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Seriatim 2
Seriatim 2 - Couvercles des poubelles familiales (Patrick Cintas)

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 Article publié le 12 avril 2020.

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Couvercles des poubelles familiales.

« Des cends là » / Grottes visitées

Par les instances gagnées sur la

Guerre / Ouvrier aux lunettes neuves

/ compulse les épaisseurs de papier

/ porte le tablier neuf de l’été passé

À profiter des bienfaits de la société

Vente & Achats à toute heure / Peut

Lire dans les livres si ça « raconte »

Quelque chose / « Faut qu’ça parle ! »

Ne coupe jamais le son parce qu’il veut

Entendre les choses l’une contre l’autre

Se frottant pour le bien de la compréhension.

 

« Ne savent pas se rebeller »

Au café sous les branchages

Travaillés au couteau avec

Des oiseaux à chasser mais

Ils insistent : comme si on avait

Besoin d’eux / Détruit le nid

Pour prévenir et ne pas avoir

À courir / Vasard joué à pile

Ou face / « la rébellion est

Un art » / On a beau sortir

Les poubelles tous les soirs

Avant l’extinction des feux

De joie : père et mère au lit

/ avec des projets plein la tête

/ d’un été à l’autre et maintenant

L’hiver : pris au piège de la joie

Comme ersatz du plaisir : morale

S’étiole sur le fil des croyances

« dures comme fer » / Poubelle

Des soirs été comme hiver pas

Un domestique en vue : faut

Y aller seul et croiser le voisin

Joueur de mandoline dans un

Quatuor de danseuses du ventre.

 

« Tu l’as descendu (e) ou pas ?

— J’en sais rien si je l’ai descendu !

— Tu sais jamais rien au moment

Où il faut le savoir ! » / Et l’été

Ne se partageait pas sauf « en théorie »

 

Qui n’aime pas flâner si ya quelque chose à faire

D’autre que de se débiner devant les difficultés

Liées à la nécessité de continuer jusqu’à ce que

Ça s’arrête ?

 

Ne raisonnons pas en philosophe

(songea-t-il) ô Grand-Vent venu

Du large où je n’irai jamais parce

Que je ne suis pas fait pour ça.

— Pour quoi que t’es fait alors ?

— Demande aux enfants ! » //

 

Comme ça serait beau une poésie

Aussi belle que le plafond sixtinien !

Gueule émaillée des retours du travail.

Maruxina / Mira como vengo yo / Au

Café exhibant le béret neuf car celui

Qui a longtemps servi s’est perdu

À Venise : elle et moi et le petit lion

« Comme c’est beau ! » / rêvant de

Revenir chaque été : « Est-ce que

T’as une bagnole au moins ? Je veux

Dire une qui peut y aller… » / Poubelle

Pour éjaculation : « Demande aux enfants »

Ou au petit lion venu de loin pour

S’éterniser là-haut : « On a pas idée

(nous) de penser à des choses aussi…

— Qu’est-ce que je vais dire à ma fille à propos de…

— Tu f’rais bien de penser à autre chose… »

Êtes-vous content (ou satisfait)

D’en savoir un peu plus que les

Autres ? / Qui n’aime pas ses murs

 ? De qui hérite-t-on du droit d’habiter

Où ça nous chante ? Comme ce serait

Chouette une poésie suspendue !

Juste pour exercer le souffle / en bas

Soufflant entre ses mains pour voir

Comment ça reprend à l’existence

Ce qu’elle a voulu lui confisquer.

 

Ode / et puis quoi encore ! Des bamboulas.

Mais sans tambours ni trompettes. Fonte

Des neiges tôt ou tard. Les Alpes dans la vitre

Et des morts dans les nécropoles / en cascade

Les morts qu’on n’a pas tués : bamboulas

Au tison : les loups surgis du néant où

La pratique du Bien les avait rejetés sans

En tuer l’âme toutefois / aèdes et rhapsodes

Se partageant le butin des spectacles :

« Si jamais tu reviens pas je te quitte ! »

La tentation est grande : le Monde aussi

Est à la portée de l’égotiste / il ne s’y perd

Pas / ne jamais rencontrer / passer outre

/ chacun son verre ou sa pitance / pas

De complaisance mais par autotélie

/ « ne remonte pas avec le couvercle ! »

Croise un chat qui appartient à Catherine.

Voit de la lumière sous la porte. Craque

La marche. Il attend : mais ne l’entend pas.

 

« Comme ce serait beau, Diego ! » / le ciel changé

Pour le prix d’une chanson ou d’un récit digne

Des meilleures mythologies structurant encore

Le Monde tel qu’on le voit : par écran interposé.

« Il manque une dimension à la réalité » / combien

En reste-t-il ? / le vin coulait à flot / toutes sortes

De vins / menstruels si possible / cratères des éjaculations

À l’entrée / « vous avez l’âge que vous avez / j’en

Connais des plus vieux qui bandent encore »

Friperie à l’encan sur les roofs : ça prend la pose

/ parfums divers mais vus à la télé / « comme

J’aimerais entendre ça ! » / chacun consulte

Son oignon : l’emploi du temps est un principe

/ usage des toilettes / « je ne suis pas venue pour »

Mais vous êtes venue et je vous retrouve / n’ayant

Rien oublié des paroxysmes non verbaux / n’ayant

Rien d’autre à redire / l’été toujours pourri par

La pluie ou les feux : « tout ce chemin pour étouffer

Aussi bien que chez nous ! » / qui suis-je si je n’ai

Pas la chance ? Qui a cessé de me hanter moi aussi.

Quelque chose comme un livre… Pourquoi s’y

Soumettre ? À votre âge ! Avec votre expérience !

Cette connaissance des moindres frémissements

Qui annoncent l’action ! Ne cherchez plus le rythme :

Cherchez-moi. Possédez-moi. Trouvez la poubelle.

Descendez-la. Arrêtez-vous devant le paillasson

De Catherine. Plus toute jeune mais fêtarde.

Bamboulas. Kam-bumbulu. Pourtant dans le silence

De la nuit. Traversant ce Monde entre les guerres

Et les catastrophes naturelles. Entre les êtres.

Caressant au passage. Guettant le vent, la pluie,

Les niveaux, les changements de couleur. Qui

Êtes-vous si vous ne possédez rien ? Sans oublier

Le néant que vous avez creusé sous la maison

De votre père (héritage de la mère) / tristesse

À tous les étages : laissez votre clé au portier

(qui est une portière) / des catherinettes en fleurs

Derrière la grille comme au couvent / « vous

Ah vous n’y songez pas ! Vous n’êtes pas Ezra ! »

Y songeait. Rien de mieux écrit que Molly. Ni

De plus définitif. Monde arrêté en début de siècle

Puis l’ « or du temps » s’est perdu en chemin /

Nous aurons des / petits pirates aux alentours /

Sur les roofs ou les quais : en attente de gloire

/ ou en tout cas de reconnaissance officielle /

Anarchistes au Carnaval des années de joies

Plus liées au pinard qu’aux instances du texte.

Justine et Anti-Justine. Restif à la rescousse. Les

Poètes du crime mis à l’index par des prosateurs

En robe prétexte. Fentes du nombril au creux

Des reins. Au balancier ouvragées. Tenu à un fil.

Rien n’est beau comme ce qui ne l’est pas. Arrgh !

 

« Ma première expérience avec

Le sexe des autres / vous voulez

Dire celui que les autres possèdent

Comme je suis dépossédée du mien ?

Vous cherchez à me faire parler

Pour que je dise du mal de ça /

Mais je ne me souviens plus /

Tout ce que je sais c’est que ça

S’est fini avant / ensuite on s’est

Quitté bons amis / oui oui c’était

L’autre sexe : Oh ! Qu’allez-vous

Imaginer ! Je ne suis pas comme ça ! »

(véridique)

Que se passerait-il s’il ne se passait rien ?

Ou si ça se passait ailleurs qu’ici avec vous ?

Sans famille ni rien à vous dire sur le sujet.

Vous connaissez Nantucket ? Nous aurons

Des romans pour remplacer la poésie.

 

(dit-elle) / l’Histoire sans cesse s’immisçant entre les vers

De l’épopée : « ce qui rend la lecture difficile voire impossible »

Les poids des années puis des siècles : poésie à l’Université.

Chasseurs sachant chasser. Mais Anne ne voit rien venir.

Carcasses abandonnées ou livrées en pâture à la librairie.

Qui sommes-nous si nous ne sommes rien ? Au café sous

Les branchages entrelacés des platanes malades du chancre.

Peignait cette encre de Chine au doigt. Chiures sur le métal

Écaillé des guéridons en rond : la canne aussi, trop vieille

Pour servir encore : son ivoire et ses ciselures : donnait

À admirer plus qu’à voir : ce qui se cachait dessous /

Difficile : entre Molly et Ezra cherchant à exister /

Anne et Catherine au balcon : ni plus ni moins amies

De toujours / à l’Histoire les réminiscences : et les pensées

Du moment : « je te parle d’un temps » : lais grotesque

À la clé du tombeau / « nous aurons » / mais qui n’a pas ?

 

Avant j’aimais les jours de pluie

Pourvu qu’il ne vente pas.

Le vent emporte tout ce qui a

Une certaine valeur à nos yeux.

 

J’aimais la roche battue par l’écume

Et les brisures de coquillage

Pour servir de poème à l’équinoxe.

Mais tu n’étais jamais là.

 

(chantait-il)

 

J’aimais voir mourir le poisson

Dans la flaque aux algues rouges.

Éclats de métal cloués dans le moindre

Plan de roche visité pieds nus.

 

Avant je t’aimais toi même sans la mer.

Je revoyais ce que j’avais connu avant.

Je me jetais en pensée du haut

De la falaise rongée jusqu’à l’os.

 

Mais bien sûr tu ne réfléchis pas

Avec moi. Tu penses à tes petits

Pieds martyrisés par la promenade

Sur le pavé de la belle et vieille Venise.

 

Avant j’aimais la simplicité des choses.

Mais tu compliques les voyages.

Nous allons à Venise sans voyage.

Nous prenons le café au café.

 

Non je n’ai pas connu cette joie

Qui consiste à enfin posséder

Ce que le rêve a cultivé en nous

Depuis si longtemps qu’on a oublié

Si cet enfant était aussi le nôtre.

 

Tsoin.

 

 

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