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L'homme
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 Article publié le 31 octobre 2009.

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1. HOMME


Las
De jauger la distance des regards
De vivifier la sève des revirements
Pour existence
Je plaide
L´infidèle absence aux contentieux du monde
Je deviens infidèle
Incident
Devant moi se dresse
La perfection rare de l´oiseau
De l´aile
La résilience de la page
Des mots
Et ces paroles qu´on croyait frêles
Révèlent
Au-delà de l´insoumission
Au-delà de
L´action
La sérénité évidente d´un autre moi
Ce moi imaginé
Moi androgyne
Césure d´étoile sur les continents vagabonds
Je ne veux plus connaître des aubes bruissantes que cette infime tranche
de ciel
Entre rose et pourpre
Vibrances
Qui de lendemain
Me font renaître
Homme


2. LA DUPLICATION DE L´ÉNIGME


L´abrasion du tumulte
Le merveilleux
Qui était à volonté homme ou saumon
Célébrant la renaissance alchimique
Cette botanique où on l´imagine

 Génie

Pourvu qu´il tende
Un astre à l´escale des voyageurs
Dont les couchers de connivence ancestrale
Poignardent les vagues du jour


3. FÊLURE


Et puis il y a toi
Énigme
À coté de moi
Je ne peux résister à l´appel de tes sens car tu es là
Tellement las et fruit des espoirs comme on peut être fruit de l´érosion

des lourdeurs du sang
Je te crois
Je te crois
OK
Tu es lumière
Et je veux te voir tel
OK
Voguons sur les ailes sur les émoluments de l´aube
OK
Je te suis car je suis curieux du réel de la finalité au seuil je suis
rosée humidité
Comme sous ta paupière
L´enveloppe fluide
Je voudrais être
Eau

Toi
Assis
À côté de moi
Enfant du soir
Enfant des lombes de la nuit
Comment te décrire
Charme
Laissons sourdre la lueur des anfractuosités
Laissons poindre
Non
Putain
Je ne saurais vivre sans cette lente
Ondulation
Ces miasmes
Ces effusions
Ces oriflammes
 
Tu as bu
Tu es beau
Et pourtant tu me sembles roc
Infranchissable
Roc
Infranchissable
 
Et tu fuis
Mon avenir
Tu fuis


4. DRISS


Sous la courroie serrée des possibles
Je rêve
Des empâtements d´haleine des écoles de saumons vouées
À l´extinction
Des liquides qui nous dévalent l´œsophage pour noyer le souvenir des
alcools oubliés
Qui défroissent
Les ailerons irisés des sirènes de la nuit
Bues sans rémission
Sans rage
Sans raison
 
Un bouquet de jambes brunes me sourit
Un bouquet de jambes
Un puits de douceur
Une épitaphe de rayons
 
Toi
Driss
Ta bouche et tes yeux
Driss
Ces évitements d´adolescence indigérés
L´accident de tes lèvres
Ces molécules qui nous traversent
Incessamment
Tes petits cafés serrés
Driss de Meknès
Tes accents d´humilité
Qui laissent
Séquelles
Ciel
Qui crissent
Ciel
Sous les vents
Comme grains de sable
À jamais fichés
Entre mes dents
 
Grains de sable dans
Ta lumière


5. ÉCRIRE


Il y a écrire et écrire
Aujourd´hui j´écris du bout des tempes
Comme un plaidoyer morose pour l´avenir ou la fonte des glaciers
Ce futur de nos pairs qui nous anime à peine
J´intervertis les sens dans ma petite retraite d´argent et refuse
 
J´écris ces champs bourrés d´insectes qui nous frôlent les cuisses qui
nous caressent
J´écris les ébats langoureux que connaissent nos filles et nos mères
J´écris la résilience de l´homme avec une certaine sensualité
Connaissance et conscience
J´ouvre
Une nouvelle partie de jeu au monde impromptu
 
Un semblant de révélation à la saveur trop rare et écœurante de papaye

mûre

Comme toi
J´écris pour défier le temps
Mais qu´est-il vraiment que je puisse défier
Ni mon ombre
Ni l´ombre de mon chien
On connait la chanson
 
J´écris pour en finir avec la vie qui m´épuise
Avec ses litanies de civilités hebdomadaires
Qui me font rire ou sourire ou franchement chier
J´écris pour me libérer ou pour mieux me lier
Car j´aime ça
Autant que l´alcool
Autant même que les hommes
 
La peau a ça de bien qu´elle ne parle pas
Même sous la pression
Même sous la torture
 
La peau ne dit mot et ne saurait sérieusement s´écrire
Elle goûte et elle sent
Elle perle de plaisir
Elle brille ou s´éteint comme un astre noir baigné de lune

J´aime écrire et ça défie
Ça dépasse
Les commentaires
Comment commenter l´obsessionnel en nous les mots seraient caducs
J´aime écrire comme j´aime adouber certains corps offerts
Qui nous décuplent les tissus
J´aime les honorer
Puis les maltraiter
Avec politesse et sophistication
Et parfois pas
(La sophistication est un luxe qui se paie comptant au royaume des sens)
 
J´aime écrire lorsque le désir point en moi et que je le sens là prêt
à
éclore entre mes doigts
Ou lorsqu´il se perd
En colliers de solitude
 
J´aime ce goût du verbe tendu
À l´hypoténuse
 
Et de toi
Cette chair diaphane
Que je m´évertue à dévêtir

6. TON NOM

Dans la chevelure du soleil je veux me laisser entraîner
À la remorque des caravanes sur les miroirs saumâtres
Être poussière dans leur sillage
Fossile au cœur de roc je veux
Écarteler les fontanelles de schiste pour m´y enfouir
À jamais disparaître sous les glaces
Et avec ma chair y sceller ton nom

7. LE RÊVE


Et
Ce gouffre où s´éveillent les sirènes l´atteindrons-nous
Glisserons-nous
Jamais sur les pentes amaryllis clôtures liserées de pourpre
Nous les descendants du peuple de l´eau
Des nations de l´or noir
Embrasserons-nous encore l´écorce
De vos racines
Les marbrures
De vos pelages

Stries verticales
Moire à la surface
De l´œil

Dans nos bouches
Scansion sans savoir
Chairs tuméfiées
Nerfs
Carbonisés
Nous avarions les cardinaux
Message tari dans la gorge des femmes
Failles désormais stériles paupières suturées
Ventres gangrénés
Poussière

Pierre

Pour réfléchir l´azur
Ni yeux ni larmes

Rien

Non
Aucune langue ne franchira plus l´erg
Qui désaccouple nos lèvres atones

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