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Entretien avec Cristina CASTELLO Entrevista con Cristina CASTELLO
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 Article publié le 1er novembre 2004.

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Pour pouvoir tromper la réalité, il faut d’abord la connaître
 

De même que ceux qui se battent dans la guerre pour ne pas tuer et continuer à la fois vivants, ainsi Cristina Castello se bat dans la jungle de la brutalité de l’économie qui assomme depuis des années l’Argentine,à seule fin de rester fidèle à ses convictions et ne pas devenir une meurtrière comme tant d’autres qui font partie de la légion des tueurs de poésie. L’une des rares journalistes qui - ayant passé par les médias graphiques, la radio et la télevision (revue Gente, Viva, la revue du dimanche du journal Clarín, radio Splendid, présentratrice du programme de TV San Masque, professeur de l’émission L’entrevue journalistique- s’oppose, depuis ses préceptes éthiques, au mode de vie actuel, semblable à un clip vidéo... vertigineux et d’enfer, qui tue les émotions. Cette éthique de la raison et de l’action, la sienne,fait naître chez elle un profond étonnement lorsqu’elle observe l’audace éffrontée avec laquelle agissent la plupart des hommes politiques et des dirigeants modernes. Une modernité d’égoïstes et de traîtres.... ceux qui ont le plus complet dédain pour autrui, ceux qui trahissent l’esprit de la poésie.Castello parle d’une réalité différente à celle racontée par les médias de l ’Amérique Latine. Elle signale la perte d’humanité et la solitude de ceux qui se retrouvent au milieu de la masse. Elle nous fait savoir aussi comment nous sauver de la folie, grâce aux graines lâchées par ses mots (G.B.)

 

Gabriel Bauducco —Qu’est-ce qu’un poème ?

Cristina Castello —C’est... tel qu’un extrait de l’Univers, n’est-ce pas ? Mais je parle de ce que c’est la poésie et non pas de ce qu’on appelle, de façon désinvolte, ainsi. Dans tous les domaines de l’art -sans citer celui du spectacle- n’importe qui réclame pour lui le nom d’artiste ; c’est comme si toi et moi, nous nous désignions médecins, avocats ou scientifiques. Ou bien astronomes...ça me ferait plaisir, hein ? Tout le temps, le regard vers le ciel...quelle joie !

—Lorsqu’on a parlé en privé tu m’as donné le nom des personnes considérées de grands poètes. Selon toi, ils ne méritent pas ce traitement, cependant, en tant que journaliste tu ne l’as jamais dit,...c’est ta première lâcheté ?

—Je ne sais pas, mais je ne le crois pas. J’ ai interviewé un grand nombre de personnalités et au cours de ces entretiens j’ai fait face aux pires monstres -des militaires répressifs, des assassins, des tortionnaires- et je ne me suis jamais tue. Je n’ai pas eu peur, c’est vrai, non pas parce que j’avais du courage mais parce que j’étais avide de respect à la vie. Cependant, d’autres critères entrent en jeu lorsqu’il s’agit de ces soi-disant artistes. Ces mauvais -ou faux- poètes ou artistes peuvent être les produits du marketing,mais ce ne sont pas « le » démon lui-même ; donc je sens que je n’ai pas le droit d’ôter aux personnes ses croyances ni ses contenus s’il n’y a pas d’autres croyances ou contenus qui puissent les remplacer.

—S’il te plaît, tu pourrais éclaircir ton idée...

—Supposons que quelqu’un s’appuie sur des béquilles et que tu remarques qu’elles ne sont pas en bon état. Si tu les lui enlèves, tu dois lui en fournir d’autres, de la même qualité ou meilleures. Sinon la personne va tomber lourdement.

—Tu as déjà essayé de le faire ?

—Oui, et j’ai appris qu’il y a des moments et des moments pour dire certaines choses. « Il y a des voix tellement graves que leur résonance n’est pas immédiate », a écrit Oliverio Girondo. Et c’est vrai : quand les personnes ne sont pas préparées pour entendre, il en résulte l’effet contraire à celui qu’on veut obtenir. Comment peux-tu dire à quelqu’un que les paroles de cette chanson qu’on a chantée, par exemple, lors du retour de la démocratie, appartiennent à un mauvais poète ?

—Oui, c’est difficile...

—Absolument, parce qu’il y a tout un monde derrière cela où , outre la poésie, on trouve des latences spirituelles : des parfums, des sons et du vécu devenus souvenirs des certaines strophes. Des vers qui représentent surtout une résonance intérieure.Tu te rends compte que ce n’est pas un sujet facile à saisir ? Ainsi se passe-t-il avec la politique : j’ai vécu de trop près - et j’ai aussi souffert - le fait que les voix d’alerte prophétiques de bons - éclairés, si j’ose dire- politiciens n’aient pas été entendues dans le moment précis. Cela aurait pu nous sauver comme pays. Je me rappelle que je pensais alors à ce que Nietzsche avait dit, qu’il y a des hommes qui naissent posthumes. De toute façon, celle-ci est mon attitude comme journaliste, puisque comme poète je cherche le refuge dans mon silence intérieur et dans ma solitude, tous les deux indispensables.

—Mais ta poésie est révélatrice ... et revoltée, c’est évident.

—Je ne pourrais pas me taire car la poésie, c’est du courage et elle le mérite ; car c’est de la grandeur humaine, c’est une fenêtre ouverte à la plénitude et encore plus, beaucoup plus. Et pourtant, ni le pamphlet ni le cri me plaisent et je crois à l’économie des mots et à la gestualité et que, grâce à elles, il peut y avoir de la tension spirituelle et de la dénonciation :bref, le dévoilement. Le mot écrit quand c’est de l’art -comme l’art en général- peut devenir prophétique.

—Quels sont les mots prophétiques dont tu te souviens ?

—Je m’en souviens beaucoup, et associés à la peinture et à la musique. Mais il vaut mieux que tu me laisses te parler de Kafka. Dans Le Procès il montre une sorte de modèle d’État de la terreur et il anticipe sur l’invasion de la vie privée et sexuelle des gens par le totalitarisme. Doué d’un regard clairvoyant, dans La colonie pénitentiaire il aperçoit les machines de la terreur nazi et l’étrange et maladive relation qui s’était établie entre quelques bourreaux et leurs victimes. Et finalement dans La métamorphose,bien qu’à l’occasion de ma première lecture adolescente j’ai vu Gregorio Samsa comme une petite bête, puis après il est devenu pour moi le symbole du sort des millions d’êtres humains qui ont été exterminés dans les camps d’concentration. Remarque qu’il l’a appelé Unfeziefer et c’est bizarre, puisque c’est le mot que les nazis ont utilisé pour nommer les pauvres gens qui mouraient dans les chambres à gaz. Rappelons-nous que Kafka avait décédé en 1924...Avait-il le don prophétique ou pas ?

—C’est impressionnant...

—Cela va toujours nous impressionner car je crois que l’art disparaîtra au cas où la question à propos de l’existence de Dieu ne serait plus en vigueur. Mais cette question sera aussi éternelle que l’art. Même les choses,selon Jacques Brosse, sont heureuses d’être perçues par les poètes et désirent que ceux-là les regardent. Ça, ce n’est pas banal ?

—Et les critiques d’art, que disent-ils ?

—Les critiques d’art ... les critiques d’art, sauf quelques exceptions, ils en savent très peu. Beaucoup d’entre eux -pas tous- sont des artistes frustrés, d’autres capitulent et / ou se vendent et plusieurs sont partiaux. Ils se servent des mots tels que profond, ineffable, oeuvre métaphysique (l’ oeuvre qu’ils ne peuvent pas ranger sous aucune rubrique, tellement ils ont besoin de classer suivant des ismes !)...Sans parler du mot mystère et de l’abus qu’ils en font !

— Qu’est-ce que c’est donc le mystère ?

—Voyons... « Le Mystère. Pourquoi les arbres dansent-ils ? Parce que le vent. Et pourquoi le vent ? Parce que Dieu. Et si Dieu... pourquoi tu n’es pas là ? » Bon, ce n’est qu’une autre digression : j’ai eu l’idée de jouer avec les mots en observant le petit arbre que j’ai dans le balcon. En fait, comme disait Gauguin, je crois que le mystère est la seule certitude, et pour cela je le guette et je le force et je l’attends en même temps, patiemment, parce que c’est l’une des beautés de la vie. Mais attention : je parle du concept de mystère et non pas des personnes qui jouent aux mystérieuses et ne sont que des hypocrites portant des masques.

—Cristina Castello,l’État, quel rôle doit-il jouer en matière de culture ?

—Il devrait -remarque le mode verbal- je reprends mon idée, il devrait se charger des problèmes fondamentaux liés au financement de la culture, tel qu’il se passe dans certains pays du nommé Premier Monde... même si à l’heure actuelle aucun pays ne va bien. Dans cette colonie du « Nord », toujours punie, que nous sommes devenus tous ceux qui habitons l’Amérique du Sud -on est encore des pays, nous ?- c’est les sponsors privés qui prennent en main cette affaire du financement, et eux, ils ne sont pas intéressés au fait d’encourager la culture, car plus ignorant devient le peuple, mieux marchent leurs affaires.

—Comment se passe-t-il dans d’autres pays ?

—Je n’ai aucune information actuelle mais je te donne un exemple. En Allemagne, il y a deux ans, l’apport des sponsors représentait 4% du total. Et rien d’autre : le reste était en charge de l’État. Kathine Dittrich van Weeringh, spécialiste allemande en affaires culturelles, à l’occasion de visiter Buenos Aires à cette époque-là nous a exposé un concept très intéressant, soutenu par des collègues européens et elle-même : « La moindre quantité d’État possible mais tout l’État qui soit nécessaire ». Mais nous parlons de l’Europe et il faut le dire, même s’il y a des problèmes là-bas, il s’agit d’un autre monde... ici on voudrait tout l’État qui soit nécessaire ...mais pour le piller ! Je n’oublierai jamais que pendant la terrible présidence de Carlos Menem, un haut fonctionnaire de la province de Santa Fe , a volé tout ce qui était possible et plus encore...y inclus un pont !

—Si ce n’était pas tragique, ce serait comique...quelle horreur ! Qu’est-ce que que tu peux dire à propos de l’éducation ?

—Qu’on n ’éduque pas : on prépare les enfants et les jeunes gens aux valeurs de la Bourse et personne n’a conscience de ses droits comme citoyen. Personne ne connaît non plus ceux que la Constitution établit pour toute personne humaine...sans parler des liens fraternels ! « Il y a un mot qui me provoque de l’exaltation, un mot que je n’ai jamais pu entendre sans frissonner,sans sentir un grand espoir, le plus grand de tous. L’espoir de vaincre les forces de la ruine et de la mort qui accablent les hommes. Ce mot est fraternité ». Paul Eluard a écrit cela, et je crois que la fraternité, est précisément l’une des issues. Et pourtant c’est tellement grave ce qui se passe en Argentine -surtout depuis les genocides de la période 1976-1983 et le « gouvernement » de Carlos Menem- que les gens concentrent leurs efforts à survivre, plutôt qu’à vivre.

—« L’une des issues », tu dis.En cite une autre...

—La grande issue c’est l’éthique, pour abolir -parmis tant d’autres choses- cette pensée unique. Mais je fais référence à l’éthique des idées et à l’éthique de l’action, comme l’a écrit cela fait quelques années un penseur argentin.

—Vers un nouvel humanisme ?

—Nous pouvons dire vers de nouvelles formes de vie. Et pour atteindre cela il est important que la culture détienne la possibilité créatrice et qu’il ne s’agisse pas de la simple transmission des savoirs apparentés à la technocratie donc visant le succès rapide ; car c’est ainsi qu’on engendre des êtres sans humanité -ils semblent des mutants- plétoriques des trucs électroniques et l’âme vide. Tu sais ce qui se passe ? La société est fragmentée, et à partir de cela tout ce qui porte l’étiquette de culture est aussi un fragment. Des fragments de rien.C’est l’esthétique du clip vidéo.

—Tu ne parles pas de clip vidéo comme une appréciation esthétique...

—Non, je parle de la vie comme un clip vidéo, comme une explosion de fragments. Une technique publicitaire finalement, même si à l’origine on peut trouver comme objectif la diffusion de musique, actuellement cette technique vise à la consommation. Bien qu’au début ce produit ait été destiné à la jeunesse, la télévision incorpore au jour le jour plus d’éléments qui lui sont propres. La vie semble un clip vidéo et c’est la vitesse et le vertige qui y dirigent l’orchestre. Il n’existe pas la pause et faisant semblant de tout dire, on ne dit rien. Ce qui importe c’est le mouvement, même s’il anesthésie. Ou peut-être, c’est pour cela même. Les valeurs sont jetables. Le débat et le dialogue sont une antiquité, la parole est anacronique et penser devient vétuste...pourvu qu’on n’ait pas l’idée de vivre à la conscience éveillée ! Je me demande donc : le mosaïque du clip vidéo nous situe dans le mosaïque de l’existence ? Malheureusement, il paraît que oui : des images accélerées, une vie accélerée. Malades de hâte, on oublie de vivre l’existence comme une possibilité créatrice. Je refuse cela et je continue à me battre pour que ceux qui croyons au caractère sacré de la vie, nous continuons à parcourir le même sentier.

—Je pourrais penser que ce que tu viens de dire est produit du pessimisme, mais je vois tes mots comme un film du quotidien...

—Je ne suis pas pessimiste. Je crois à la vie et c’est pour cela que je dis ce que je dis. Et je répète une et mille fois l’un de mes lieux communs : pour tromper la réalité, il faut d’abord la connaître.Et tout ce que je dis et tout ce que je fais en public ou en privé n’est qu’un essai pour contribuer au changement : la vie ne peut pas être si misérable que ça... et tant de personnes qui souffrent ! Pas posssible, pas possible...je ne veux pas ça, je refuse d’accepter cette sorte de vie ! En échange, j’aimerais qu’on vive de la même manière que Nicolas Poussin introduisait la théorie linguistique de la double articulation dans ses toiles : il réalisait chacune de ses parties de façon minutieusement admirable, avec dévouement, soin, technique et obsession, comparables seulement à ce qu’il faisait lorsqu’il abordait l’oeuvre en entier.

—On devrait vivre ainsi...

—Absolument, puisque c’est justement la vie ce qui est en jeu. Cependant le clip vidéo de nos propres vies, nous pousse a donner plus d’importance au succès qu’à la réussite. On prend congé de l’autre en se donnant une bise -très protocolaire et sans affection- et on est en contact : le feuillage intéresse plus que les racines et les mots ou le mot sont vides de sens.L’instant pour penser et pour sentir n’existe pas, non plus ; c’est comme si on était un shaker, si j’ose dire, on vit sécoué, en perpétuel état de conmotion. Où sont donc la tendresse et le délire fou, la joie et l’enthousiasme et le devoir de la beauté ?Il semble qu’ils battent en retraite -je crois que ce n’est qu’une apparence- et c’est pour cela qu’on croit qu’on gaspille notre temps avec les affections les plus profondes, avec la lecture ou bien avec autrui.

—Au contraire, c’est du temps gagné, en vie, en intensité ...

—Tout à fait d’accord, et pourtant il y a tant d’aliénation aujourd’hui qu’on ne valorise pas qu’on emploie ce temps pour être une personne ; et comme George Steiner a écrit, on ne se rend pas compte non plus qu’on a substitué consommation à ingestion. Et par le simple fait de consommer, l’art, l’amour, la politique, la religion ... la vie ! perdent leur pouvoir d’implosion : d’exploser vers le dedans.

—Cristina ... allons tout de suite « tromper la réalité » !

—On le fait déjà avec ce dialogue. Voilà si on peut s’arrêter de vivre à bout de souffle, envahis par l’urgence. Que cette union ne se fonde pas seulement dans la nécessité de lutter contre l’insécurité quotidienne qui s’est emparée des rues et de nos foyers ; que cette union soit de la fraternité. Que cette union soit de l’ union, du dévouement, de l’amour, et non pas le masque solidaire de la peur : « attention, ça,est passé tout près de moi ; ça peut m’arriver ». Et ...pour l’amour de Dieu ! ... que l’art et la culture deviennent lumière, chemin et quête et que nos vies ne soient pas la succession de photos d’un album quotidien qui est consommé mais pas ingéré.

—Tu es une femme courageuse : je l’ai toujours su ...

—Je ne suis pas courageuse, ne te trompe pas. Je n’ai plus une fibre dans mon âme et surtout que je suis très mince et que je me sens épuisée, je n’ai plus une cellule dans mon corps, non plus. J’essaie d’être digne. Et bonne personne, ... la bonté, si discréditée, c’est une valeur. Et je tâche de la transmettre. Je voudrais bien qu’on envisage la grande tâche de récupérer l’innocence. Non, je ne suis pas courageuse... ce qui se passe c’est que j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, c’est que mes pupilles sont sèches et que mes yeux tombent malades... parce que je n’ai plus de larmes, des larmes visibles. Et pourtant je souffre, et j’ai besoin d’abri, de protection, de tendresse. J ’ai le même besoin d’en recevoir que d’en donner aux autres. Il est vrai que ce que je possède, c’est la flamme sacrée de mon amour pour l’Art, pour la vie et pour les âmes sans ombres et pour celles qui ont été sombres mais qui ont pu retourner à la lumière.

—Je réalise que ça fait un instant que tu ne cites pas des poèmes...

—Ce que tu viens de faire c’est ce qui ferait un journaliste de race. Avec un sourire et un commentaire, tu changes l’ambiance. D’ailleurs, tu l’as deviné... j’ai été au point de citer Paul Celan, un poète supérieur, un homme qui avait subi les camps de concentration et que, cependant, a honoré la vie et la beauté. Dans son livre Cristal d’haleine il y a tant de vie, tant de ciel ... écoute : « ...Dans la source de tes yeux/ vivent les filets des pêcheurs/ de la mer errante/ [...]/ Lorsque je renie je suis fidèle/ Je deviens toi quand je suis moi-même... »

—De beaux mots, une belle vie ... il faut se battre pour elle !

—Regarde ce soleil d’après-midi. Et le sourire de ces lavandes qui ont décidé de pousser malgré le dur hiver. Regarde les nuages roses et les bois qui brûlent dans la cheminée, chez moi. Et souviens-toi de Miguel Hernández qui ...

—Je savais... que serait devenue ta vie sans poésie ?

—Elle ne serait pas une vie. À propos de Miguel Hernández, laisse-moi te le citer... « Ah, comme elle est belle la terre de mon jardin. Elle sent un parfum de mère qui rend amoureux... ». Et Yeats : « ...un solitaire élan de délectation qui m’emporte à ce plaisir de nuages ». En plus, personne ne sait que pendant que nous causons nous entendons les Nocturnes de Chopin, qui sont l’art et que l’art c’est la vie.

—Et personne ne sait non plus que, à part les lavandes, Chopin et le feu de la cheminée, on entend aussi la cascade de méls dans ton ordinateur...

—Shh ... ne dis rien... C’est de la musique ! Ce sont des amours sublimes et sublimés. C’est de la certitude. Ce ne sont pas des méls mais des piafs du ciel. Ce que tu entends tomber c’est de l’amour, l’amour de ceux qui ont suivi ma carrière dans les médias et qui regardaient mon progamme Sans Masque (ça va retourner)... et de ceux qui me voient « en » poésie ... c’est un amour aussi grand que celui que j’éprouve pour eux. C’est de la certitude, quand il s’agit des méls des personnes qui écrivent pour la première fois et que leurs paroles m’apprennent que les graines que j’ai semées, germent.

—Je voulais te demander à propos du journalisme, mais maintenant...

—Mais non...le journalisme !Le journalisme est mon excuse pour faire de la contrebande de l’art, des valeurs, de la vie ... ou au moins, pour en faire l’effort.

—Tu veux finir l’entretien avec un poème ... ou avec un fragment ?

—Mmmm...Oui ! voilà que ... Edgar Allan Poe vient de prendre possession de mon esprit dans cet instant même. Écoute : « ...Ceux qui rêvent éveillés connaissent les mille choses qui échappent à ceux qui rêvent endormis. Dans leurs brumeuses visions ils perçoivent les vols vers l’éternité. Et lorsqu’ils se réveillent ils frissonnent car ils réalisent que, au moins pendant un instant, ils ont été aux bords du grand secret ». Bon ...On va faire la révolution des rêves !

Gabriel Bauducco est journaliste et écrivain
Publié dans « Página Digital » - Argentine
Il est argentin et il habite au Mexique.
Traduction de l’espagnol au français faite par Patricia J. Pioli
Pj_pioli@voila.fr


Para poder burlar la realidad, hay que conocerla

Como quienes pelean en la guerra por no matar y, a la vez, mantenerse vivos, Cristina Castello, pelea en la jungla de la brutalidad de la economía que azota desde hace años Argentina. Por seguir fiel a sus convicciones y por no ser una asesina más, de la legión de quienes matan la poesía. Una periodista de esas pocas que han pasado por los medios gráficos, por la radio y la televisión (revista Gente, Viva, la dominical del diario Clarín, radio Splendid, conductora del programa de TV Sin Máscara, docente de La entrevista periodística, etcétera) y que, desde su postura ética, se opone al video clip en que se ha convertido la vida. un vértigo infernal que a las emociones, mata. Eso mismo, su ética para la razón y la acción, la hace ver con ojos de asombro el desparpajo con que se conducen la mayoría de los políticos y los dirigentes modernos. Una modernidad de egoístas y traidores. esos a quienes no les importan los demás, esos que traicionan el espíritu de la poesía. Castello habla de una realidad que no es la que cuentan los medios de comunicaciónentodaAméricaLatina.Señalaladeshumanización y la soledad de los que están en medio de la masa. Y dice cómo salvarse de la locura, a través de las semillas que sueltan sus palabras (G.B.)

 

Gabriel Bauducco —¿Qué es un poema ?

Cristina Castello — Es. como un extracto de Universo, ¿no ? Pero hablo de lo que es poesía y no de aquello a lo cual con ligereza se llama así. Cualquiera, en todas las ramas del arte -ni hablar del espectáculo- se auto titula artista ; como si vos o yo dijéramos que somos médicos, abogados, o científicos. O astrónomos. ¡eso me gustaría¡ Todo el tiempo de cara el cielo. ¡cuánto regocijo !

— En privado me diste nombres de personas consideradas grandes poetas, inmerecidamente, según vos. Nunca lo expresaste como periodista,. ¿es tu primera cobardía ?

— No sé, pero no lo creo. En mis tantas entrevistas enfrenté a los peores monstruos -represores, asesinos, torturadores- y jamás callé. Y si no tuve miedo no fue por valentía, sino por mi hambre de respeto a la vida. Sin embargo, con los supuestos artistas juega otro criterio. Esos malos-o falsos- poetas o artistas pueden ser productos del marketing, pero no son "el" demonio ; entonces siento que no puedo vaciar de contenidos -de creencias- a las personas, si no hay otros para reemplazarlos.

—Explicate por favor. 

— Supongamos que alguien está sostenido por muletas y vos nos las ves en buen estado. Si se las sacás, tenés que darle otra, iguales o mejores. Si no, la persona se desplomará.

—¿Lo intentaste ?

— Sí y aprendí que hay tiempos para decir ciertas cosas. « Hay voces demasiado graves como para que tengan una resonancia inmediata », escribió Oliverio Girondo. Y es verdad : cuando las personas no están preparadas para escuchar, se produce el efecto inverso del que uno desea. ¿Cómo decís a alguien que la letra de esa canción que se cantó, por ejemplo con el retorno de la democracia, es de un mal poeta ? 

—Es difícil, sí. 

— Sí, porque hay un mundo detrás donde además de la poesía, hay latencias espirituales : el aroma, el sonido y la vivencia convertida en recuerdo de alguna estrofa. De versos que son sobre todo, una resonancia interior. ¿Ves que no es fácil el tema ? Y lo mismo pasa con la política : viví muy de cerca -y sufrí- que los alertas proféticos de buenos -brillantes- políticos no se escucharan a tiempo. Nos hubieran salvado como país. Recuerdo que entonces pensaba en aquello de Nietzsche de que hay hombres que nacen póstumos. Y es muy fuerte y terrible, pero pasan esas cosas. De todos modos esta es mi actitud como periodista pues como poeta busco amparo en mi silencio interior y en mi soledad, indispensables.

— Pero tu poesía es reveladora... y rebelde, claro.

—No podría callar porque la poesía es y merece coraje ; porque es una grandeza humana, una ventana a la plenitud y mucho, mucho más. Sin embargo, no me gusta el panfleto ni el grito y creo que con economía de palabras y de gestualidad con ellas, puede haber una tensión espiritual y una denuncia : una develación. La palabra escrita cuando es arte -como el arte en general- puede ser profética.

— ¿Qué casos de palabras proféticas recordás ?

— Muchos, y de pintura y de música. Pero mejor dejame hablarte de Kafka. En El proceso muestra una suerte de modelo de un Estado de terror y se anticipa a la invasión que el totalitarismo hizo después, de la vida privada y sexual. Con la mirada seguramente en el futuro, en La colonia penitenciaria vislumbra las maquinarias del terror del nazismo y esa extraña y enferma relación entre algunos verdugos y víctimas. Y en La metamorfosis, si bien en mi primera lectura adolescente vi en Gregorio Samsa sólo a un bichito, después lo vi como símbolo del destino de millones de seres humanos, que murieron en los campos de concentración. Fijate que él lo llamó Unfeziefer y curiosamente fue esa la palabra, con que los nazis llamaban a los pobrecitos que morían en las cámaras de gas. Recordemos que Kafka murió en 1924. ¿Fue o no profético ?

— Me impresiona. 

— Nos impresionará siempre, porque creo que el arte puede desaparecer recién cuando la pregunta sobre la existencia de Dios deje de tener vigencia. Pero ese interrogante será eterno. Y eterno será el arte. Hasta las cosas, según Jacques Brosse están contentas de ser vistas por los poetas y anhelan que ellos las miren. No es poco, ¿no ? 

— ¿Y qué dicen de esto los críticos ?

— Los críticos. los críticos, salvo excepciones, poco saben. Muchos -no todos- son artistas frustrados, otros negocian y/ o se venden y muchísimos son parciales. Dicen palabras como profundo, inefable, obra metafísica (a aquella que no saben cómo encasillar, porque necesitan encuadrar en algún ismo). ¡y ni qué decirte el abuso que hacen de la palabra misterio¡

— Al misterio entonces, ¿qué es ?

— A ver. « Misterio. ¿Por qué danzan los árboles ? Porque el viento. ¿Y por qué el viento ? Porque Dios. Y si Dios... ¿por qué no estás acá ? » Bueno, esta fue otra disgresión : se me ocurrió jugar con palabras mientras miraba el arbolito de mi terraza. En realidad, creo con Gauguin que el misterio es la única certidumbre ; y lo acecho y lo apremio y a la vez lo espero, paciente, porque es una de las bellezas de la vida. Pero cuidado : hablo del concepto y no de las personas que juegan a misteriosas y no son más que hipócritas y con máscara.

—Cristina Castello, ¿qué papel debe jugar el Estado en materia de cultura ?

—Debería -tené en cuenta el tiempo del verbo- debería hacerse cargo de los problemas fundamentales del financiamiento de la cultura, como ocurre en algunos países del llamado Primer Mundo... aunque ninguno está bien en estos tiempos. En esta castigada colonia del « Norte », que somos quienes vivimos en América del Sur, -¿países todavía ?- todo se deja en mano de los auspiciantes privados. Y a ellos no les interesa fomentar la cultura : mientras más ignorante sea un pueblo mejor será para sus intereses.

—¿Cómo es en otros países ?

—No tengo datos de hoy pero te doy un ejemplo. En Alemania el aporte de los sponsors era hace dos años, del cuatro por ciento. Nada más : del resto -que es la totalidad- se hacía cargo el Estado. Kathina Dittrich van Weeringh, especialista alemana en cuestiones culturales estuvo entonces en Buenos Aires y señaló el concepto más que interesante, que sostiene junto a sus colegas europeos : « La menor cantidad de Estado posible pero todo el Estado que haga falta ». Pero hablamos de Europa, y aunque ahora también tiene problemas, es otro mundo. acá querrían todo el Estado que haga falta. ¡para robárselo¡ No olvido que durante la terrible presidencia de Carlos Menem, un alto funcionario de Santa Fe (provincia de Argentina), se robó todo y también. ¡un puente¡

— Si no fuera trágico, sería para reír. ¡qué horror¡ ¿Qué me decís de la educación ?

—Que no se educa : se prepara a los niños y jóvenes para los valores de la Bolsa y nadie tiene conciencia de sus derechos ciudadanos y ni siquiera de los que le otorga la constitución como persona humana... ¡ni qué hablar de lazos fraternos¡ « Hay una palabra que me exalta, una palabra que nunca he oído sin estremecerme, sin sentir una gran esperanza, la más grande de todas. La de vencer a las fuerzas de ruina y de muerte que agobian a los hombres. Esa palabra es fraternidad ». Lo escribió Paul Eluard, y creo que la fraternidad, precisamente, es una de las salidas. Pero es tan grave lo que ocurre en Argentina -sobre todo a partir de los genocidas del período 1976-1983 y del « gobierno » de Carlos Menem- que las personas están más ocupadas en sobrevivir, que en vivir.

—« Una de las salida »", decís. Nombrame otra.

La gran salida es la ética, para -entre otras cosas- abolir este pensamiento único. Pero me refiero a la ética de las ideas y a la ética de la acción, como escribió hace años un pensador argentino.

 -¿Hacia un nuevo humanismo ?

— Digamos que hacia formas humanas de vida. Y para eso es importante que la cultura contenga la posibilidad creadora y no la mera transmisión de saberes emparentados con la tecnocracia y tendientes al exitismo ; porque así se forman seres deshumanizados -parecen mutantes- llenos de aparatos electrónicos y con el alma vacía. ¿Sabés qué pasa ? La sociedad está fragmentada y a partir de allí, todo lo que se da con el nombre de cultura son también fragmentos. Fragmentos de la nada. Es la estética del video clip. 

— No hablás del video clip como valoración estética. 

— No, hablo de la vida como video clip, como explosión de fragmentos. Modo de publicidad al fin, aunque su origen fue la difusión de música, su objetivo es el consumo. Y si bien al principio estuvo dedicado a la juventud, la televisión incorpora cada vez más elementos suyos. La vida parece un video clip y en ella la velocidad y el vértigo tienen la batuta. No existe la pausa y se dice nada con la apariencia de que se dijo todo. Importa el movimiento, aunque anestesie. O por eso mismo. Los valores son descartables. Son antiguos el debate y el diálogo, la palabra es anacrónica y pensar es vetusto. no sea que se nos ocurra vivir a conciencia despierta. Entonces me pregunto : ¿el mosaico del video clip nos ubica en el mosaico de la existencia ? Lamentablemente, parece que sí : imágenes aceleradas, vida acelerada. Aquejados de apremio, olvidamos transitar la existencia como posibilidad creadora. Y yo me opongo y sigo luchando para que, quienes sacralizamos la vida, sigamos en la misma senda.

— Quisiera pensar que lo tuyo es pesimismo, pero veo tus palabras como una película de la cotidianeidad. 

— No soy pesimista. Creo en la vida y por eso digo estas cosas. Y repito por milésima vez uno de mis lugares comunes : para poder burlar la realidad, hay que conocerla. Y todo lo que digo y hago públicamente y en privado, es un intento de contribuir al cambio : la vida no puede ser tan miserable y con tantas personas sufrientes. No puede ser, no puede ser. ¡no quiero, me niego a que sea así¡ En cambio, quisiera que viviéramos como hacía Nicolás Poussin en sus pinturas, cuando incorporaba la teoría lingüística de la doble articulación. Con minuciosidad admirable realizaba cada parte de ellas, con la misma dedicación y esmero, técnica y obsesión, que ponía en todo el cuadro.

— Así debería ser nuestra vida.

—Sí, porque nada menos que la vida es lo que está en juego. ¡ Pero el video clip de nuestras propias vidas, nos hace dar importancia al éxito, más que al triunfo. Nos despedimos de todos con besito -como fórmula y sin cariño- y estamos en contacto : interesa más el follaje que las raíces y las palabras o la palabra, no quieren decir nada. Tampoco hay espacio para pensar, ni para sentir ; es como si tuviéramos que vivir en estado de coctelera. ¿Y dónde la tibieza y la capacidad de locura ; y la alegría y el entusiasmo y el deber de la belleza ? Parecen en retirada -creo que sólo parecen- y por eso creemos que perdemos tiempo con los afectos hondos, con la lectura, o si nos asomamos al prójimo.

— En cambio ese es tiempo ganado, en vida, en intensidad. 

— Absolutamente, pero hay tanta enajenación hoy que no valoramos que usamos ese tiempo, para ser personas ; ni nos damos cuenta de que, como escribió George Steiner, reemplazamos ingestión por consumo. Y con el mero consumo, el arte, al amor, la política, la religión. ¡la vida ! pierden su poder de implosión : de explotar para adentro.

— Cristina, ya mismo,. ¡vamos a « burlar la realidad »¡

— Ya lo estamos haciendo con este diálogo. A ver si podemos dejar de vivir jadeantes de urgencias. Y para que la unión entre todos, no esté basada sólo en la convocatoria a unirnos por la inseguridad diaria que vivimos en las calles y en nuestras casas ; para que esa unión sea fraternidad. Para que esa unión sea unión, entrega, amor y no la máscara solidaria del miedo : « cuidado, me pasó cerca, me puede tocar a mí ». Y. ¡por Dios¡... Para que el arte y la cultura sean luz, camino, búsqueda ; y para que nuestras vidas no sean una sucesión de fotografías de un álbum cotidiano que se consume, pero no se ingiere. 

— Sos una mujer fuerte : nunca lo dudé. 

— No soy fuerte, no te equivoques. No tengo una fibra más en el alma y sobre todo con mi delgadez y cansancio, tampoco una célula más en el cuerpo. Sólo trato de ser digna. Y buena,.. la bondad, tan desprestigiada, es un valor. Y trato de transmitirlo. Quiero que hagamos la gran empresa de recuperar la inocencia. No, no soy fuerte... simplemente lloro para adentro y mis pupilas se secan y mis ojos se enferman... porque no lloro con lágrimas visibles. Pero también yo sufro. Y también necesito abrigo, cobijo, amparo. Ternura. Y lo necesito tanto, como necesito darlo. Tengo, sí, la llama bendita de mi amor por el Arte, por la vida y por las almas sin sombras o por las que tuvieron sombras pero pudieron volver a la luz. 

— Pensaba que hace unos segundos que no citás poesía. 

— Esto que hacés es de buen periodista. Con una sonrisa y una observación, cambiás el clima. Además, adivinaste. estaba por citar a Paul Celan, un poeta superior, un hombre que padeció los campos de concentración y que, sin embargo, hizo tributo a la vida y a la belleza. En el libro Cristal de Aliento hay tanta vida, tanto cielo. escuchá : « ... En la fuente de tus ojos/ viven las redes de los pescadores/ del mar errante./ [...]/ Sólo al renegar soy fiel./ Soy tú cuando soy yo... »

—Bella palabra, bella vida. ¡a pelear por ella¡

— Y mirá el sol de esta tarde. Y la sonrisa de esas lavandas que decidieron nacer en este invierno crudo, para darnos testimonio de vida. Y mirá las nubes rosadas y los leños prendidos acá, en mi casita. Y recordá a Miguel Hernández que. 

— Yo sabía. ¿qué sería de tu vida sin poesía ?

— No sería. Y lo de Miguel Hernández, dejame que lo diga. « Ah, qué buena la tierra de mi huerta. Hace un olor a madre que enamora. ». Y lo de Yeats : « . un solitario impulso de deleite me impulsa a este placer de nubes ». Y nadie sabe, pero contemos que mientras hablamos escuchamos los Nocturnos de Chopin, que son el arte y que el arte es la vida.

— Y nadie sabe tampoco que entre las lavandas, y Chopin, y los leños, se escucha también el sonido de los mails que caen y caen en tu computadora. 

— Shh... no digas nada. ¡Es música¡ Son amores sublimes y sublimados. Son certeza. No son mails sino gorrioncitos del cielo. Esto que cae es amor, de quienes siguieron mi trayectoria en medios gráficos y/ o de quienes veían mi programa de televisión Sin Máscara (volverá)... y de quienes me ven « en » poesía... es un amor tan grande como el que siento por ellos. Y es certeza, cuando son mails de personas que escriben por primera vez, y con sus palabras me enseñan que las semillas que sembré, germinan.

— Quería preguntarte sobre periodismo, pero ahora. 

— No. ¡qué periodismo ! El periodismo es mi excusa para contrabandear arte, valores, vida. o por lo menos para intentarlo.

— ¿Cerrás la entrevista con un poema. o con un fragmento ?

— Mmmm. ¡Sí¡ A ver. Edgar Allan Poe tomó posesión de mí en este instante. ahí está el misterio. Escuchá : « . Los que sueñan despiertos saben de mil cosas que escapan a quienes sueñan dormidos. En sus brumosas visiones, captan vuelos hacia la eternidad-. Y al despertar se estremecen al comprender que por un instante, estuvieron al borde del gran secreto ». Bueno. ¡Vamos a hacer la revolución de los sueños¡

Gabriel Bauducco es periodista y escritor.
Es argentino y vive en México.
Publicado en Página Digital

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