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 Article publié le 31 octobre 2009.

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C’est comme au bord d’un sentier fleuri où l’humidité féconde abonde, marcher alors prend un sens autre que cette stase déplacée qui relance sans cesse le corps vers lui-même, là, dans l’affirmation vitale d’un but à atteindre, dans les muscles, l’exercice musculaire et radiant d’une force qui va, dans un élan jalonné de regards qui se posent sur un lieu aimé qui serpente le long des lignes de fuite d’une pensée nomade  : exister alors, c’est marcher seul à tout jamais sans but aucun, dans une sorte d’extase, toute composée des odeurs âcres des fleurs et des plantes écloses dans la vigueur de l’instant renouvelé, des bêtes volantes qui bourdonnent ou qui pépient, des arbres qui penchent avec nonchalance leur ramure, quand l’eau de la plus récente pluie dégoutte des feuilles luisantes sous le soleil retrouvé…

La compagnie des arbres et des fleurs, des bruits et des odeurs ne laisse pas d’exacerber la solitude profonde qui étale sa misère inaperçue. Vaincre la misère, dans la détresse d’une destinée assumée, dans le refus des compagnies auxiliaires et vaines, des amitiés fourbues, loin de tout spectacle du bonheur qui déchire le cœur assourdi, voilà ce qui s’offre à qui est pris par le chemin, des heures durant, dans cette impression déchirante que revenir au point de départ ne sera tout à l’heure que le recommencement d’un nouveau départ qui n’en est pas un, car enfin il est impossible de se départir de la solitude qui s’impose à vous dans la compagnie de la nature riante ou dans celle, pesante, d’êtres qui ne peuvent se mettre à votre place, auxquels, par ailleurs, vous ne pourriez au grand jamais infliger une demande aussi exorbitante.

Une marche à trois temps commence. Elle a peut-être commencé depuis toujours, mais vous ne l’aviez pas perçue, tout occupé que vous étiez à marcher droit en rang serrés.

Temps mort et temps faible préparent l’écart natal du temps fort qui se cherche à travers temps. Ça a lieu tous les jours dans les muscles des jambes et du torse, dans les reins et dans le cou. Pas encore sereine, la marche qui fait plier les genoux de la flexible présence à soi qui se décline ironiquement en stances tantôt lourdes, tantôt légères, pesantes ou aériennes, là, dans la lumière des yeux, dans le sang qui ne se fige pas, dans le cœur battant, dans une haleine puissante, par la grâce d’une marche forcée vers une danse qui se cherche dans un corps habité par une pensée avide de sourires et de regards, de mains serrées et de tendres baisers.

 

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