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Robert VITTON
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 Article publié le 14 février 2008.

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Robert VITTON
Désespère !

Pierre SEGHERS a dit de toi : Voilà la poésie ! Une invention sans cesse renouvelée, un jeu des images et un langage à la fois direct et porté sur la musique, une profonde tendresse, enfin une poésie de coeur et de gorge. C’est un manifeste : invention, images, langage, musique, tendresse, cœur, gorge… Peux-tu développer ces thèmes pour nous ?

Bagnard, au bagne de Vauban
Dans l’îl’ de Ré
J’mang’ du pain noir et des murs blancs
Dans l’îl’ de Ré
A la vill’ m’attend ma mignonne
Mais dans vingt ans
Pour ell’ je n’serai plus personne
Merde à Vauban…

Un couplet de Merde à Vauban, paroles mises en musique et chantées par Léo Ferré. C’est ma première rencontre avec l’univers de Pierre SEGHERS. Je pense que cet homme de résistance et d’action, poète et éditeur d’envergure qui nous a quitté en 1987, a perçu tout au long de mon écriture mon amour démesuré pour les mots, mes exigences techniques, mes indignations, mes sensibilités exacerbées, mes souffles impétueux, mes cris d’écorché vif… Tout créateur n’est-il pas un trouveur, un imagier, un fabricateur d’insolite, un faiseur de chants, un relieur d’idées dans les hauts et les bas de sa saison ? J’y travaille.

Quel est le rôle de la prosodie et du style chez toi ?

L’ensemble des règles de versification ? J’y suis très attaché. Que dirait-on d’un peinturlureur qui essuierait, même méthodiquement, ses pinceaux sur une toile ? Que dirait-on d’un croque-note qui écraserait les touches ou pincerait les cordes de son instrument au petit bonheur la chance ? Que dirait-on d’un monsieur Jourdain qui ferait de la poésie sans le savoir ? Je veux dire sans savoir qu’il fait de la poésie et en ignorant l’étude et la pratique, justement, de cette prosodie dont tu parles. C’est un peu fort de café, marmonnerait Balzac ! Mondrian, Turner, Musset, Cros, Banville… Vas-y voir. On apprend dans les livres et sur le tas. Je suis un éternel apprenti sorcier et sourcier. Quarante années de mise à l’épreuve, de doute, de découragement, d’enthousiasme… Le style, c’est une autre affaire, une affaire qui nous dépasse. Le style, c’est une marque de fabrique, c’est une façon de regarder, de se donner à voir et à revoir, c’est un signe de reconnaissance, c’est l’âme et l’arme d’une œuvre – c’est-à-dire ce qui l’anime et l’impose. Les artistes consacrent les artistes. Le style d’un créateur permet à la relève de se projeter ailleurs. C’est la passation de l’artiste des cavernes qui se perpétue. Ce sont les œuvres, ses œuvres nées dans les fers des langages, qui charpentent, qui architecturent, qui construisent l’auteur. Simplement pour dire… Sartre distingue, sans ambiguïté, la poésie de la prose. Où est mon Traité de métrique ? Ces temps-ci, je prends mon repas, le seul de la journée, rue Racine, à la table de Raoul Ponchon. Ponchon, l’employé de banque et d’assurances ? Si les femmes étaient sans fesses, qu’est-ce que nous ferions de nos mains, pauvres humains ? Ponchon, Manet, Verlaine, Zola, Daudet, Degas, Richepin, Mallarmé… Le groupe des Vivants ?

Il s’agit chez toi d’une prosodie assouplie héritée non seulement de la tradition populaire, mais aussi de Nerval, qui connaissait la chanson, et de Corbière, de Laforgue, d’Apollinaire, plus près d’Aragon ou de Ferré. Plus que la prosodie, ce sont les mots qui fignolent ton chant, me semble-t-il.

C’est bien ça, comme tous les poètes d’avant-hier, d’hier et d’aujourd’hui, j’ai hérité, malgré moi, de prosodies remises cent fois sur le canevas. De là, je me suis taillé une prosodie à mes mesures avec l’aide de tous ceux qui m’ont entraîné dans ce périple – artistes, philosophes, chercheurs… - , mais aussi avec l’influence du parler, du chant, des paysages, de la cuisine et de bien d’autres choses de ma Provence natale. La prosodie d’Aragon n’est pas celle de Corbière. Chacun porte sa musique, chante sur sa musique. Tout commence par l’amour des mots, la matière première de l’écrivain. Chacun forge son vocabulaire – j’emploie le verbe forger parce que j’y crois dur comme fer. Le poids, la force et parfois les sens des mots changent d’un lieu à l’autre, d’un individu à l’autre. Quand mes mots tissent un chant capable de masquer les échafaudages de ma prosodie, je date mes écrits.

Tu publies 6 titres chez Le chasseur abstrait. Six livres, pas de simples plaquettes. Et chacun de ces livres est différent des autres, non seulement par le contenu, mais aussi par le ton. Parle-nous de ces livres.

Un livre… On doit pouvoir écrire l’histoire d’un livre, cet assemblage de feuilles le plus souvent de papier, l’histoire de l’écriture et de la confection. Dessiner des récits au burin sur des plaques de bronze, de cuivre, de marbre… L’œuvre prend forme. Le contenu et le contenant ne font plus qu’un. Chaque volume est une aventure unique, une approche étourdissante de soi, une redécouverte des traces et des ressentiments des vécus… Je lasserais ma plume à force de creuser dans les mêmes ornières, dans les mêmes sillons, dans les mêmes tombes… L’artiste avec sa pâte revisite non seulement les sujets intemporels, mais se penche sur le courant, sur le tout-venant de son époque. Mes livres…

Les fées (Illustration par Valérie CONSTANTIN) - Mon royaume de féminie… De mon berceau à mon lit de parade en passant par des puciers des quartiers borgnes, par des hamacs de haute mer, par des paddocks à ressorts criards, par des couches molles, par des pages, des pageots cent fois tournés et retournés, par des plumes de fortune, par des paillasses printanières, par des peautres fiévreux et glacés, par des brancards de roses, par des civières de gué… Mon royaume de féminie.

Les eaux de Castalie - Mes lieux et mes temps d’écritures. Ouvrez les portes, les fenêtres, les soupiraux qui donnent sur mes perspectives, sur mes paysages, sur mes envolées, sur mes pans de muraille, sur la fontaine des Castalides… Ouvrez ! Je vous accompagne. Là, c’est mon atelier, mon établi, mes outils…

Les heures dérobées - Les heures soustraites aux occupations, aux obligations, aux contraintes imposées pour m’adonner à d’autres tâches, à mon savoir-faire et refaire, à mes cheminements les plus scabreux, les plus doux, à moi-même… Les heures nues, mises à nue, dévêtues, percées à jour… Les heures secrètes, comme une porte, un corridor, un escalier… Entrez, la clef est dans la serrure ! Ici, voyez-vous, le Temps flâne, marche, court, s’arrête, revient sur ses pas… Ici, le Temps n’a plus d’heure. Entrez !

Qu’es-aco ? (Illustration par Valérie CONSTANTIN) - Tous ces mots qui nous racontent, qui nous portent, qui nous façonnent, qui nous perdent… Tous ces mots qui font et défont nos joies, nos peines ! Ces mots, mes mots, tes mots, les mots… Ma grammaire, ô ma mère-grand ! Un écrin rouge et noir.

Les nuits rouges (Illustration par Valérie CONSTANTIN) - Des colombes, des arondes, des tourtereaux, des hiboux qui nichent dans mes barricades. Mes chants dans les moissons, dans les marées, dans les usines, dans les rues, sur les barriques en perce… Mes chants de la terre et des hommes ! Mes bouquets de proses avec et sans épines, mes gerbes de rimes, mes compositions profanes, mes soliflores égueulés.. Un coquelicot à la boutonnière, sur les sentes d’un éternel printemps, je vais.

La toccata (théâtre) - Un nouvelliste en panne d’imagination se retrouve pris en charge à l’orée d’un bourg. Quelques âmes vives sont prêtes à se mettre en danger pour le conduire à la gare. Tous ces personnages compatissants placés comme des pions dans son aventure décrivent un quotidien cauchemardesque et ce, sur des morceaux d’une toccata, celle de Ferruccio Busoni.

En préparation : Le marin de Paris, Pièces et Morceaux, Les thaumaturges (théâtre), Les marchands, La Gueuse parfumée.

Chantiers. A la vie ! A la mort, Pour les petits, pour les grands et pour les autres, Le zinc… 

Roland BARTHES pensait, à la suite de MALLARMÉ, qu’il y a deux sortes d’auteurs : les écrivains et les écrivants. Qu’en penses-tu ?

Verhaeren, Gaudi, Barthes. Un train, un tram, une camionnette. Trois morts accidentelles. Roland Barthes est mort le 26 mars 1980. Barthes fait du Barthes ! Que lui reproche-t-on ? De ne pas faire du Mauriac ou du Fombeure ? Les écrivains et les écrivants… Les écrivants et les écrivains… Les passeurs et les passants. Je ne me suis jamais posé cette question. Le temps d’enfiler la peau du Penseur de Rodin… Je me lance. L’écrivant choisit l’écriture et s’en sert, l’écrivain est choisi par l’écriture et la sert. Ça te va ? L’écrivain-écrivant, l’écrivant-écrivain. Sans aucun doute, l’Industrie du Livre qui s’affaire à engraisser ses choux, pourtant déjà potelés, a intérêt - c’est le mot – à mettre en évidence sur ses étals des paroles sans acte et sans suite, plutôt que des voix indélébiles qui témoignent, qui se racontent, qui se retravaillent sans cesse et qui, bon gré mal gré, se propagent. Pas de méprise, pas de confusion, pas de quiproquo… L’écrivant a la part belle. Des recettes, des moyens, la détermination, la course effrénée du stylographe ou le tapotement régulier des touches d’un clavier… Que rapporte-t-il ? Combien rapporte-t-il ? Surtout pas de relent, pas de remous, pas de ressac, pas de vent contraire… Simplement le flux insonore, incolore, inodore de la clientèle… Je ne dénigre pas l’écrivant, mais le système qui relègue au rang des vieux péchés les langages et qui, sciemment, brisent les écuelles et les sébiles de la Création.. Et les écrivassiers ? Et les écriveurs ? J’écris. Et toi ? 

J’essaye, j’essaye partout. C’est tout ce que je peux dire. - D’ailleurs, toi même, tu abordes presque tous les genres avec bonheur. Quelle est la part de narration dans ta poésie plutôt tournée vers le lyrisme ?

Je dis Et toi ?… C’est une façon d’interpeller tout un chacun. Et certainement mon autre moi. Je passe volontiers de la chanson au poème, de la nouvelle au théâtre… En fait, ce sont des écritures complémentaires qui me permettent de me mettre au service de plusieurs structures. Je jubile rien qu’à l’idée de toucher aux mots, d’y toucher dans des situations différentes. Le vaste fourre-tout lyrique de la légende des siècles, écrit Emile Henriot. La Poésie et tous les autres genres doivent tout souffrir et s’interpénétrer. Tu connais ça. La Poésie comme tous les autres genres racontent, c’est-à-dire rendent compte, narrent, c’est-à-dire présentent, détaillent, esthétisent, magnifient. La vie, quoi, avec tous ses langages, des plus orduriers aux plus précieux, qui se mêlent et se démêlent, qui se nourrissent les uns des autres du terre-à-terre au divin.

Il faut traduire tes livres. Qu’y perdraient-ils ?

Ce transfert d’une langue dans une autre… J’allais dire d’un endroit à un autre. Vous n’avez rien à déclarer, Oscar Wilde ? La frontière, un mauvais passage. Je parle des œuvres de création. De toute façon, dans un tel chantier, un auteur digne de ce nom y perd sa plume et ce, malgré la richesse de l’outillage du transbahuteur. Maintenant, je ne nie pas l’importance de la traduction, de la traduction qui nous ouvre des vues, des barrières, des verrous, des randonnées… Un mal nécessaire ? Que dire de la poésie avec ses résonances, avec ses consonances, avec ses cadences, avec ses bruitages, avec ses silences, avec ses pauses et ses poses, avec ses nuances… Les poètes ne se traduisent point, peut-on traduire de la musique ? Je l’entends d’ici, notre Voltaire aux vingt-trois mille lettres. L’impossible me tente tout de même.

Les sons sont intraduisibles par nature parce qu’ils appartiennent à la « résonance naturelle ». Tout juste peut-on dire si un son est musical ou pas. En musique, on peut « transposer », c’est tout. Par contre, c’est la langue qu’on traduit. Non seulement la langue du poète, mais aussi celle qu’il a choisie comme moyen et peut-être aussi comme tradition. Je reformule ma question… Qui peut te traduire : un autre poète ou un traducteur éclairé ?

L’idéal, et encore, serait d’être son propre traducteur pour constater la difficulté de restituer les artifices de l’œuvre, sans compter tous les petits miracles qui échappent à la vigilance. Il s’apercevrait très vite qu’une autre œuvre est en train d’éclore. J’ai quelquefois déceler, au fil d’une relecture de mes écrits, des subtilités. Nous voyons des traductions bien meilleures que les originaux. La traduction est donc tantôt une approche et tantôt une réécriture.

Peux-tu citer quelques noms de poètes contemporains dont l’œuvre te paraît importante ?

On frappe. Entrez ! C’est moi, la Poésie. Laquelle ? Tu en connais une autre ? J’ai entendu parler d’une Poésie contemporaine. Contemporaine depuis quand ? Depuis la Première Guerre mondiale ? Rutebeuf ? Villon ? Corbière ? Rien ne me borne, rien ne me presse. Une Poésie qui s’opiniâtrerait à faire cavalière seule, à mettre au pilon toutes les histoires de l’Art ? Quel gâchis ! Défais-toi. Carre ton derche dans mon Voltaire ou pose-le sur ma chaise design, mais ne reste pas debout. J’ai un reste d’ambroisie. Ça me va, trouvère ! Ce n’est pas avec des idées que l’on fait des vers, c’est avec des mots, m’a encore dit Etienne Mallarmé. Etienne, c’est son vrai prénom. A la tienne, Etienne ! Tu as tes règles ? Pour moi, ni pause ni ménopause. Le rythme dans la peau. Les cadences de mes galériens. Contemporaine, la garce ! Rimbaud ? Apollinaire ? La poésie contemporaine ne chante plus, elle rampe. C’est Léo qui vient à ma rescousse. Je coupe en deux, en trois l’alexandrin. Tu peux le mettre en quatre si ça te chante. Donne ta propre mesure. Tu les entrevois, les horizons nouveaux ? Des rimes nouvelles ! L’extraordinaire est qu’un temps est venu où ce ne furent plus les ennemis de la Poésie, mais les poètes qui la condamnèrent. Là, c’est Aragon, on se prête la main. Mon genre s’enseigne. J’enseigne et j’en bave. Quel genre ? Le genre littéraire, mon rameur. Dévergonde-toi dans les travaux pratiques. Tantôt, qui sauvera ma mise ? Ta mise et ta chemise ! La Proésie ! Souffre qu’ainsi je l’appelle, la Contemporaine. La pelle et la pioche. Creuse ta tranchée ! Que se passe-t-il sur les champs et dans les chants de bataille ? Chi lo sa ? Nous devons attendre… Attendre quoi ? La lumière sur les sépultures, comme dit l’autre. L’art de faire des ouvrages en vers. L’Art ! De mon temps… La Pro-é-sie !

Tu veux dire que rien, dans la poésie contemporaine, ne répond à ton attente ?

Je conteste simplement l’appellation. On peut appeler sculptures des entassements de sacs de farine ou de charbon, une plantation de cippes en plein Paris, un monceau de boîtes de sardines ou de boîtes crâniennes… J’appelle une chatte, une chatte ! Écrit en prose qui veut, mais en vers qui peut, affirme Voltaire. J’en déduis que le globe est peuplé de poètes, de poètes en prose. J’ajoute qu’il ne suffit pas d’écrire en vers pour se dire poète, la versification n’étant qu’une technique dont les rudiments peuvent être assimilés par tous. Un tel vous déballe maints théorèmes et formules, il n’est pas mathématicien pour autant. Lequel des deux, le curieux ou l’érudit, a des chances de découvrir ? La Poésie est une science. Chaque art est une science. Une science ne sort pas que le dimanche. Enfin, pour répondre à ton attente… Toutes les écritures, et même celles de mon temps, m’intéressent avec des gourmandises diverses. C’est une histoire de territoires et non de frontières.

Quelle est la place de la pensée anarchiste dans notre monde ?

Asseyez-vous en rond, nous allons penser la même chose, nous allons priez pour la même chose, nous allons vivre, aimer et mourir… Asseyez-vous en fer à cheval… Ça porte bonheur ? La Presse, la Radio, la Télévise… Les économistes à plates coutures, les philosophes de cabaret, les moralistes des neiges d’antan, les historiens de la semaine des quatre jeudis, les vaticinateurs de la dernière pluie de grenouilles, les sociologues de banlieue, les prophètes de tous poils… La barbe ! Tous ces apologistes de service joliment monnayés, tous ces gardiens des machineries, toutes ces claques sans queue ni tête… Les pantoufliers de Sorbonne ! Pour les facultés tu repasses quand tu veux, quand tu peux. Quelques décennies ont produit, par exemple, plus de philosophes que toutes les époques réunies. Les dernières décades. Fascinant, non ? L’espoir est une vertu d’esclaves. Cioran la ramène. Tant pis pour la soif, camarade, coupons la poire en deux ! Coupons le désespoir en deux, en cent, en mille… La pensée anarchiste pousse entre les pavetons de mon impasse, dans mes jardins impénétrables, dans ma cour des miracles, à la boutonnière des aminches sans dieux ni maîtres, sur la bouche en cœur de ma môme Liberté, à la mitan de mon plumard, dans mes songes, dans mon canon de rouge, sur les cadavres de ma vie… Et Marianne qui boit dans mon mazagran pour connaître mes pensées. Désespère ! Désespère ! Ton désespoir fait que tout est encore possible ! Tu sais, moi, je la fringue cette pensée et je la sors dans les allées du Pouvoir, et je la sors dans mes chantiers lyriques, et je la sors dans les protestations, et je la sors comme tu sors la tienne. Le monde va… Que le monde aille !

Je rêve d’une seule question. Comment ça va ? Et là… J’imagine une réponse interminable, une réponse qui broie tout sur son passage, une réponse qui pourrit toute mon existence. Que saint Mathurin me garde de cette question.

Justement ! Y a-t-il un rapport entre cet anarchisme et cette prosodie, entre ce désespoir et une poésie que la tradition scolaire et quelquefois éditoriale n’a pas retenue en principe ?

Comme je l’expliquais, ayant taillé sans le vouloir, comme par enchantement ma propre prosodie, mon anarchisme, qui ne me quitte pas d’une semelle, prend forcément une grande place dans mes broderies. Qui dit anarchie, dit désespoir. Je ne dissocie pas anarchie, désespoir, prosodie, poésie… Tout cela est un mélange homogène à mon entière disposition. Mon anarchie me débarrasse des préjugés, des tabous, des morales… Je n’ai donc aucune limite, aucune interdiction, aucune autocensure… Devant la page blanche, je n’ai que les fructueuses contraintes que je m’impose. Encore une fois, je n’ai pas décidé d’être ceci ou cela, ceci et cela. Disons que les choses se sont faites. C’est pareil pour tous. Être choisi, nous dispense d’avoir des remords. Quant à la tradition… Je voudrais en dire l’extrême importance. La tradition, c’est des pratiques, des savoirs, des expériences… Notre passé est une mine ouverte, et ses sources et ses ressources y sont inépuisables. Tirer un trait sur la tradition, c’est refuser l’apprentissage. La tradition… A nous de combattre ses méfaits.

 

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