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Michelle Pfeiffer
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 Article publié le 19 mai 2019.

oOo

C’est un oiseau gracile célèbre, très célèbre, même.
Célébrissime.
C’est une silhouette, c’est un squelette svelte qui fait jaillir des yeux bleu acier, un squelette loin des formes charnelles italiennes, loin, ainsi, de la brutalité du désir ou de son essence archaïque.
Loin du stupre.
Michelle Pfeiffer n’est en aucun cas une convocation à la nette préhension, tactile ou oculaire, suscitant tout au contraire le glissement du regard qui s’approprie peu à peu son enveloppe. Le regard laqué, oui, se fait comme pénétrer, à son insu. Une rugosité germanique est conjointement présente dans l’imprononçabilité de son nom et les contours de son visage.
Garçon manqué, sans doute, femme réussie, sûrement.
Le style de cette femme semble répondre au style de géométrie affective. La finesse et l’angulaire dessinent un squelette sans doute dominé par le visage et les mains. Oui, un visage délicatement taillé à la serpe, un visage dont la sculpture diffuse douceur et détermination. Les pommettes plastiques, étendues, combinées à l’élasticité de la peau, lui confèrent une allure de félidé. Le regard panoramique et légèrement rêveur, le regard onirique propage une clarté dont la brillance s’accentue de par l’émergence du sourire. La souplesse de lèvres plastiques alterne entre ouverture et fermeture qui rivalisent de séduction, peut-être même de perfection. Les mains longues, sans doute douces et fermes impriment leur fluidité dans le plan, s’arrogeant la suprématie du mouvement.
Michelle ou le chant d’un cygne.
Michelle, c’est un lac, c’est une étendue d’eau étale et fermée, bordée par un écosystème singulier, une étendue qui n’attend que la venue du Prince ... une étendue en miroir avec un potentiel lacrymal sans doute hors normes qui pour l’instant sommeille paisiblement. C’est l’accueil qui domine, loin du remous et de ses problématiques.
L’incrustation cathodique, le long des parois, dévoile la multiplication de visages identiques.
Incandescence faciale et décontraction.
Sublime.
Sublimissime.
Sublimissima.
D’un pays neuf et conquérant, c’est pourtant d’un jadis qu’elle semble provenir ou surgir. De ces temps où les tissus royaux et les mobiliers cossus occupaient les vastes édifices domestiques, les grandes habitations privées des dames de la haute société, ou encore de singulières aristocrates. Dont le bruissement de l’étoffe annonce le préambule d’une présence dense, incontournable. Oui, Michelle Pfeiffer est issu d’un temps passé qui se divertit du présent, pour mieux se projeter. Ou laisser la destinée opérer ...
Même dans la plus grande tristesse s’épanchent sa douceur et sa féminité sans limite, l’espace où se niche probablement la quintessence et la subtilité de son éros.
Un éros gracile ...
De l’euphorie à la tragédie, instantanément ou presque elle bascule.
Michelle...-----------------------ou la puissance du clair-obscur.

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