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 Article publié le 5 mai 2019.

oOo

Quelle ode ! Quelle unité ! Quelle chose !

Ce type riait tout seul assis à la table

Voisine de la nôtre remplissant les pages

De son carnet de ce qui était peut-être

Une refonte totale de l’écriture /

Ou bien ce n’était rien de tout ça

Et nous rêvions en observant le défilé

De ceux qui veulent être payés

À la hauteur de leurs rêves d’enfants.

 

Vous ne voyagerez plus longtemps dans cette bagnole.

Exégèse tout le long du chemin, interprétant le nain

Qui dort en lui, comme la muse du mauvais poète.

Ne cherchez pas à paraître moderne alors que vous

Êtes les nouveaux rhétoriqueurs luttant contre les excès

Que dis-je : les outrecuidances de ceux qui sont venus

D’une autre planète pour montrer comment on monte

Les chevaux par temps de corrida / sol y sombra

À tous les étages / cette sensation d’être déjà venu

Et les chants qui accompagnent l’ingurgitation.

Les flics n’aiment pas qu’on leur rappelle

L’échec scolaire qui les a placés où ils se trouvent

En ce moment de votre propre insuccès : bagnole

Bonne pour la ferraille et encore : je crois pas

Qu’ils soient intéressés par la rouille / lointaine

Origine de ces écrits pourtant à peine pondus !

Vous n’aurez pas la race et la romaine ! / copla

Où ce type / qui n’a jamais prétendu être le premier

Des hommes occupés à se reconnaitre dans un miroir /

Emploie ses filles à ravauder ses propre filets / espoir

De bonnes épousailles / perspective d’une réalité

Aux antipodes de la poésie : n’écrivez jamais

Que vous n’êtes pas venus : le ciel en témoigne

Et : « je ne mens jamais » Gloire à vos épodes !

 

Les préoccupations du fils à papa comme de sa fille :

Spectacle du bonheur à tous prix / les revendications

Salariales sur le devant de la scène avant même la nuit.

Cette nuit qu’il faut traverser chaque jour / « l’œuvre

Des étrangers à notre système. » « Je me paierais

De votre tête si j’en connaissais le prix ! » « Éclairez

Ma lanterne ô minus habens de l’état civil ! » Théâtre

De ceux qui ne sont pas venus pour déconner.

 

La modernité crevée comme bête

À peine sortie de la terre nourricière.

Et ces rhétoriqueurs en bandes organisées

Autour des systèmes rémunérateurs /

Non il n’y a pas de poésie

Sans poème mais le poème

Existe aussi bien sans elle /

Populants et savants /

Comme un animal blessé couché

Sur le côté pour tenter de stopper

L’hémorragie rougissant comme feu.

Cette hésitation devant la difficulté

Que la moindre illisibilité

Pourrait opposer à l’attente

Du plus grand nombre

Le poète veut toujours dire quelque chose

Que les autres sont censés comprendre.

Il s’approche d’eux au lieu de les inviter

À participer à son expérience du vide.

Crachant toute la substance

Qui lui sert de fluide binaire.

Un type ou une autre

Qui écrit dans un carnet

Sur la côte où les vacances

Sont le principe d’existence

Provisoire mais bien réelle

Ce type ou cette autre

A aussitôt l’air d’un poète

Personnage à ajouter illico

À la compagnie des étrangers

Qui illustre notre comédie

Les soirs de grande douleur.

 

Cette envie que j’ai eue

De continuer l’article

Par autre chose

Que le bavardage

Copié sur les infos

Circulaires du temps.

 

La poésie ininterrompue suppose une loi des séries.

Or ici l’interruption est le principe du langage osé.

 

Quelquefois le cadavre revient en vainqueur.

Lui qui n’a jamais rien gagné que sa mort.

 

Quelle passion pour les feux d’artifice !

Un flic consultait sa main noircie.

 

Je gagne peu mais je gagne.

Je dis ça comme ça, mec.

 

Possible rendez-vous

Avec la mort ici…

 

« je n’ai jamais été (pas allé)

plus loin que le quai

où mon père embarquait

pour se perdre une fois de plus

sans espoir de revenir »

 

« les idées ça pullulait

comme des parasites

et on attendait le soir

pour ouvrir le toit

à la Lune et à ses enfants »

 

 

« la pluie n’entrait pas

dans la maison de mes pères

alors que la toiture

laissait passer le jour »

 

« avez-vous essayé

de refermer la plaie

comme font les chasseurs ? »

 

« le poème est partout

c’est peut-être ça

qu’on appelle dieu

cette sensation

qu’on en saura plus

si ça dure plus

longtemps que prévu »

 

« comment fonctionne l’esprit ?

quand on saura ça

on saura tout »

 

« on se fera bouffer

avant d’y arriver

le mieux est de

ne pas s’en aller »

 

Escaladant les rochers

Comme si c’étaient

Des chevaux de manège.

Le ciel tournoyant au-dessus

Et les étoiles se multipliant

Chaque fois que le disjoncteur sautait.

 

« Et si tout ça n’avait aucun sens ?

Je pose la question parce que des fois

J’ai l’impression que je me dois

Plus aux hommes qu’à Dieu… »

 

« Dites ce que ça ne dit pas

Quand on se tait soi-même. »

 

« Une belle tranche de cette viande

Cuite sur les deux côtés avec

Un verre de votre vin de famille…

C’est comme ça qu’on l’appelle, n’est-ce pas ? »

 

Et si tout ça n’avait aucun sens… ?

Charme momentané d’une évidence révélée

Par l’agencement des mots.

Une pluie de « poésies »

Sortie des salles polyvalentes

Et des cours de récréation.

Quelque part un pauvre type

Ne supporte plus sa solitude

Et songe à la mort avec ironie.

Seringues des cages d’escalier.

L’ascenseur est en panne kaput

Le bras d’un camé qui aime les vieux

Et s’imagine les respecter.

Nous traversons ainsi nos demeures

Et nos lieux. Celui qui a perdu un ami

Dans un combat à l’issue incertaine

N’acceptera jamais qu’on ironise

Sur le sort des victimes de la guerre.

Descendant cet escalier monumental

Le vieil homme se dit qu’il va falloir

Le remonter / avec le poids des courses !

Mais le camé offre son bras squelettique

Et voilà que commence le voyage incertain.

7 étages de ciment souillé par les passages

« Au lieu de ça j’ai eu cette idée sommaire

De sauter par la fenêtre comme si je savais

Voler avec les pigeons qu’on ne peut

Même pas manger pour éviter les déséquilibres

Nutritionnels. !! Mais enfin, jeune homme !

Vous ne m’écoutez pas ? — Tu me rases,

L’ancien ! » Ils écrivent des romans pour nous

Divertir de ce qu’on sait déjà pour l’avoir

Vécu et avoir même à le revivre tant que

Durera cette existence de hasard sans les dés.

Sur le trottoir une vieille attendait qu’on

Lui offre un bras pour l’aider à traverser

Alors je me suis proposé et j’ai eu envie d’elle.

 

Des tas d’histoires de ce genre

Sur la table aux tréteaux aussi

Peu théâtraux que possible.

 

Vous ne reviendrez pas sur les plages normandes,

Mes beaux alexandrins.

Et déjà cherchant la rime qui permet les voyages.

 

Quelle drôle d’idée

Que de vouloir mettre en vers

Le jour le plus long

De Cornelius Ryan !

Il s’en est fallu d’un cheveu

Que j’y parvienne, Médor !

 

Là-haut un pauvre type songeait

À mettre fin à ses tristes jours,

Ses longues nuits sans rêves,

Cette succession d’échecs.

Seriatim des banlieues de l’esprit.

 

Aujourd’hui ils veulent imposer

L’idée d’une société ville/campagne

Oubliant l’interstice des banlieues

Et les rivages aux réels horizons.

 

L’idée d’une poésie chaos/unité.

Et dans l’interstice ce pauvre type

Qui se sent seul avec sa propre mort

Comme si cette compagnie le préservait

D’une tout autre définition de la solitude.

 

Soit tu veux mourir parce que tu es jeune.

Soit c’est la vieillesse qui te conseille.

Et dans l’interstice, tu passes ton temps

À te demander si ça vaut encore le coup

De revivre ce qui vient d’être vécu, seul !

 

Ils s’amènent avec les décors.

On va pouvoir jouer avec eux.

Les écrivains qui savent écrire

Et ceux qui ne le savent pas.

 

Dehors ces entrées dans les gouffres du spectacle

Organisé par les enfants des propriétaires.

Cirques et théâtres, tournées et projections.

Voire meetings politiques et défilés à la mode,

Genre contestation on veut plus de pognon

Pour nous élever à la hauteur de votre bonheur /

 

Ces gosses qui trottinent sous les cierges en Espagne.

Formant la boule utile autrefois à l’éclairage

Des intérieurs. Rideaux voletant aux portes.

Il n’y avait pas de carreaux aux fenêtres.

No son todos pescadores

 

Comme si le monde était enfin entré en moi

Et que je n’avais plus qu’à en parler

Pour passer pour un poète.

 

« Je ne suis ni plus ni moins un homme. »

Mesurant l’importance des fêtes populaires

Et la nécessité de la rigueur scientifique.

 

« De temps en temps ça me prend

Et je me sers des mots de la chanson

Comme si j’étais en train de séduire

La femme que j’aperçois encore

Dans les rues de mes rêves… »

 

Quel plaisir peut-on prendre

À rechercher l’unité

De ce grand bordel ?

— Mais oh monsieur

Ce n’est pas une question

D’unité ni de cohérence !

Vous pensez ! Nous avons

Dépassé ce stade primaire

De l’évolution cognitive !

Ce que nous recherchons…

 

Pauvre type à l’étage songeant au suicide.

Chaque fois qu’il se met à écrire il renonce

À ce non-voyage au centre de la Terre

Et de ses habitants / voyant l’animal /

Par exemple un chat / tenter de lui inspirer

Une histoire qui ait valeur de fable /

Afin de figurer parmi les grands fabulistes

De l’Histoire / qui en est au fond la seule

Chronique / l’animal au poil si doux !

 

Je dis pauvre type comme je dirais pauvre fille.

Avec sous la main tous les ingrédients de la fuite.

L’argent qu’il faut gagner pour ça aussi !

Toujours l’argent ! Quoique vous en fassiez !

 

« Travailler ou voler, on n’a pas le choix des armes. »

Se poser la question de savoir si ce type (cette fille)

Travaille ou vole pour payer le temps à la hauteur

Du plaisir recherché. Vous n’écrivez pas pour écrire.

« L’art doit servir à quelque chose. » Misère du sens !

 

Mot à mot des passions exprimées à l’écran.

Seriatim des discours conçus non pas pour convaincre

Mais pour éveiller. Cette seule titillation du sens.

Mais lequel parmi tous ces sens ? Soyez fidèles.

 

Baudelaire inventant sa propre histoire

Pour attirer le chaland.

 

Hasard ou calcul des textes qui parlent de nous

En fonction de ce que nous croyons être.

Ce type (cette fille) feuilletant les données

Du suicide dans les pages d’un bouquin

Consacré à la torture exercée en temps de guerre.

 

Inventez-vous une histoire

Plutôt que de chercher un concept.

Parcourez les sentiers du récit

Au lieu de thésauriser dans l’idée.

 

On vend toujours mieux l’attraction

Que l’attente /

 

Choisissez votre camp :

Le jeu (avec ou sans les autres)

Ou la mort (maintenant ou plus tard)

 

No son todos pescadores /

Qui suis-je ? Qui me veut ?

 

Au bras du seul camé de l’immeuble

Il remontait dans ses appartements

Avec l’idée d’inviter cette « aimable personne »

À partager le repas de midi avec lui.

Mais comment le lui dire

Sans lui donner à penser

Autre chose que ce que ça dit… ?

 

Renouez avec l’errance

Parce que de toute façon

Elle finit par faire le tour des choses.

Voilà ce que je voulais vous dire.

 

Du volumen au codex et maintenant le browser.

Qu’est-ce qui m’empêche de lire selon le rotulus ?

Et pourquoi j’ai tant de mal à ouvrir ce bouquin ?

Alors que mon esprit exprime sa joie

Chaque fois que mes yeux se posent

Sur mon écran / Écrivez pour l’écran

Et continuez de lire comme ça vous chante !

 


[...suite]

 

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