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Glace roulante espejo sobre rueda
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 Article publié le 28 mars 2005.

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Glace roulante

(le poème des avortons)

 

 

1. La meilleure poétesse c’est la mort

que personne ne réussit à imiter !

 

2. Moi, la soussignée,

j’ai fini mes études d’ange

Je suis la plus originale des filles d’origine inconnue,

qui joue le rôle du pissenlit dans les cours désertes.

 

3. Je ne me suis pas posé de questions sur mon corps

je n’ai pas mis de points d’interrogation

je ne l’ai jamais appelé : TOI, MAJESTÉ !

Le corps et ses flammes jouent un rôle secret

dans l’Univers.

 

4. Là-haut, dans le lointain,

Dieu ferait une fête d’os pour les os

(des frères, des sœurs, dans une petite proportion :

10% souvenirs, cauchemars, odeurs, incantations)

là-bas, une femme enceinte !

sous une branche couverte de neige,

ses gémissements secoués par la bise

contournent la flaque de sang.

Les images et les sons de ma prière

sont escarpés, lointains, proches, dissipés...

La branche-ange secoue sa neige au dessus de

la femme et des bêtes de l’étable.

Nous sommes au mois de Mars. Le début.

La ruée des bêtes dans le présent du mythe

est un SUMMUM, phénomène ahurissant de la mort

(mon petit frère, ma petite sœur - avortons placés,

en cachette, au sommet d’une meule de paille et de fumier)

Ils ne me ressemblent plus, ni à quelqu’un D’AUTRE

On entend un coassement de dindon-chouette-bébé-grenouille

dans leurs ventres percés.

 

5. Papa m’apporte une poupée

qui cache un oiselet entre ses seins : cui-cui QUI

NE COMPREND RIEN À LA MORT N’A PAS DE SORT !

dit-il, en élargissant l’espace.

 

6. Le printemps est arrivé ? Qu’importe !

Autour de moi, il y a un sanctuaire avec

des petits frères et des petites sœurs,

des perce-neige roses, légendaires,

bouches ouvertes dans chaque pétale

(Un beau jour que vont-ils mâcher ?)

 

7. Un soupir indécis (la timidité du père qui...)

Il n’en a pas parlé

Je lui ai écrit, le doigt sur la fenêtre :

TOI, LE COUPABLE ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !  ! ! ! ! ! ! !

 

8. Qui surprend ses parents faisant des bébés

prévoit des années très sales à venir

(un avenir de bouse) :

Je vous en avertis. Avertissez les autres, aussi,

(et toi de même !) :

LA TRISTESSE ET LA PAUVRETÉ ONT LA PRÉCISION

D’UN TIREUR D’ÉLITE ! ! ! ! ! !

 

9. Nul ne m’accuse d’avoir profané le silence ?

Nul ne m’intente un procès pour que je me repose ? !

 

10. Voici mon père, le fouet à la main :

Ta gueule, mégère ! Attends ! Tu auras, aussi, une

famille de morts, une famille de vivants...

FFFFFFFFFFFFFFLLLLLLAAAAPPPPP (un battement d’ailes) ET

TU N’EN SAURAS RIEN, NI POURQUOI !

 

11. Ton souffle attend les signes du cerveau ?

 

12. La cigogne fatale laisse échapper les œufs avant que

le blanc et le jaune ne deviennent des bébés...

En effet, ce n’est pas toujours la mort

la meilleure accusée parmi les cigognes

 

13. Ton souffle attend le mien ?

(Papa se dispute avec maman

parce qu’il ne l’aime plus. Il désire

Anne-Marie et ses jupes oranges).

 

14. Faut-il que j’écrive maintenant sur ce que j’ai écrit

hier, sur ce que j’écrirai demain ?

Faut-il que je transcrive le rapport du tribunal

 - et inversement - que je prenne un profil de coupable ?

(la vérité - combien de fois ? ? ? - des êtres et des choses

va disparaître, comme la mort dans la religion de l’œuf)

 

15. Jean, Pierre, Nathalie, Marie, petits frères, petites sœurs,

mes chéris, mes êtres inexistants, mes douleurs,

allons voler ensemble,

allons nous frayer un chemin dans l’espace...

nous avons déjà des ailes : petites, grandes, immenses.

Qui ne sait pas s’égarer, volontiers, content de sa pensée,

celui qui n’est pas vivant, ni ressuscité,

il n’est ni dans l’eau, ni sur terre, ni dans le ciel,

il n’a jamais existé : ni dans la poussière de l’éphémère

d’où sortent pour des êtres les choses :

pour des serpents - hérissons,

pour des vers - oiseaux,

pour des abeilles - des corneilles,

un vol se reposant sur une ficelle,

entre foulards et chapeaux perdus

dans le parfum de la neige.

Janvier. Ou Mars ? Longuement après ma naissance.

 

16. Une soupe bouillante pour maman et papa.

 

17. Ne bouffe pas ! Endure : 2 fenêtres, 8 portes,

2 lits, 8 murs, une glace roulante...

Ne reste pas de glace !

 

18. Enseigne (à la mort) la religion de l’œuf

UTU UTA UTU UTA THOOOOOORRRRR !

Photographie les sexes à rebrousse-poil, avec

la simple prétention d’écrire ce que tu vois

QU’ EST-CE QUE TU VOIS ? ? ? ? ? Dans mes yeux

je trouve un cheval (le mot est revenu, il regagne son équilibre)

C’est un vice pétrifié, un anathème :

J’admire le CHEVAL --------> (il s’appelle LAVECH -------<)

au regard de tout le monde

ce qu’il n’est pas recommandé de regarder

utu uta utu uta thhhhooooorrrrr ! rrrrrrr !

------------- car au-delà de l’excitation,

-------------------règne

--------------------- et passe LE TEMPS,

-------------------------- la vérité d’un cortège

(la croix +, le corps ------, l’esprit / sont d’une grande droiture),

le chœur des femmes se lamente et justifie, ainsi,

---------------------- LA ROUTE

----------------- au nom du plaisir , de la douleur,

 

IN NOMINE PATRIS ET SPIRITUS SANCTIS, AMEEEEENNNNN !

 

P.S. : La métaphysique vous échauffe un peu ? ? ? ? ? ? ?  ? ? ? ?

P.P.S. : QUE VOUS ÊTES PAUVRES, MES RICHES ! ! !

Timisoara, le 19 septembre 2000

 

español
français

Espejo sobre rueda

( el poema de los abortos)

traducción Patrick CINTAS

 

 

1. La mejor poetisa es la muerte

¡ que nadie consigue imitar !

 

2. Yo, la infrascrita,

acabé mis estudios de ángel

Soy la más original de las chicas de origen desconocido,

que desempeña el papel del cardillo en las clases desiertas.

 

3. No me planteé cuestiones sobre mi cuerpo

no puse signos de interrogación

jamás lo llamé : ¡ TÚ, SU MAJESTAD !

El cuerpo y sus llamas desempeñan un papel secreto

en el Universo.

 

 

4. Allá arriba, en el lejano,

Dios festejaría de hueso para los huesos

( hermanos, hermanas, en una pequeña proporción :

El 10 % de recuerdos, pesadillas, olores, encantamientos)

¡ Allá, una mujer embarazada !

bajo una rama cubierta de nieve,

sus gemidos sacudidos por el beso

dan la vuelta al charco de sangre.

Las imágenes y los sonidos de mi oración

son escarpados, lejanos, próximos, disipados...

La rama-ángel sacude su nieve por encima de

la mujer y de las bestias del establo.

Somos en marzo. El principio.

La riada de las bestias en el obsequio del mito

es un SUMMUM, fenómeno sorprendente de la muerte

( mi pequeño hermano, mi hermanita - abortos situados,

a escondidas, en la cumbre de una piedra de afilar de paja y de estiércol)

No se me parecen más, ni a alguien MAS

Oímos un canto de la rana de pavo-lechuza-bebé-rana

en sus vientres perforados.

 

 

5. Papá me lleva una muñeca

que esconde un pajarito entre sus pechos : cui-cui QUIEN

¡ NO ENTIENDE NADA A LA MUERTE NO TIENE DESTINO !

dice, extendiendo el espacio.

 

6. ¿ Llegó la primavera ? ¡ Que importa !

Alrededor de mí, hay un santuario con

pequeños hermanos y hermanitas,

narcisos de la nieve rosas, legendarios,

bocas abiertas en cada pétalo

( ¿ Y luego que masticarán ?)

 

7. Un suspiro indeciso (la timidez del padre que)

No habló de eso

Le escribí, el dedo sobre la ventana :

¡ TÚ, EL CULPABLE ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ !!

 

8. Quien sorprende a sus padres que hacen bebés

preve venideros años muy sucios

( un futuro de boñiga) :

Le advierto de eso. Advierto los demás, también,

( ¡ Y tú también !) :

LA TRISTEZA Y LA POBREZA TIENEN LA PRECISIÓN

¡ DE UN TIRADOR DE PRIMERA ! ¡ ! ¡ ! ¡ ! ¡ !!

 

9. ¿ Nadie me acusa de haber profanado el silencio ?

¿ Nadie lanza un juico para que me repose ?!

 

10. He aquí mi padre, el látigo en la mano :

¡ Tu boca, arpía ! ¡ Espera ! Tendrás, también, una

familia de muertos, una familia de vivientes...

FFFFFFFFFFFFFFLLLLLLAAAAPPPPP (un aletazo) Y

¡ TU NO ENTERARÁS, NI POR QUÉ !

 

11. ¿ Tu soplo espera los signos del cerebro ?

 

12. La cigüeña fatal deja escapar los huevos antes de que

el blanco y la yema se hacen unos bebés...

En efecto, no siempre es la muerte

la mejor acusada entre las cigüeñas

 

 

13. ¿ Tu soplo espera el mío ?

( papá se riñe con mamá

porque no le gusta más. Desea

Ana-María y sus faldas naranjas).

 

14. ¿ Hace falta que escriba ahora sobre lo que escribí

ayer, sobre lo que escribiré mañana ?

¿Hace falta que transcriba el informe del tribunal

 - ¿ y sino - que tome un perfil del culpable ?

( ¿ La verdad - cuántas veces ? ¿ ? ¿ ? - seres y cosas

desaparecerá, como la muerte en la religión del huevo)

 

15. Juan, Pedro, Natalia, María, pequeños hermanos, hermanitas,

mis queridos, mis seres inexistentes, mis dolores,

vayamos a volar juntos,

vayamos a abrirnos un camino en el espacio...

ya tenemos alas : pequeñas, grandes, inmensas.

Quien no sabe extraviarse, de buena gana, contento de su pensamiento,

el que no está vivo, ni resucitado,

no está en el agua, ni sobre la tierra, ni en el cielo,

jamás existió : ni en el polvo del efímero

de donde salen como seres las cosas :

para serpientes - erizos,

para gusanos - aves,

para abejas - cornejas,

un vuelo que se pone en una cuerda fina,

entre fulares y sombreros perdidos

en el perfume de la nieve.

Enero. ¿ O marzo ? Muy después de mi nacimiento.

 

16. Una sopa hirviente para mamá y papá.

 

17. ¡ No comas ! Aguanta : 2 ventanas, 8 puertas,

2 camas, 8 paredes, un espejo sobre rueda...

¡ No te quedes helada !

 

18. Enseña (a la muerte) la religión del huevo

¡ UTU UTA UTU UTA THOOOOOORRRRR !

Fotografia los sexos a contrapelo, con

la pretensión simple de escribir lo que ves

¿ QUE VES ? ¿ ? ¿ ? ¿ ? ¿ ? En mis ojos

encuentro un caballo (la palabra volvió, recobra su equilibrio)

Es un vicio petrificado, un anatema :

Admiro el CABALLO--------> (se llama OLLABAC-------<)

respecto a todo el mundo

lo que no se recomienda mirar

¡ Utu uta utu uta thhhhooooorrrrr ! ¡ Rrrrrrr !

---------- porque más allá de la excitación,

-------------- reina

------------------ y pasa EL TIEMPO,

--------------------- la verdad de una comitiva

( la cruz +, el cuerpo------, el espíritu / son de una gran rectitud),

el coro de las mujeres se lamenta y justifica, así,

-------------------- EL CAMINO

---------------- en nombre del placer, en nombre del dolor,

 

¡ IN NOMINE PATRIS ET SPIRITUS SANCTIS, AMEEEEENNNNN !

 

Post Data : ¿ La metafísica le calienta un poco ? ¿ ? ¿ ? ¿ ? ¿ ? ¿ ? ¿ ? ¿ ? ¿ ? ¿ ??

P.Post Data : ¡ QUE POBRES SOIS, MIS RICOS ! ¡ !!

 Timisoara, el 19 de septiembre de 2000

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