeur d’âme incomparable. A quoi bon peindre ou mettre en musique le chaos ? Laissons cela aux reporters ! Ils le font beaucoup mieux que nous, car leur métier est de rapporter des images toujours plus choquantes hélas ! Le rôle et le devoir d’un artiste est au contraire de montrer la beauté, pas le malheur et la désolation !

Je suis en recherche constante de nouveaux effets de couleurs et de lumière mais, avant tout, je veux être le témoin de notre temps à l’instar des peintres impressionnistes qui nous ont laissé des œuvres vibrantes d’ambiances et de couleurs de leur époque. J’aime la couleur parce qu’elle n’existe pas sans la lumière et la lumière est source de vie. Nous avons la chance de vivre sur une belle planète, certes en danger, mais encore belle et si les impressionnistes semblent « rétros » de nos jours c’est parce que nous nous éloignons de l’essentiel pour développer une technologie toujours plus dévorante. Nous ne respectons plus la Nature comme il se doit. Notre temps lui fait offense pour satisfaire des besoins immédiats sans penser au lendemain. Pourtant, si le soleil est notre père céleste, la Terre est notre mère nourricière.

Je suis moi-même un peintre « contemporain », certes par définition, mais je veux être un peintre de la nature avant tout. Je peins « ma Terre » en l’interprétant comme je la ressens parce que je l’aime et que je vis en osmose avec elle. C’est elle qui m’a donné la vie et sur laquelle je vis. Je ne crois pas aux « élucubrations délirantes » des peintres qui déforment la nature en se disant « modernes. ». Interpréter la nature ne signifie pas la déformer et être « contemporain » ne signifie pas être « contre nature ». Accepter cette idée au nom de « l’Art moderne », c’est faire abnégation de soi-même et rejeter le monde dans lequel nous vivons pour un monde fictif et sans lendemain.

Je ne suis heureusement pas le seul à penser à l’avenir de notre Terre, à l’aimer et à la défendre. Membre de la Fondation Nicolas HULOT, je peux dire que nous sommes déjà des milliers mais plus nous serons nombreux et mieux cela vaudra. Plusieurs artistes et amis comme l’aquarelliste Corinne POPLIMONT, Charles AZNAVOUR, Hugues AUFRAY et bien d’autres membres et ambassadeurs de la Fondation Nicolas HULOT militent aussi pour sa protection et pour la mettre en valeur autant que faire se peut. Unissons-nous dans ce combat qui peut paraître utopique mais qui en vaut la peine.

« C’est ma Terre » ! C’est notre Terre ! Protégeons là ! Défendons là ! Ne nous laissons pas galvaniser par des mouvements « artistiques » contraires. J’appelle tous les artistes à défendre ces valeurs au nom de l’Art et de la protection de la Nature, par amour pour l’Art, pour la vie et pour notre planète !

Comme vous le savez, les artistes que je vous présente le sont pour la beauté de leur travail et de leur talent mais aussi par leur amour de la vie et de la Nature, leur humanité et leur grandeur d’âme. C’est en cela qu’ils sont de véritables artistes. Leur sensibilité nous offre des œuvres d’une qualité remarquable, exceptionnelle et incomparable qui ne nous laissent pas indifférents. Je ne tiens pas compte de leur cotation sur le marché de l’Art et encore moins de mes opinions personnelles ou des mes affinités, voire de mes amitiés, comme le font la plupart des galeries et des salons de notre région qui ont contribué à mettre en place un sectarisme ainsi qu’une attitude spéculative et concurrentielle que je déplore, que je trouve très injuste mais que je ne cesserai de dénoncer et que je vous invite à combattre. Autant que possible, j’essaie d’être objectif et de mentionner les artistes dont les œuvres me touchent profondément. Leurs œuvres « me parlent » et me transcendent par des vibrations que je ressens et qui me donne envie d’écrire. Si je suis sélectif, c’est parce que certains artistes m’inspirent plus que d’autres et pour aucune autre raison.

DAOUD

J’ai rencontré récemment le Peintre DAOUD et j’ai été subjugué par son œuvre atypique et envoutante. Sa peinture peut être qualifiée de mystique, mais elle est avant tout d’un lyrisme à couper le souffle ! L’univers de DAOUD est un univers où nous entrons à pas feutré, où le sacré côtoie l’irrationnel et où les chants grégoriens résonnent à nos oreilles. Chaque œuvre suscite un intense moment de recueillement comme on le ferait dans une église devant chaque représentation du chemin de croix. Ce n’est pas par hasard, car DAOUD est passionné de musique sacrée et travaille en musique : « Je travaille beaucoup en musique, surtout au moment de la concentration avant de passer à l’acte. Je visualise mentalement des scènes entières et lorsque je commence réellement un tableau, celui-ci est construit dans ma tête. Je n’ai plus qu’à le réaliser » dit-il, d’une voix suave.

Véritable peinture lyrique et symphonique, nous ressentons les vibrations et les harmonies de cette musique devant ses œuvres en même temps qu’une atmosphère monacale qui nous emmène droit vers le Divin, mais la peinture n’est-elle pas divine ? DAOUD en a la certitude : « La peinture, c’est fait pour bâtir quelque chose, pas pour détruire. J’ai toujours considéré que l’Art relevait du religieux et j’ai une grande foi dans le Beau qui élève l’homme. La mission du peintre doit être de montrer aux autres la beauté du monde, pas uniquement la beauté au sens traditionnel du terme mais aussi la grandeur de l’homme ou sa misère… entre Eros et Thanatos en quelque sorte ».

DAOUD est né au Liban. Il s’installe en France après les guerres successives que l’on connaît. A l’âge de quatorze ans il sent naître en lui une vocation, un appel qui le fera croire au destin. Il dit : « Dans le domaine artistique, il n’y a pas de hasard. Pour moi, le destin s’appelait peinture ». Il entre aux Beaux-Arts comme on entre en religion et va recevoir la « bénédiction » de Charles Auffret qui a lui-même été formé par des disciples de Rodin.

La peinture de DAOUD est vraiment exceptionnelle et intemporelle. Il fait partie, à mon avis, des plus grands peintres de notre temps et s’inscrit totalement dans un registre que je nommerais « les sauveurs de l’Art et de la Nature ». Bien qu’il ait une certaine notoriété, il n’a pas celle qu’il mérite et il incarne tout ce que je dénonce dans mes critiques. Il dit lui-même : « L’artiste est prédestiné à tenir son rôle qui consiste à lutter contre le chaos et la folie des hommes. Heureusement qu’il existe, sinon les hommes détruiraient tout, alors que la nature leur atout donné », puis il ajoute, afin de ne pas être trop pessimiste : « Mon travail est en rapport avec l’Homme en quête d’espoir et d’amour de vivre, face au chaos et à l’absurdité de l’indifférence qui tue. C’est pour cela que j’aime tant la musique de Haendel. Elle me correspond et elle est en osmose complète avec ce que je fais ».

Dans l’œuvre de DAOUD qui compte plus d’un millier de tableaux, couleurs froides et couleurs chaudes se marient agréablement dans une harmonie parfaite avec des « forte » et des « moderato », comme dans une œuvre musicale. Chaque touche est une note de musique au vibrato intense. Les clairs-obscurs jouent agréablement avec des ombres portées impressionnantes et mystérieuses.

Habitant Marines, dans le Val d’Oise, DAOUD vous ouvre son atelier sur rendez-vous. Vous pouvez contacter son agent artistique Yolande Languerand en lui téléphonant au 06 60 28 37 80 ou par e-mail : languerand.yoland@gmail.com. DAOUD a exposé en 2010 à la Galerie La Source 4, rue de la Source 21121 Fontaine-lès-Dijon et à la Salle Louis Lemaire de Parmain Place Georges Clémenceau 95620 Parmain.

Nicole DE FOMMERVAULT

Nicole DE FOMMERVAULT a commencé son métier d’artiste par le dessin. L’observation des volumes du corps humain et, bien sûr, ses proportions la fascine. Sa mémoire visuelle mais aussi son sens de l’esthétisme vont lui donner un talent irréprochable pour exécuter d’instinct des personnages sortis tout droit de son imaginaire. Sauf pour certains portraits, elle ne leur donne pas d’identité et laisse planer un certain mystère dans les visages.

Les personnages de Nicole DE FOMMERVAULT sortent aussi de la matière qu’elle aime travailler avec amour. Ayant rencontré le sculpteur Claude Bouscau au cours de ses études artistiques, elle a conservé ce goût pour les arts plastiques que l’on devine dans ses toiles.

Nicole DE FOMMERVAULT était invitée d’honneur au 54 ème Salon des Arts de Taverny où elle expose depuis plusieurs années, mais elle ne compte plus ses distinctions, ses prix et ses médailles glanés au cours de ses nombreuses expositions. Ses couleurs chaudes et sa féminité nous réchauffent l’âme et le cœur car elle est avant tout un peintre humaniste. Elle aime les gens et la vie et nous le ressentons bien à travers son art.

Je vous donne rendez-vous pour une prochaine chronique à la découverte de talents connus et reconnus, mais aussi méconnus ou inconnus et parfois même « cachés », pour que vive l’Art et les artistes qui ont autant besoin de reconnaissance que nos amis Poètes qui constituent eux aussi, par le verbe et l’écriture, une puissance salvatrice face à notre monde violent et impitoyable ou « la raison du plus fort est toujours la meilleurs » et où la loi de l’argent règne en « Seigneur et Maître. ».

Les personnes qui seraient intéressées par des cours de dessin et peinture, histoire de l’Art… peuvent s’adresser à M. Daniel KATOLA, Président du Foyer Rural de SANTEUIL, en téléphonant au 01. 30.39.78.51 ou bien par courriel : danikatola@Yahoo.fr

Je vous recommande aussi mon ouvrage : « LES SECRETS DU DESSIN ET DE LA PEINTURE » que vous pouvez commander en librairie ou sur manuscrit.com et également sur mon site : jmrives-peintre.odexpo.com

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