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Ma décadence
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 Article publié le 26 janvier 2010.

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MA DECADENCE

Le corps s´était retourné, il avait regardé le monde.
Petit à petit, son visage s´était incliné, il se couvrait d´un voile où la clarté du jour se transformait toujours plus en noirceur malfaisante. Le voile s´épaississait. Le visage était à présent invisible car personne n´était descendu à ses côtés pour pouvoir le contempler.
Ainsi, le corps ne se retourne plus pour regarder le monde : faire le deuil de l´altérité, faire le deuil de soi. Toute l´existence se résume en une mort progressive qui s´immisce dans le cerveau, polluant la substance vitale, polluant les organes. L´oxygénation cède sa place à l´étouffement. L´intériorité dépérit dans un calme morbide.
Perversion, haine, regard, visage, deuil, solitude :
Chaque fois, la passion fait naître un sentiment sublime par la beauté bienfaisante et calmante. Beauté, amie existentielle ; beauté, ma condition de vie, j´implore à chaque instant ta présence. Je te crée toujours plus par les couleurs de ma passion, je te donne de nouvelles intonations de voix : tu cries et hurles toujours plus fort ! M´en veux- tu des tortures que je t´inflige ? M´aimeras- tu plus que l´autre ?
Sur ce chemin, j´avais marché. Seule la douleur avait suivie mes pas ; mais toi, tu m´avais devancé. Tu m´attendais au bout du chemin : tu étais alors l´enfant fragile qui marche nonchalamment. Mon regard t´avais enveloppé de sa passion dévastatrice. Aujourd´hui, ta puissance est aussi grande que ma destruction. Je t´ai donné toute ma force pour que tu t´élèves par delà ta faiblesse inititale. Tout t´est destiné, jusqu´au moindre souffle de vie qui m´anime, jusqu´au sacrifice de soi.
L´existence était telle un estomac remplit de nourriture qui ne supporte plus son contenu. Ainsi, l´estomac recrache la nourriture qui se répand sur le sol comme un tapis d´imfamies, de perversions inconnues. Le corps s´était nourri par son désir mais il ne pouvait assurer la grandeur de son intériorité. Alors l´estomac devait toujours évacuer la trop splendide existence, la trop frénétique ingurgitation qui avait précédé le dégoût.
L´estomac était devenu malade par l´excès de dégoût et d´écoeurement que subissait le corps. Le désir d´évacuation était devenu automatique malgré la modération de la pensée, car même la modération était excès puisque sa possibilité était anéantie à jamais. Le corps, assit là, contemplait ce tapis d´infamies. Il contemplait son existence comme un légume, comme le légume qui s´était répandu à terre.

 

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