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L'Éros binait
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 Article publié le 14 juillet 2009.

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L’Éros binait
Jean-Paul Gavard-Perret

 

BONJOUR MONSIEUR LE FACTEUR

 

Avant je fabulais, facteur farfelu radoteur, jeté dans le sexe en satané guérisseur. Ah si tu m’avais connu en assassin d’une vieille postière ! Je lui au coupé la boule car elle me prit pour un timbré sous prétexte je voulais lui relever sa jupe ! Elle s’appelait Nunusse et était rousse de gorge. Mais passons. Mes traits actuels sont véridiques même si j’ai moi aussi bien vieilli. Ma tête est ma tête, je n’en ai même jamais porté d’autre et nul ne l’a coupé. Fin poupon, cul juché le jour exact de ma première photo qui montre à qui veut la voir la forme exacte que j’avions lorsque j’étions poupard. Toujours babillant mais semblant déjà posthume. Peu enclin aux poses de genre je fis ni plus ni moins cas de l’imposteur photographique que les deux versants de ma lune. J’ignorais tout de ma candeur. J’ignorais d’ailleurs qu’il me fixait la croupe et le museau. Il se put d’ailleurs que ce photographe ne soit personne d’autre que mon père. Pour une fois il avait du quitter sa poularde de sa saison des amours. Elle lui réchauffait le caisson à âme et il lui répétait : me casse pas l’épine, ne me brise pas l’écorce. Mais il faut que cela reste entre nous. Dieu ait leur âme et lux in tenebris lucet. Même si pas de bien jolies manières. Ma mère lui hurlait dessus comme une louve si bien que les voisins frappaient la cloison. Refrappez trognassons, refrappez pour me donner des basses. J’admirais leur forme physique capable de rouvrir leur tombe à tout moment. Silence à eux et silence Nunusse. Paix à leur cendre. Pax in tenebris lucet. Que l’on plante autour des lits tombaux d’horribles drapeaux et des cierges. Sans qu’ils soient pour autant de graisse humaine. Mais qu’ils n’en lancent pas moins des vapeurs funèbres aux âmes dévissées. Sachez que je suis devenu un bon mériton. Je ne danse plus la gigue de la bête à deux dos. Fini le ahan que je lançais en saccadant. L’heure a sonné. Mes prétentions gymniques ne m’encoublent plus. Arrière le postère, j’ai pris, comme Paul, la poste austère. Jamais grinche, jamais grognon. Trognon serait le mot s’il pouvait seoir à la vieillesse engeance. Je ne sors plus du crâne en limant. Mon masculin a remis ses pantalons. Tout mon bas bastringue est remisé, les outils bien rangés : nœuds et feu, rien ne dépasse. A peine si une voisine vient me rattacher les bretelles puisqu’aucune ne se fait d’illusion sur la bête. C’est plus de braguette qu’il faut parler mais de targette m’a dit l’une d’elle. Tout y est flagada. Y valsent les plantes et leurs fanes. Je suis le funambé qui ne sait plus quoi faire de son manchon sinon pisser dans le sable tant que le jet se peut. Piédeston je tombe. Jambule je cogne le son, tout juste bon à astiquer l’âme par l’arrière le jour des Rameaux juste après la confesse. On appelle ça l’automne, le blues, la brandade. Que Nunusse me pardonne du haut de toutes ses vergetures. S’il y a un dieu il l’a déjà recueillie dans son gras sabrier. Coupée trop tôt, morte d’avoir refusé qu’un peu de sperme lui soit versé. Le vie lui fut bien dure. Vulvet devoret mucum genitalium concubisse amen. Je la couvre de mes larmes, j’ôte ma coiffe en repentance (pennum testa cunno lucum maluisse caputum et reviviscens) pour laisser nu mon crâne chenu qui ne tourne pas rond. Fini la pousse, je vais sa vider calabasse comme on viderait un pot de chambre. Mises bas, mes pensées puantes prendront une bonne odeur de pied. Qu’elles virent criquet du renflu. Du placard où je l’ai cachée Nunusse m’en soit témoin. Courage ma fille, courage l’homme que tu crus fou a valé son latin. Refrise ta louche. Le facteur sonne toujours deux fois.

 

 

LE JOUEUR

 

Enfant de fer cherchant a jeter ses clous sur le ballon. Qui tombe ici d’un pouce tombe d’une brasse. Camarades je veux vous parler bouc. Minute, mettons les voiles, faisons exploit de nos corps. Faisons du foot une danse légère puisqu’il demande tout des pieds. Troussons le ballon sur le champ, come une femme, reprenons du début, jouons les Cantona, les Zidane. Ici ce sont mes pieds même si j’ignore jusqu’à leur nom. Mon corps se dresse dessus afin d’écouter les clameurs de mes deux oreilles. Ma langue parle toute seule au centre et ma tête n’entend plus ce qu’elle me dit. Mais laissez moi vous dire que je ne vais jamais bien plus loin que le bref. Moi aussi si l’on me juchais, si l’on me regardait je verrai plus loin que mes orteils. Dépêchez vous, dans cinq minutes on m’enlève le pansement de mes pensées. Excusez je n’ai pas bien suivi, je n’ai pas toute ma tête. Elle siphonne tout, carbure au brouillard. Elle dit outre boule tandis que je shoote le ballon au dessus de la barre transversale. « Tu balances n’importe quoi, regardez le juché » ils me disent, le vent dans la bouche dont ils sont incapables de boucher le trou. Grand bien leur fasse. Ma mélancolie n’est qu’une pile de nerfs. Je ne suis plus du groupe. Je suis entré sur le terrain juste pour vous dire que je voulais en sortir. Le père Mouaque n’aura pas à ma mettre dehors, c’est moi qui déserte, dévisse. Vous n’y verrez que couic mais gare à la suite. Rats vous mêmes. Bouche, bouche cesse, sèche, sirène descendez, je quitte l’arène et retourne au logis. Où est-il ? Où est-il ?

 

 

FORNIKATORD

 

Je suis l’enfant de viande et de foulgine, je suis l’opéré de la roue avec ma trombine de gnon et mes trous du lampon. Robinet m’agite, je suis gobe à Lulu et aux autres matrones, moucheron et loustic. J’entends coupler encore sans savoir trop comment, mal fouté, sac à merde, trou du coq. Mais non en plumes. Certains me prennent pour un baleineau à cul d’osier mais qu’importe. Gland ne m’aide pas forcément à sortir mais j’offre ma cure à la moindre gousse propre à accepter la décharge de n’importe quel outil. A force mon capuchon verdit. Pour le remplacer je lèche la bardelette, : voilà mes tours de force ou de passe-passe. Je masse à mort, je lape jusqu’au rôt. Froidre qui peut, gloire aux nuées. Rime et chanson là où ma langue fond sous les jupes. J’entre, je sors comme un peuple en lutte. Mon sperme jaillit par les oreilles, il carque de naisce en conduite forcée. Ainsi je fabrique la gamelle d’un enjambement grossier. Lui serre le col si fort que le canal est étranglé. Merde dit-elle à celui qui ne peut plus crier. En avant les lobes pour m’excuser. Mont vieillesse du trou j’ai mal jusqu’aux doctusses. Mais il ne sera pas dit que jusqu’aux trompes je ne souffle dedans. « Vous voulez m’user » dit la plus polie, m’interrompant dans mon tango argent teint entre ses jambons. Les corps sautent encore en valsant du valseur jusqu’à ce qu’ils soient faits et que la foudre tombe dans la multiplication des mains. Pour le porc au crépusculier diktat la scène est délicate. Fesser n’est pas caresser, il faut tâter du derme en un certain doigté. Poince au jet, orne à frise. En avant, en aspirant, boire tout ce qui se passe même si j’ai mal à mes animaux. Mais j’organise les sphères même si je suis vétuste dans l’ovale jusqu’à souffrir cette position. Gras du gland j’entends ni cloches, ni clochons. Je forme à deux une bête étrange, ma tête attaché au croupion et quatre pattes à battre le vent. « Je ferai mieux de trouver un vrai danseur » dit-elle mais le sien s’ouvre encore pour la tige à bouc quelle qu’en soit la nature. Sautez, sautez, langue de vipère, va jusqu’au bout, valse pour qu’elle chancelle et que sa touffe à suintons s’apaise. Me voici Fregoli et Grüss, trousseur sur banquette arrière de 4 L pour qu’elle s’envoie en l’air, qu’importe l’heure et le jour. Qu’importe les paroles et le jeu des pistons. Qu’elle soit enfin couseuse de bourses, réglée sur ma grande Ourse, libre comme le mère qui n’accepte que l’astre de le nuit. Elle aura eu, une fois de plus, le flux et le reflux. Le beurre et l’argent de sa motte. Je serai resté juste jusqu’au bout soucieux de ma dette. Pendu à elle j’ai veillée quelle jouisse d’une bonne longueur de corde et qu’elle me juge à mes mérites. En Falstafe, lutinant pour l’honneur, je voudrais que ce soit déjà le soir et que tout ce soit très bien passé. Qu’elle garde sa médaille je peux bien m’en passet jusqu’à ce que reprenne l’envie de recommencer.

 

 

BOBBIE LA POINTE

 

On m’avait dit « Bobbie est une chanteuse qui a des trous ». Il arrivait même qu’elle disparaisse dedans mais elle s’en guérissait d’amours XXL. Dix sur dix (chiffre non exprimé en centimètres) donnait la dimension de ses performances amoureuses comme le confirma Jayet-Buron dit La Glacière bavard éhonté mais réputé pas menteur pour un rond. Il marmonna à l’oreille des parois de ma tombe à Styx que Bobbie l’appelait Petit Papa Noël. Je n’étais à l’époque pas encore assez sourd pour croire à ses sornettes. Où n’allaient pas se percher les infatués babils et les gloutonneries du suce-dit ?... Je sais bien sûr que toute vie est brouillonne avec ses côtés souterrains et ses aspects furibards mais il ne fallait tout de même pas pousser Bobbie dans les marées cages d’un effréné sabir. Silence La Glacière ! Tu es l’entour loupé, et le Tino rossé de la sémillante que tu as ratée. Niaisement obstiné, tu as l’âme trop courte pour l’embrasser. L’homo automaticus, l’intru masculemain n’est pas fait pour l’adret et la ruisselle de la calinette bobbynette. J’en fis le serment femmelique à la mère Saint Pif qui m’a enfanté en se faisant enfenté. Elle avait fait, et je lui en sui reconnaissant, tout pour ne pas m’avoir. Tout sauf évidemment le nécessaire. Quant à Bobbie elle reta plus prudente. Elle sut instinctivement que les hommes sweet hommes ont leurs fondasses au comble de leurs jambes. Alors lorsqu’ils lui sussuraient leurs mots d’amour à deux trous de balles elle savait déjà tout de leur jambule de lointet carnasson et ce qui en retournait. Pas folle la guêpe. Coupant le jet avant qu’il n’atteigne sa cave à vains, « Glave du randioule » leur lançait-elle en ajoutant « coince toi le recte au lieu d’me souder tes porgannes ». Quoiqu’ils en pensent ils n’avaient plus qu’à l’écouter chanter comme une Jeanne Masse, une France Gallus, une Françoise Hard Dix, une Véronique Sans Son, une Mi-laine Farmer Méditerranée dont il ne pouvait que rêver la soie de son puits. De sa bouche brandissante elle calmait leur trou de bal. Ils en ont encore les couilles drues et battent du brandon à tout rompre. Piffons coincés ils gardent la torche au clair et lui lancent lorsqu’ils se sont vidés « Va au bouc, j’ai giclé ». Mais Bobby n’en a cure : « A mort l’étui, vlà mon blanc chant bourcy ». Ainsi la volvireuse les fait mourir à petit feu. Qu’ils aient la plombe ou pas, une dernière fois elle lève la luette pour leur filer un sacré bourdon. Ayant ainsi mixé son cri aux âmes sons et aux corps aux pieds pris, elle gire du volton. Les vieux parbusses n’ont qu’à relâcher leur sperme à l’intérieur de leur propre chair comme des ex cargos volages et coquets. Revêtue d’une nuisette, en sa loge Bobbie se ponce, pile, âtre avant de rejoindre Dédé la Boulange. Elle s’imagine déjà les bras dans sa farine pour faire de ses rognons une tourte, sachant que tout est bon dans son cochon. 

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