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Les racines philosophiques de la poésie d'Oscar Portela
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 Article publié le 15 mars 2005.

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Portela est un de ces rares poètes qui peut imaginer sans images. Voilà l’étrangeté de cette poésie qui peut figurer et entrer dans les situations sans avoir besoin de les représenter par une forme ou une image connue.

Luisa Mercédes LEVINSON
dans Anthologies

Lire Oscar Portela dans la rubrique Anthologies (Poésie & Essais)
et sur son site Universo Portela

En 1998, la maison d’édition UNNE a publié La Memoria de Laquesis et Fresas Salvajes d’Oscar Portela qui est un des rares poètes philosophes de notre littérature. Cette entente éditoriale avec un de nos principaux poètes régionaux n’a semble-t-il pas été perçue dans notre propre Université et tout ceci minimise un effort éditorial qui ne doit pas être négligé. À notre avis, cette oeuvre vaut la peine d’être considérée, surtout dans sa première partie, dont nous allons parler ici, qui est de première importance par rapport aux idées qui habitent le texte.

L’oeuvre d’Oscar Portela est assez vaste et la dernière section du livre que nous analysons ici offre une variété d’opinions qui pousse le lecteur à imaginer le panorama de sa production et à estimer l’ensemble de ses travaux. Avec la poésie, Portela a aussi exercé le métier de journaliste et de critique littéraire. Il a dirigé des revues et des maisons d’édition, et occupé des fonctions importantes dans nos médias culturels. Il a été président de la représentation locale de la Société argentine des écrivains et a représenté Comentes et l’Argentine dans plusieurs manifestations régionales et à l’étranger. Une partie de son oeuvre a été traduite et diffusée à l’étranger, notamment dans des anthologies de poésie américaine.

Le souci philosophique est une constante dans son oeuvre et c’est cet aspect que nous souhaitons examiner, respectivement à la perspective d’un horizon saturé de conflits sans solution et du drame de l’incertitude et de malaise dans nos attachements et nos préjugés dominants.

Les poèmes de La Memoria de Laquesis présentent un fabuleux agrégat de faits et d’idées, ce qui n’est pas ordinaire dans notre littérature, et qui, de plus, est souvent une esquive des modalités purement esthétiques du XXe siècle. L’idée que le discours littéraire consiste d’abord dans sa forme et que celle-ci n’est rien d’autre que la particularité qui exprime le style, est une approche qui se confond avec l’autosuffisance et où le contenu est considéré comme accessoire. Nous n’allons pas discuter ici de ce point de vue qui fonde la critique littéraire et un mode singulier de sa formulation théorique. C’est important, certes, mais secondaire au fond relativement aux idées que l’auteur exprime, à la forme originale du monde qu’il révèle et aux conflits sans solution qu’il déconstruit dans ce sens. La Memoria de Laquesis est un tableau fragmentaire, mais d’une richesse phénoménale de détails qui préparent la question de la pensée, de la perception et de la conviction qui conditionne maintenant nos attentes indécises.

Nous n’abordons pas ici les questions relatives à la critique littéraire, parce que notre approche se limite à prendre en compte l’inventaire de la question philosophique pratique et les apports que l’oeuvre de Portela introduit dans cette problématique et dans la reformulation des idées qui instruisent notre actuelle perspective de connaissance, de perception et de conviction qui conditionnent nos engagements actuels et marquent de son empreinte nos éventuelles espérances.

Certes, dans ce sens La Memoria de Laquesis s’appuie sur un réalisme poussé qui démantèle l’horizon sur lequel nous édifions nos dispositions relatives à ce triple cadre de pensée. D’ordinaire, notre littérature occidentale du XXe siècle a été peu intéressée par les idées et les problèmes et la tournure de l’ensemble de sa production a la forme pour critère commun et les idées comme annexe ou accessoire.

Il semble que celles-ci doivent se réfugier dans l’essai et dans le discours scientifique et érudit. Ce discours neutre est surtout isomorphe à l’idéologie illuministe qui pense encore que ce programme doit se continuer comme le soutient un professeur allemand qui est surtout un érudit et qui se prend aujourd’hui pour un philosophe. Confusion de taille qui a pour équivalent l’imitation des formes et des lieux communs de Holderlin, Blake ou Franz Kafka, et l’estimation qu’ainsi on a accès à ce niveau problématique qui résulte du discours contenu par ces textes dont la forme est inséparable du contenu. De la même manière, Portela fait preuve de courage à une époque qui refuse de se poser les questions qui sont les siennes et qui formalise tout dans un vague horizon de traditions séculaires, empiriques et profanes. Où donc est le savoir ? demande Portela qui écrit pour se taire et ajoute que c’est aussi pour faire taire

les voix pures, les visions que le silence

fait entrer dans le coeur à l’heure où dominent

les travaux quotidiens.

Certes, il continue :

On écrit pour résister

à la folie, à ses sonorités rugueuses, à la violence

qui prélude à l’angoisse où toute écriture

fait naufrage maintenant et à jamais.

Là où réside la raison panique qui veille en nous

 

Oh néant, dur ennui de la volonté.

Comment aller plus loin, dépasser cette limite ?

*

Au-delà de cette limite, il y a la dispersion des limites, dit Portela : Seules les limites disent ce qu’elles sont. Peu habitués à écouter le témoignage de la plus dure réalité, ceci nous paraît n’être qu’une suite de mots, et ainsi le prend la critique traditionnelle de notre culture illuministe qui retient la cadence des sons et se satisfait de ce résultat que la poésie de Portela nie depuis le début.

On sent alors que ce que Portela attend et accumule, c’est la joie d’un coeur/invalide dans l’action d’un espace illimité/du jeu avec le monde qui est notre destin. Le réalisme est ici négation comme dans les images de désolation de Van Gogh qui obscurcissent l’espace dans leurs illuminations négatives. C’est en fait un paysage de l’âme que nous tendons aujourd’hui à considérer comme une conséquence physico-chimique du cerveau et qui semble manquer de l’empreinte de cette supériorité qui nous a permis de sentir et de jouir de l’incertitude et de sublimer la douleur. Que reste-t-il alors à dire ou à croire ?

C’est la limite de La Memoria de Laquesis. Ce livre ne nous propose pas un programme ou une réponse. Ceci n’a jamais été le projet de la poésie comme elle se perçoit encore chez Homère ou Eschyle. Mais ce n’est pas non plus le but de la poésie de divertir ou de séduire l’auditeur ou le lecteur qui désire polariser son apaisement dans l’intimité de la lecture ou dans l’extase collective de ses théâtralisations.

Dans le cadre étroit d’une philosophie pratique, l’oeuvre est un intense et long débat avec le substrat de nos valeurs et de nos incertitudes ; et, en cela même, elle mérite l’attention de la part de tous ceux qui approchent les questions qui nous plongent dans la réflexion et la critique des devoirs et des registres de ses possibilités dans l’exécution et l’intériorisation de ses normes. Face à la naïveté illuministe qui aspire à continuer un projet instrumental de la raison positive avec sa neutralité académique propre aujourd’hui des écrivassiers universitaires qui multiplient les discours vides de problèmes et neutres par rapport aux conflits, ces textes de Portela nous parlent en profondeur de nos inconséquences et de nos dilemnes. Peut-on ajouter quelque chose ? La réponse à cette question et à toutes les autres est déjà dans ce livre.

Le travail philosophique est ingrat et plus encore à une époque comme la nôtre qui a substitué l’érudition au savoir philosophique, érudition qu’on prend pour la philosophie universitaire. Voilà pourquoi on a besoin de ce genre de livre qui exprime les conflits de la vie indépendamment de toute didactique universitaire comme celle qu’impose l’Occident depuis le néokantisme de la fin du XIXe siècle. Depuis, nous n’avons guère avancé dans un débat que les standards actuels étouffent, multipliant les excuses. Tout ceci n’est pas nouveau et l’histoire même de la philosophie occidentale est un formidable miroir qui mesure l’intensité de cette Memoria de Laquesis, et qui vaut aussi pour tout ce que Portela a écrit.

Joaquín E.Meabe, Instituto de Teoría General del Derecho - Facultad de Derecho, Ciencias Sociales y Políticas - UNNE - Corrientes. - Argentina.

 

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Portela es uno de los poquísimos escritores y de los poquísimos poetas, que puede imaginar las cosas sin imágenes. Esto es lo extraño de esta poesía, que puede figurar y adentrarse en los climas, sin la necesidad de representarlos con una forma y una imagen conocidas.

Luisa Mercédes LEVINSON
en Anthologies

Leer Oscar Portela en la rúbrica Anthologies (Poésie & Essais)
y en su websitio Universo Portela

 

En 1998 la editorial de la UNNE publicó La Memoria de Laquesis y Fresas Salvajes de Oscar Portela que es uno de los pocos poetas filófosos de nuestra literatura. Este compromiso editorial con uno de los principales poetas locales no parece haber sido percibido en nuestra propia universidad y todo eso relativiza el esfuerzo editorial que no debería pasarse por alto. Por nuestra parte nos parece que vale la pena detenerse, sobre todo en la primera parte de esa obra, de la que vamos a ocupamos en este informe, que estimamos de fundamental importancia en orden a las ideas que subyacen a sus textos.

La obra de Oscar Portela es bastante extensa y la sección final del libro que analizamos ofrece una variedad de opiniones que permite al lector forjarse un panorama de su producción y de la valoración del conjunto de sus trabajos. Ademas de la poesía Pórtela ha ejercido el periodismo y la crítica literaria. Ha dirigido revistas y editoriales y también ha estado a cargo de suplementos culturales en nuestros medios de comunicación. Ha sido asimismo Presidente de la filial local de la Sociedad Argentina de Escritores y ha representado a Comentes y a la Argentina en diferentes foros locales y extranjeros. Parte de obra ha sido traducida y difundida en el extranjero, figúrando en diversas antologías de poesía americana.

La preocupación por la filosofía es una constante en su obra y es ese aspecto el aquí nos interesa examinar en relación con la perspectiva que informa el horizonte de los conflictos irresueltos y el drama de la incertidumbre y la desazón de nuestras adscripciones y prejuicios dominantes.

Los poemas de La Memoria de Laquesis muestran un fenomenal agregado de asuntos y de ideas que no es común en nuestra literatura y que, además, suele ser esquiva a la modalidad puramente estética de la literatura occidental del siglo XX. La idea de que el discurso literario es sobre todo su forma y esta no es más la peculiaridad con la que se expresa su estilo es una modalidad en la que se confunde la autosuficiencia con la exterioridad y donde el contenido se considera algo accesorio. No vamos a discutir aquí ese punto que hace la crítica literaria y una modalidad particular de su formulación teórica. Se trata de algo importante, sin duda, pero del todo secundario cuando lo que interesan - como ocurre en este trabajo - son las ideas que un autor expresa y la forma peculiar de la visión del mundo que ofrece y la de los conflictos irresueltos que desagrega. En esa última dirección La Memoria de Laquesis es un registro fragmentario, pero con una fenomenal riqueza de detalles en los que se descompone la crucial problemática del pensar, del sentir y del creer que condicionan nuestras actuales e inciertas expectativas.

No vamos a entrar aquí es cuestiones relativas a la crítica literaria, porque nuestra aproximación se limita tomar en cuenta los registros de la problemática filosófica en el terreno mas restringido de la filosofía práctica y de la ética y las contribuciones que la obra de Portela introduce en orden a la problemática y la reformulación de las ideas que informa nuestra actual perspectiva del saber, del sentir y del creer que condicionan nuestros actuales desempeños marcan la impronta de nuestras eventuales expectativas.

Por cierto, en ese terreno La Memoria de Laquesis es notable por la crudeza con la que desmantela el horizonte en el que edifciamos nuestra actual disposición en aquellos tres ámbitos. De ordinario nuestra literatura del siglo XX en Occidente ha sido poco inclinada a las ideas y a los problemas y el sesgo del conjunto de su producción tiene como rasgo predominante a la forma y como anexo o accesorio a las ideas.

Pareciera que estas debería refugiarse en el ensayo y en el discurso de la ciencia y de la erudición. Ese discurso neutro es del todo isomorfo con la ideología iluminsta que aun cree que ese programa debe completarse como ha sostenido un escritor germano que es sobre todo un profesor erudito y que hoy se lo toma por filósofo. Tamaña confusión es equivalenta a la aquellos que han copia las formas o los tópicos de Hólderlin, Blake o Franz Kafka y que estiman que con ello se accede a ese nivel problemático que resulta inescindible del discurso de aquellos textos cuyas formas resultan inseparables de sus contenidos materiales. Del mismo modo, esa es la línea de este obra de Portela y no es poca virtud en una época que desproblematiza todo y que formaliza todo en el horizonte de la razón secular, empírica y profana. ¿ donde queda entonces el saber ? Dice Portela que se escribe para callar y agrega que es para acallar

las puras voces, las visiones que el silencio
pone en el corazón a la hora en que culmina
los trabajos del día.

Por cierto , continua,

se escribe para templar
a la locura, sus ásperos sonidos, la violencia
que precede a la zozobra donde toda escritura
naufraga ahora y para siempre.
Allí donde está el pánico de la razón y donde vela en nosotros
Oh nada, el duro desasosiego de la voluntad.

¿ De que modo se puede ir más allá de ese límite ?

*

Más allá del límite está la dispersión de los límites dice Portela : Solo los límites dicen lo que es. Poco acustimbrados a escuchar el testimonio del más duro registro de la realidad esto parece solo un conjunto de palabras y como tal la crítica habitual de nuestra cultura iluminista solo retiene el compás de los sonidos y se conforma con ese resultado que la poesía de Portela rechaza desde el inicio.

Se siente entonces lo que se espera y agrega Portela no esperar ya, he aquí la felicidad de un corazón /invadido por la no espera en el ilimitado espacio / del juego del mundo que es nuestro destino. Da crudeza se toma aquí como negación como en las desoladas imágenes espectrales de Van Gogh que oscurecen el espacioncon sus iluminaciones negativas. Este es en realidad un paisaje del alma que nos inclinamos hoy a considerar como un mero resultado fisicoquímico del cerebro y que parece carecer de la impronta de aquella superioridad que nos ha permitido sentir y gozar la incertidumbre y sublimar el dolor. ¿ Que queda entonces por decir o creer ?

Este es el límite de La Memoria de Laquesis. No tiene porque ofrecemos un progama ni una respuesta. Esa no ha sido nunca la función más intensa de la poesía como se percibe aun en Homero o Esquilo. Pero tampoco es función de la poesía la de entretener o agradar al oyente o al lector interesado en canalizar sus desahogo en la intimadad de la lectura o en el éxtasis colectivo de sus teatralizaciones escénicas.

En el restringido ámbito de la filosofía práctica la obra es un intenso y prolongado debate con el substrato de nuestros valores y de nuestras incertidumbres ; y, por eso mismo merece una decidida atención de parte de todos aquellos que merodean en tomo a las cuestiones que nos involucran con la reflexión y la crítica de los deberes y el registro de sus posbilidades en la ejecuciones o interiorizaciones de sus normas. Frente a la ingenuidad iluminista que aspira a completar el programa instrumental de la razón positiva con su neutralidad académica popia hoy de los llenapapeles universitarios que multiplan un discurso vació de problemas y neutro a los conflictos, estos textos de Pórtela nos hablan desde lo más profundo de nuestras inconsecuencias y nuestros dilemas. ¿ Puede perdísele algo más ? La respuesta de este y de los otros interrogantes anteriores excede ya este trabajo.

El trabajo filosófio suele ser ingrato y los es más en una época como la nuestra que ha sustituido el saber filosófico por la erudición, con la que se confunde hoy la filosofía universitaria. Por eso hace falta este tipo de obra que expresa los conflictos y dilemas de la vida con independencia de toda cursilería académica como la que impera en Occidente desde la época del neokantismo de fines del siglo XIX. Desde ya que no hemos hecho más que una aproximación que demanda un futuro debate el estándar actual de la cultura se niega multiplicando las excusas. Todo esto no es nuevo y la propia historia de la filosofía occidental es un formidable espejo para medir la intensidad de esta Memoria de Laquesis, pero que vale para la ya gran cantidad de textos de Portela.

Joaquín E.Meabe, Instituto de Teoría General del Derecho - Facultad de Derecho, Ciencias Sociales y Políticas - UNNE - Corrientes. - Argentina.

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