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LA SAINTE FAMILLE
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 Article publié le 12 mai 2010.

oOo

Comment tu allais ?

Bien !

Veux-tu changer ?

Oui !

Peut-on vivre au 21ème siècle ?

Oui !

Tu l’embêtes avec tes questions

Tu aimes lire ?

Oui !

Il en a marre des souvenirs

Tu penses à sa place !

Oui !

Je ne veux pas !

Parler est une vilaine chose

Je n’y arrive pas !

Interrompre pour qu’entre la famille sans doute une situation ordinaire et manquer l’entrée

J’ai mal au genou !

Il a mal parce qu’il aimerait être un homme

L’expérience anodine d’être fils

Sa famille l’aimait

Tu aimes le printemps ?

Oui !

Les fleurs sauvages dans les prés ont la boulimie d’un être carnivore, elles croquent le sol jusqu’à ce que l’ombre disparaisse derrière l’arbre, un cèdre, du Liban, haut fier, replié sur lui-même fendu touffe à la pliure, mangeur d’hirondelles, sa mère qui vient de rentrer du boulot (secrétaire dans un cabinet d’expertise comptable) il la questionne sur le sens de l’histoire, la cause et le fondement des quatre points cardinaux, puis « pourquoi quatre ? » mais il ne s’arrête pas là, le malin, dans sa valise en contre-plaqué fabriquée par l’oncle Jim il trouve une enclume qu’il martèle avec génie « Baaahhh ! » pour chasser les hirondelles du jardin : arracher le bec des oiseaux n’est pas chose facile un marteau n’y réussit guère seule une clé à molette rouillée par l’effort « Non ! » pointer un chat mort la gueule ouverte par la queue dressée l’arme redoutable, les filles auraient sans doute peur avec leurs tresses ; la virilité, c’est pas pour les moches.

 

On est pas obligés de baiser !

Non !

J’aime tes caresses !

Pourquoi la vulgarité ?

J’aime tes caresses dans le noir !

On fait trop souvent l’amour et nos corps ne supportent plus !

Les murs non plus !

Le propriétaire va garder la caution !

Je l’encule !

Pédé !

Sans bite !

Obsessionnel !

Hystérique !

À l’école il ne mange pas !

Il faut trouver une solution !

J’aime pas les végétariens !

T’aimes pas les gros légumes qui ressemblent à ta grosse bite ?

Il faut trouver une solution !

J’irai au marché voir M. Sawyer même s’il n’a pas la vie facile avec sa fille Becky qui traîne toujours avec notre gosse un jour je les attraperai tous les deux, une bonne raclée ils s’en rappelleront, il faut dire et c’est là où je voulais en venir que leur maître qui les enterre vivant dans la cour d’école a l’humour glacé, l’association des parents d’élèves ne réagit pas, à notre place on est impuissant face à la machine institutionnelle, il faut inventer des échelons représentatifs moins rigides avec le pouvoir d’influencer les décisions du conseil d’administration et sanctionner le cas échéant un enseignant récalcitrant, ou enseigner l’histoire des institutions publiques à l’école primaire ou une lettre au directeur !

« Evenou shalom alerem

Evenou shalom alerem

Evenou shalom alerem

Evenou shalom, shalom,

Shalom alerem.

1. Nous vous annonçons la paix

Nous vous annonçons la paix

La paix, la paix de Jésus.

2. Nous vous annonçons l’amour

Nous vous annonçons l’amour

L’amour, l’amour de Jésus.

3. Nous vous annonçons la joie

Nous vous annonçons la joie

La joie, la joie de Jésus. »

 

Sitôt dit, ils rédigent la lettre l’air convaincu et accordés :

 

« On veut que Joe le maître arrête de terroriser nos enfants en les enterrant vivant. »

 

Signé :

les parents de Tom

 

 

L’écriture n’est pas leur fort, il faut le constater, déjà ils n’étaient pas doués pour les rédactions, nuls en orthographe ils n’aimaient ni la grammaire ni les analphabètes ni les autodidactes, fiers ils écrivent eux-mêmes leurs listes de course c’est de la haute littérature (selon l’invité de la télévision) parce qu’elles sont en prise avec leur quotidien, elles gouvernent, les branleurs ! tout le monde peut torcher une liste même sur du papier recyclé à moins d’être mort : Hilaire de Poitiers, Clément de Rome et Maxime le Confesseur, Ambroise de Milan et Jérôme, Irénée de Lyon et Clément d’Alexandrie, Origène et Tertullien, Cyprien et Cyrille de Jérusalem, Basile le Grand et Grégoire de Nazianze, Basile et Grégoire de Nysse, Jean Chrysostome et Augustin. Les couples heureux. C’est une loi de la nature impitoyable, nul n’y échappe, souriants, bedés une bonne tarte dans la gueule y bronchent pas, le regard et la tête à demain, toi dans ton lamentable instant il faut l’expurger, le presser comme un concombre juteux qui ne donne que du vert et tu veux du bleu ciel. Oui, la poésie ! la rime en poésie elle se pointe en permanence pour baiser ton texte.

 

Mange ma bite !

Pas devant elles !

Arrête avec tes pudibondieuseries de catholique mal léchée, y a personne d’autre que nous deux !

Je suis pas un film de chatte !

Tu crois que notre lettre aura son effet ?

Je crois en l’amour !

Tu crois qu’il aura le temps de la lire ?

Ce sale con de dirlo ?

On y est pas allé un peu fort ?

Qu’il bouffe mon minou s’il est pas content !

Les enfants ont peur !

Oui !

On mange quoi ce soir ?

Poulet rôti, comme tous les samedis !

Y’aura des frites ?

Ben oui !

De la moutarde ?

Tu m’emmerdes !

Va chercher les enfants qu’on se mette à table, ma petite pute !

« Sid, tu éteins la console et t’appelles ton frère, on mange ! »

Ce n’est pas le dogme qui fait chier mais l’écrasement. Le dogme trinitaire par exemple c’est beau pour élaborer dire faire entendre ce qui se dissimule, une histoire de procession du Saint-Esprit engendré par le Père et(ou)par le Fils, celui qui vient après avant éternellement, celui qui trône : le Père et les deux autres en dessous : le Fils et le Saint-Esprit, le schisme il y a des histoires qui soulèvent en écrasant de leur poids le vécu, le prétexte. Le dogme est brandi comme une queue qui amuse les enfants, Mickey mouse, et les prêtres catholiques, eunuques membrés broyés contre l’abstinence (on touche pas aux meufs !) et leurs masturbations chroniques (on se branle sur elles !), et les autres (moi) qui jouissent et subissent.

 

Avec quoi il vous enterre ?

Avec une pelle !

Jusqu’où ?

Jusqu’au cou !

« Et c’est comment ?

C’est froid ou chaud ? »

Plutôt froid au début !

Et les autres ils rigolent ?

Ils rigolent !

Et toi ?

Je rigole comme les autres !

T’as pas envie de pleurer ?

Non !

Jamais ?

Jamais !

C’est arrivé combien de fois ?

Je ne me rappelle plus mais Becky tient les comptes !

La sale garce !

C’est mon amie !

Elle vaut pas mieux que son père !

Et ça compte pendant que les autres chient sous le couvercle

Vous n’avez pas le droit !

On est tes parents ! c’est pas un mioche de ton espèce qui va ramoner le siphon de nos crânes

Une tarte dans sa gueule

Tu l’as bien méritée !

Connard ! Toi, t’es qu’une salope de mère !

Fils de pute !

La mère entre dans une fureur monstre, vous vous en doutez, on ne peut pas à cet instant précis où la mère est atteinte profondément dans son intégrité de femme et de mère face au père dont les mots lui ont échappé de la bouche comme on échappe le sperme trop rapidement de sa bite, la laisser sans réaction, ça serait con enfin débile, bête, très mauvais.

 

Le roman est mort ! et c’est le pamphlet qui l’a tué ! comment nous consoler, nous les meurtriers des meurtriers ?

« Chéri, je suis mal à l’aise quand tu me traites de pute devant les enfants ! »

Les Renaudot, Booker Prize, Goncourt, Georg-Buchner de l’avenir couronneront unanimement le pamphlet, tu peux me croire, et nous traînerons ce fardeau jusqu’à l’inscription sur le tympan de nos sépultures !

Parano-misanthrope !

Tu ne t’adresses pas à ton père de la sorte !

Je t’em-mer-de !

OK : la balthusienne… Sid, va chercher la chaise !

« Non, pas la chaise ! »

Alors ?

Oui ! je suis un crétin, un bouffe-miel, un connard de prétentieux, une religieuse…

Passe pour cette fois-ci !

Mais qu’on ne t’y reprenne plus !

 

Qui veut des frites ?

Tiens, passe à ton frère !

Putain, non, elles sont gelées !

Qui a préparé ces frites ?

La mère penaude : « c’est moi »

Merde, on te dit de les passer au four avant de les servir, c’est quand-même pas sophistiqué, branleuse !

J’ai peur de me brûler et de finir comme oncle Jim !

Alors, j’irai revendre le four à la brocante de samedi !

Ah non, c’est un lègue de mon père !

T’as vu la marque ? j’en tirerai un bon prix ! et y a pas de huissier qui tienne, ton père a raté sa vie son métier ses filles, je ne veux pas porter le poids d’un destin qui m’est étranger… et, couvercle sur le dessert, que les garçons en assument précocement les conséquences. Il suffit ! d’une société sans cadre molle et ronchon, je préserverai jusqu’à ma mort l’équilibre précaire de notre foyer !

La divinisation de l’homme, theosis en grec. C’est l’union de l’âme et de Dieu dans l’homme, un Dieu si proche qu’il partage sans se confondre l’habitat de l’être. Nous ne sommes pas de nature divine mais créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Le chemin de la divinisation est celui du Christ, incarnation de Dieu sur terre, Dieu fait homme pour indiquer la voie du retour de l’homme en Dieu. Sublime !

 

Qui regarde la télé ce soir ?

« Nous, nous ! » répondent avec enthousiasme les enfants

Ah, vous vous foutez de ma gueule ! Vous savez bien que le samedi c’est Porno ! Avec maman on va se mater le dernier Marc Dorcel qu’on a loué chez Joe, je vais pouvoir bander toute la nuit ! Vous, vous restez dans votre chambre et vous bronchez pas !

Et pas de sortie nocturne sans notre autorisation ! Vous avez qu’à lire des histoires ! C’est important à votre âge de nourrir vos rêves et vos illusions enfantines ! Tom, t’as pas intérêt à lire les écrits du Pseudo-Denys (l’Aréopagite) à ton frère… je sais que tu le caches sous ton matelas, il est plus dans la bibliothèque du salon, je veux pas de grenouille de bénitier sous mon toit !

Votre mère a raison, on s’est pas cassé les couilles pendant toutes ces années pour que vous ressembliez à ce con d’avocat ecclésiastique ! Votre oncle a mouillé son froc en débandant devant M. le Maire le jour de son mariage avorté et s’est réfugié la queue entre les jambes dans le droit canon et la mystique… quel exemple pour les jeunes ! Manque plus que la tonsure et la robe de bure ! Le premier que je vois le nez dans ces bouquins, j’le tonds sur place ! Kapitché ?

« Oui papa ! » (en chœur)

 

Un homme nommé Apollonios, un ancien commerçant, renonça au monde et vint habiter la montagne de Nitrie. Ne pouvant à cause de son âge apprendre un métier manuel ou pratiquer l’ascèse du copiste, voici l’exercice auquel il se livra durant les vingt ans où il vécut sur la montagne : grâce à son patrimoine et payant rudement de sa personne, il allait acheter à Alexandrie toutes sortes de remèdes et de choses utiles pour la vie en cellule qu’il distribuait à tous les frères malades. On pouvait le voir depuis l’aube jusqu’à la neuvième heure faire le tour des cellules, passant chaque porte pour s’assurer que personne n’est malade.

 

Il transportait des raisins secs, des grenades, des œufs, des pains de fleur de farine, toutes choses utiles pour ceux que la maladie affaiblit. Telle fut la façon de vivre utile à l’âme qu’il trouva pour sa vieillesse. En mourant, il laissa sa marchandise à quelqu’un comme lui en l’exhortant à accomplir ce même service. En effet, cinq mille moines habitant cette montagne, de telles visites étaient nécessaires car l’endroit est dépourvu de tout.1 « Fin de lecture, Sid ! »

 

« Ressusciter des cadavres littéraires barboter les mains comme (saint) Thomas dans les tripes encore chaudes de son animal de compagnie par des mouvements brutaux lui donner vie presque ! »

Tom, t’es un poète !

P’tit frère, maman a raison : nourris ton âme et tu deviendras sage !

Je suis qu’un idiot, oncle Jim arrête pas de le répéter !

Écoute pas cet enfoiré, un jour on lui fera la peau !

Et comment ?

Il suffira de lui donner rendez-vous dans le cimetière, une nuit de pleine lune, je te garantis qu’on le reverra pas de Cî-teaux !

Ah bon ?

Il aime la vinasse, le gros rouge, il faut l’attirer avec !

 

Le 16 du mois il passe sa commande à 16h16. Le 16 avril, bonne lune ! on avance sa montre d’une heure quand il se pointe à la maison pour le petit-déj’. À 16h16, on lui téléphone, on se fait passer pour le vendeur de la cave du rond-point ; toi tu feras un bruit de bouteilles qui branlent derrière moi. On lui donnera rendez-vous au cimetière sur la tombe familiale en prétextant qu’on a un arrivage spécial, une cuvée d’un producteur inattendu, qu’on peut pas mettre en vente tant que notre meilleur client n’y a pas goûté. Il est tellement con qu’il y verra que du feu. Après, on court chez lui, tu t’introduis dans sa chambre par la souillarde et tu débranches son téléphone. Entre 16h45 et 17h30, heure de fermeture du cimetière pour cause de départ du gardien vers la guinguette, on s’y introduit. Devant la tombe des grands-parents (en photos), on déposera les verres-luisants mis en cage qui bougeront pas et une guirlande de pétards longeant la dalle. On fera courir la mèche et la ficelle d’ouverture de la cage jusqu’au premier cyprès. À 23h30, on s’échappe de la chambre comme d’hab’, direction le cimetière. Avant qu’il rapplique, on installe les bouteilles sans étiquettes remplies d’un mélange de vinasse et de plancton qu’on aura récupéré la veille grâce à Joe. À 00h00, il se pointe. Il voit les bouteilles, il sait qu’il doit prendre le carton de rouge mais trop impatient il en débouche une. On déclenche le système : lâcher de verres-luisants et départ de la mèche. C’est le feu d’artifice dans la bouteille qui brille comme l’ampoule du phare sous l’effet du plancton et le sol qui dévale sous ses pieds : super bad trip sous champis. Voilà les pétards ! c’est l’apocalypse ! la sanction divine pour péché de luxure et excès de vinasse… le regard accusateur des parents sur la tombe venge les saloperies du fils indigne… il tombe dans les pommes ! on appelle le SAMU ! on se casse !

 

Waouh ! c’était génial on l’a bien niqué !

On va fêter ça en dégustant un Grand cru !

« Et Tom, comment on attrape les lapins de garenne ? »

Écoute-moi bien ! Le meilleur dispositif existant consiste à placer une pierre plate ramassée dans un champ au moment des labours sur le passage des bêtes reconnaissable aux nombreuses crottes d’un brun foncé qu’ils laissent en tas derrière eux. Assure-toi d’être à plus de 50 pas du terrier le plus proche pour que le lapin guetteur ne te voie pas ! Sur ce passage, tu poses la pierre. Sur cette pierre, une carotte épluchée. Sur cette carotte, 3 pincées de poivre. Fais gaffe au vent, il faut pas que le poivre s’envole ! Le mieux c’est de trouver un coin relativement abrité. La nuit, tu te planques derrière un arbre et t’attends. Qu’est-ce qui se passe ?

« Le lapin gourmand renifle la carotte : éternue : se fracasse la tête contre la pierre. Il est mort ou s’il respire encore tu prends la pierre et tu lui écrases la cervelle entre les deux yeux. Voilà, tu peux le rôtir ! »

C’est ça Sid, tu comprends très vite ! Vous boirez bien de ce nectar pour accompagner le gibier ?

Volontiers !

Ce Petrus 1954 fera courir la viande !

C’est une hase je suppose ?

Une hase évidemment, la chair est fondante sous le palet bien plus fine que celle du mâle !

Saviez-vous que le Lévitique au chapitre 11 interdit de manger le lapin (ou le lièvre) car il rumine ?

« Grossière erreur : confondre le lapin avec les ruminants, quelle idiotie ! D’où nous vient cette supercherie monumentale ? » demande le petit frère.

Des mastications de ses premières déjections… le lapin de garenne bouffe sa merde ! Ils produisent un mouvement des mâchoires similaire à celui des bovins… la confusion pour les non-initiés est envisageable.

Contrairement aux idées reçues, véhiculées par des ecclésiastiques populistes, science et religion ne forniquent pas. Elles ne cessent de se haïr, elles se détestent comme deux sœurs jumelles désirant le père aimant, elles se battront à mains nues jusqu’au KO dans les cordes. L’arbitre constatera la défaite. D’un côté « le comment », de l’autre « le pourquoi » ? blablablablabla-bla ! C’est la guerre bordel, dans les tranchées ! sortez les baïonnettes ! les lance-roquettes et autres joujoux pour adultes psychotiques ! les flibustiers, les missiles balistiques, le sang les bassines, l’infanterie, les cuirassés, le blindage, les ogives nucléaires, les bombes à fragmentation ! tous aux fourneaux !

 

 

Balthus, La leçon de guitare

Le tableau suspendu au mur de la chambre des petits. Le viol du Christ : Jésus, descendu mort de la croix, sur les genoux. Marie, Mère de Dieu, donne le sein maternel au Dieu-homme, nouveau né. Le fils-fille, icône de l’humanité.

« Clitoris ! » dit Tom

« L’index chatouille la crête ! » répond le petit frère

Il manque l’étranglement

Les liens pour attacher les mains sous la chaise

Elle a joui !

La mère heureuse !

La guitare trop petite !

La verge sort du pli !

Le haut de la faille !

Transpiration sur les cuisses !

Il faut passer à table !

Papa attend sur sa chaise !

L’érection a duré !

Ils ne sont pas divorcés !

Il a préparé le repas !

De la mie de pain dans sa chatte !

La résignation est une cochonnerie

Il votera c’est sûr !

Je lui descendrais le nombril !

Les hanches !

Le mal de dos !

Les lames de boucher dans sa chatte !

Le verre, pilé dans sa chatte !

Le pilon d’une mère ou le strapon

Le viol, la pucelle !

Les courbatures dans sa chatte !

La braise dans sa chatte !

Tes dents dans sa chatte !

Les crampes et les jambes de la mère

Son sein appelle ma bite

Tu as terminé tes devoirs ?

Comment s’appelle ta maîtresse ?

Tu as pris ton bain ?

Tu n’es plus une enfant !

Elle ne mange pas sur tes genoux !

Tu iras à l’école privée !

Leurs maîtresses sont des salopes !

Jeanne d’Arc est une putain !

Pentecôte. Les motifs de la tapisserie les langues de feu sur la tête des apôtres enveloppée d’une lueur divine elle crie du sens qu’elle ne saisit pas saoule Marie désinhibée débute l’annonce sur ses genoux son bassin lumineux est sa Méditerranée qu’elle parcourt les habits redisent la surprise pas équipées pour la marche, les éphésiens fraîchement baptisés se terrent dans sa chatte !

 

 

« Le structuralisme ! hein ? dans la collection il y a un ordre qui fait lien ! médite là-dessus, féniasse ! »

Pourras-tu supporter, chéri, de ne pas savoir ? Pourras-tu entendre que tu n’y entends rien ?

feindre de ne pas connaître l’adresse de ce texte ? être le bienveillant d’un autre ? l’impossible quotidien ? l’ambigu attira l’éloge ? lacanien par didactique ? il n’y a pas de rapport sexuel ? la négation de l’ironie ? l’écriture c’est le tourment d’un autre ? lire = une sentinelle pour terrasser l’adversaire ? pourquoi l’intellectuel fascine-t-il le pauvre ? résister sans psychanalyse ? montrer et ne pas voir ce qui est montré, voilà la preuve ? pourquoi l’interrogation quand l’exclamation s’impose ? les chaînes associatives ne mentent pas ? entrer sur le champ par l’extinction violente des méthodes barbares des comportementalistes et autres cognitivistes psychologîsants ?

Je vais me fumer une clope !

L’évitement masculin !

Peux-tu m’expliquer ?

« Ta bite c’est pour introduire le conflit, tuer le gibier, conduire le 4×4 d’une grande marque américaine, regarder des documentaires animaliers dans ton fauteuil de banquier, sauter ta femme, celle des autres, éjaculer dans les draps. Tu passes ton temps à tergiverser dans ta cervelle de nantis. On dirait que je te fais peur. Tu m’aimes plus ? »

Si ! mais j’ai pas d’humour

Alors embrasse-moi !

Pas ce soir, je veux plus faire semblant !

Les enfants dorment !

C’est pas la question, je veux pas qu’ils me ressemblent !

À qui ?

Je veux pas que Tom et Sid ressemblent à leur père, c’est pas compliqué ?

Tu lis trop !

Ne mêle pas Marc Twain à cela !

Le père absent ?

Je fais ce que je peux !

Humour, sexe et authenticité c’est-à-dire le truc des autres ramené à soi. Je me rappelle en formation à la Chambre de Commerce et d’Industrie de La Rochelle le brainstorming en trois mots sur ce qui définit la création d’entreprise, j’avais répondu : « autonomie, initiative, authenticité. » J’étais fier de ma connerie. Ça avait scotché la formatrice qui riait jaune, eh oui ! une grenade au plâtre dans ton capitalisme déshumanisé de merde ! Elle était gentille ! Je m’y connaissais en sincérité

 

 

Chercher l’ivresse par l’abus de café !

Mais ça ne s’arrêtera jamais ?

C’est parti pour durer ! Quand tu lis René Daumal au début tu trouves ça super chiant, je parle du Contre-ciel ! Et puis ça pulse, putain ! il t’emporte et là tu bronches pas, tu t’accroches ! C’est pas comme ce gazouillis de mouette nantaise !

Encore ?

J’étais déçu !

Peut-on reprocher le commentaire, en général ?

La petite giclée se mesure au nombre de citations !

Maline !

Mais tu bandes !

Comme un cureton fasciné par la fable mystique, sans doute parce que c’est du lourd !

Du haut de son cadavre maigre et fier arrogant sale piétine les corps s’excuse autoritaire il tremperait son boudoir dans un trou obscur mais son agenda noirci sur toutes les pages ne permet pas faudrait pas qu’il perde son rang lorsqu’il frétille devant la sainte blanche le cierge à la main son majeur le démange mais c’est pas pour lui sa vertu son éducation son talent le denier du culte les suceurs de la cour les empêchements légitimes son arrogance sa prévenance il les tient dans sa main droite et il ne lâchera pas c’est précieux et utile entretenu fait la fierté c’est laid comme une icône de la vierge à l’enfant peinte à la main bavée crachée au-dessus de toutes les têtes il dresse le sacrifice l’hostie sainte qui fait gicler les chattes à l’abattoir la lumière rouge dans le coin du bâtiment le veau d’or il aime la bonne chair le sang dégoulinant des corps troués immolés putain merde ! dans sa main droite le va-et-vient déchira ses stigmates poisseux

 

 

Il ne se passe pas rien

Les cloches retentissent

C’est l’heure d’aller chercher les gamins à l’école !

Bordel, on va être en retard !

Qui s’y colle ?

J’y vais !

N’oublie pas de rappeler le contenu de notre lettre au directeur !

Je n’oublierai pas !

Le père prend la bagnole

Arrivée à l’école

La porte blindée de la cour grande ouverte

Les gamins qui crient

C’est la joie !

Les retrouvailles après une journée difficile

C’était le permis de conduire dans la cour d’école aujourd’hui

Les bons souvenirs

Un virage manqué et c’est le drame !

Rétroviseur… marquer le stop… priorité aux piétons… priorité à droite… ne pas écraser les maîtresses…

Pas de billes aujourd’hui

Le gendarme et son képi, le père d’un copain, à côté

Il habite à côté de la gendarmerie avec les autres, son lieu de travail est aussi son lieu de vie, d’astreinte le weekend pas facile pour la vie de famille

Faut montrer l’exemple dans le civil

Pas d’arme à la ceinture (comment supporter l’écart ?)

 

 

 

 

Notes :

1 Pallade d’Hélénopolis, Histoire lausiaque, Abbaye de Bellefontaine, 1999, p 92. Personnage attachant, épris du désir de Dieu, témoin et familier des Pères du désert, fin lettré, apologète et prédicateur, fidèle à l’ecclésiologie de Saint Jean Chrysostome, Pallade fait de son œuvre [rédigée en l’an 420] une lecture spirituelle profonde de l’histoire de son temps et des événements auxquels il a été mêlé. Il dresse, en 71 chapitres, le portrait spirituel d’hommes et de femmes qui, sous des dehors souvent pittoresques et héroïques, ont assumé avec réalisme les exigences de leur baptême : moines et moniales solitaires, reclus, anachorètes, cénobites en ville ou au désert, ascètes urbains, laïcs mariés, célibataires, etc. [4ème de couverture].

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