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Le poète de l'autre rive
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 Article publié le 26 janvier 2010.

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ABSURDITE DE L’ABSURDE…

 

 

…Vois-tu le monde change

Il éternue derrière son masque à gaz

Des millions de tonnes de pesticides

Jetés par-dessus bord de nos têtes

Nos mers ne sont plus nos mers

Nos rivières, nos ruisseaux, nos pluies

Tout est contaminé par l’horreur

 

Et on décide d’emboîter le pas

De créer des zones de guerres

On vend les armes pour les expérimenter

On tue, on incarcère, on détruit…

Et notre monde change sans se plaindre

Toi, ami tu te révoltes

Tu clames tes mots derrière les ombres

On ne fait plus le poids

Puisqu’ils décident à notre insu

Ils n’ont nullement besoin de nos signatures

Ni de nos identités lavées dans l’indifférence

 

On n’a pas besoin d’isoloir, d’urne

Nos votes ne valent rien

Nos cris ne les frôlent jamais

Nos meetings, slogans enflammés

Ne sont que des passes partout

Puisque nos sommes encadrés par des milices

Nos syndicats des joueurs de l’absurde

Une suffit d’une balle anonyme

D’un mot pour la camisole

Nous sommes des voyants dans les ténèbres

Ils décident de combler notre vide

Par des séries de feuilletons à l’eau de rose…

 

« Le ciel par-dessus le toit « n’est plus bleu

Il conjugue les erreurs des hommes

Crie ami, le monde est sur un cratère

Il suffit d’un faux pas pour tout éjecter

Les miasmes des déchets sont au pôle nord

Ils sont dans les bras du pôle sud

Le Mont Everest, le Mont Blanc, l’Annapurna…

La Seine est dérangée par les vapeurs

Et Paris, Londres, Rome… sont asphyxiées

Ecris, je ne fais que passer

Demain je serai un autre voyageur

Avec un autre crâne, un être masqué qui étouffe

Sous l’amas de l’avancée des progrès…

 

 

 

 

 

 

ATTENDS, JE VIENS… !  

 

 

…Patience amie de l’autre frontière

Je dois m’éloigner des écueils

Refaire un autre cheminement

Relire mon tableau de bord

Pour déloger les anciennes aiguilles

Et retrouver une certaine boussole

Oubliée dans son coffret… !

 

Calme plat vers l’horizon

Et un nouveau soleil m’éclaire

Il est temps de ramasser les débris

De les éloigner de mon chemin…

Tu vois, je suis à toi…

N’essaies pas de tout évoquer

Laisse pour moi le temps de tout enterrer

Je n’ai nulle envie de me souvenir

Quant au passé je le laisse quelque part… !

 

Je me vois rajeuni

Et mon cœur qui criait à la sénilité

S’emballe sous les coups magiques d’une fée

Tout éclat terni peut être alésé

Toute plante espère revenir à la vie

Toute fleur durement cueillie

Laisse à l’origine son empreinte

Il suffit aux saisons de la remplacer

Et de lui rendre son règne délaissé… !

 

Amie de l’autre espace tant rêvé

Je crois que je reprendrai mes voyages

Quitterai mon quai solitaire

Qu’importe je serai le seul maître à bord

Et ma barque délestée suivrait les sillages

D’une étoile filante dans l’océan de mes mots

Tu es là, je suis sûr de ton amour

Pourvu que tu restes à ton image

Et qu’entre nous le printemps s’annonce

Pour vivre l’éclosion de nos deux passions… !

 

 

 

 

 

AU DEVANT DE LA SCENE…

 

 

…N’ayez aucune crainte mes amis

Je reprends le chemin de l’aventure

J’ai entendu des pas furtifs

Et les crissements des feuilles mortes

Ont répondu l’écho des semences…

 

Je pars pour un autre monde

Je ne fais que suivre mon instinct

Du moment que mon ciel reste opaque

Je décide de l’aérer par mes voyages…

 

L’ombre qui siège en maître absolu

Ne recule que devant l’avancée de la lumière

Le soleil qui est si haut dans le ciel

Change à chaque instant de position

Les nuages chargés de tant de mystères

Dérivent des fois vers des terres assoiffées

L’oiseau qui chante souvent sa solitude

Cherche par sa voix brisée à se rappeler

Que les saisons passent en coup de vent

Et les arbres changent de stature des rameaux…

 

Voyez comme la mer qui paraît calme

Peut se mettre tout d’un coup en colère

L’homme qui me ressemble dans ses plaintes

Etouffe la veine de ses lancinants cris

Il peut sourire tout en pleurant

Et quelles différences entre les larmes

Du moment que tout émerge des yeux

Tous les pleurs ont le même goût salé

Les larmes du bonheur sont chaudes

Et celles des peines sont froides

Elles ruissellent sur des visages ravinés…

 

…Et mon voyage prend fin comme sur une scène

Le rideau frissonne avant le départ des spectateurs

Sur l’autel du théâtre les acteurs s’affairent

Tous prennent conscience de la fin des rôles

Et tous pensent reprendre quelque part

Dans un autre lieu, avec d’autres foules

La même pièce avec d’autres décors

Et des personnes qui viendront prendre part

Tout en suivant de leur place immobile

La cadence des jeux, des mimes, des pleurs et rires…

 

 

 

 

A : FABiENNE DESJARDINS SHANTI

 

 

… Je m’oublie derrière la chevauchée de la plume… k.loubay

 

…Souffle étrange mousson les mille nostalgies

Hymne de la prolifique floraison des saisons

Au lever du jour je m’embarque de nouveau

Navigant au delà des frontières inexplorées

Toi, tu peins tes rêves sur la toile du ciel

Inde dans l’éblouissant froufrou des saris… !

 

Fallait-il que je reste sur le quai solitaire !

Assis à l’ombre d’un centenaire olivier

Brisant les visions de mes vagues errances

Il me semble revivre comme par le passé

Et je m’éloigne de ma rive ensoleillée

Nouant mes images aux ailes d’oiseaux migrateurs

Et nous planons librement hors du temps… !

 

Dis, nymphe qui chante la symphonie des aurores

Entre nos mondes séparés vivent des peuples

Soumis à la lecture de toutes les destinées

Je m’en vais, les pensées émergées s’élèvent

A l’orée des allées fleuries, aux pieds des océans…

Recueillir la rosée des prunelles des fleurs

Déverser de nos plumes le nectar des liqueurs

Il est loin, il est proche le lever de l’ancre

N’entends-tu pas le mouvement des avirons

Sillonnant les mers profondes aux mille…couleurs

 

 

 

 

 

 

CAVALCADE DES IMAGES…

 

 

…Je ne fais que changer les positions

L’ordre initial d’un vétuste oreiller

L’ossature d’un corps fourbu

Tantôt vers l’est

Tantôt vers l’ouest…

Toutes les équations possibles

Et impossibles…

De réveiller les images des murs

Assiégées par une nuée d’araignées

Et les filets qui forment des hamacs

Où viennent se suspendre les insectes…

 

Et puis vint l’autre forme

De veiller les étoiles de l’infini

Quand de la croisée s’infiltre

Un rai d’une étoile

Et je me vois escalader les couloirs

Compter les marches de l’oubli

Redonner une ruade aux souvenirs

Et respirer le fond d’un lac endormi

Nul besoin des senteurs des nénuphars

Ni de la voltige des libellules

Le cadre où la glace de l’onde

Cligne de l’œil au firmament…

 

Je vis sous soumission des autres forces

De la quiétude d’un lieu de piété

A la canicule d’un toit orageux

Je vire constamment sur la nudité des pages

Entre le froissement des feuilles mortes

Et le mystère des vents du nord

Qui m’apportent plus de chaleur…

Je taquine dans le cœur d’une rose

Les mille secrets de l’éclosion

Dans la couleur pourpre des visages

Je souris à la joie des prunelles…

 

Ni oreiller en déséquilibre

Ni corps en ultime élévation

Je suis ainsi en balancement

Dans la rumeur silencieuse de l’inspiration

Où je puise la cavalcade du verbe…

 

 

 

 

CHANGEMENTS

 

…Tu es aussi rebelle qu’un orage d’été

D’un ciel serein, un petit amoncellement

Quelques nuages venus de très loin

De la blancheur cotonneuse se ternissent

Sur le visage souriant s’assombrissent

Avant d’exploser leurs dernières colères

 

D’une pierre qui dévale une simple pente

Et cette allégresse devient avalanche

Qui du ciel qui était juste avant serein

Est devenu le foyer rageur de la foudre

 

Et du tambour roulant du tonnerre assourdissant

Tu étais la complice de tous mes transports

Celle qui influençait mes plus belles rêveries

De la singularité de ma longue démarche

 

J’ai trouvé en toi mes profonds cheminements

Le ciel n’est plus le ciel que je scrutais longuement

Et à chaque saison son intrinsèque empreinte

Le vent vit aussi de brusques métamorphoses

A chaque région sa spécifique intensité

La force du vent et ses tempéraments

 

Je regarde une certaine image qui s’échappe

Glanée quelque part d’un ancien décor perdu

D’un album lacéré d’une vie souvent fréquentée

Mon pouvoir vacille de nouveau sur un axe

Entre deux berges toujours éloignées

La passerelle est constamment levée...

 

Et de part et d’autre des deux rives séparées

Chacun de nous traîne derrière lui des... souvenirs

 

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