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Repli - Chantiers 11, 13 et 18
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 Article publié le 4 novembre 2018.

oOo

Il y a un lien étroit mais surtout un rapport antagoniste entre l’ordre du repli et l’univers d’Avec l’arc noir.

La série du repli a été initiée à l’automne 1999 à partir de trois cycles liés entre eux par une même texture et un même resserrement du vers.

On trouve vraisemblablement la source de cette versification tendue et contrainte (mais pas au sens traditionnel du terme) dans les derniers poèmes de « Jazz », dans l’expérience d’Avec l’arc noir.

Avec moi

tout le semble du

café versé

à corrompre le temps

jamais

l’épuisement du temps

 

/.../

 

Et pauvre de la

pauvreté du temps

il semble !

 

pauvre de cette

effroyable inhabileté du temps

à passer contre nous

 

à former des crochets

qui s’écoulent sous nous finalement

 

/.../

 

massacre vraiment

le temps.

C’était, je crois, l’épuisement d’une énergie brute et agressive qui s’endormait en maudissant le monde.

La série du repli s’émancipe de la matrice de l’arc en adoptant un comportement exactement inverse. Ce mot-thème est une sorte de performatif : je me replie, je dis que je me replie, je plie, je me replie, je dis que mon dire se repli, je me replie sur mon dire, etc.

 

Avec l’arc noir, c’était l’expansion même, la cavalcade. Il fallait même faire entrer « cataclop » dans le vers. L’épopée était désastreuse mais pas plus que la plupart des épopées de ce monde, au fait. On gagnait des territoires.

Le repli est une posture régressive d’une puissance vertigineuse. Il devait accomplir le chemin inverse d’Avec l’arc noir. Il est assez surprenant, dans ces circonstances, que le repli se soit, pour autant, de lui-même démultiplié.

Les trois séries rédigées à l’automne 1999 se détachent nettement, même si elles ont contribué à un autre mythe intime qui était celui de l’adieu (à la série). Leur ancrage est profond. Dès les premières pages de ce catalogue, la tentation du repli est ce qui prime peut-être.

Donc le repli n’est ni une simple séquelle de l’arc noir ni une éventuelle introduction à un adieu fantasmé. C’est une structure.

La structure a connu de nombreux développements qui coexistent aujourd’hui dans un désordre qu’il est difficile de répertorier. Il y a des dizaines de pages auxquelles il faudrait donner ou rendre une forme. Il y a le Carnet intime d’Alain Merzin (2002), qui explique à sa façon les mécanismes du repli.

De ce cahier je voudrais faire une affaire de Réflexe ! comme un jour où je m’immisçais dans un débat - juste pour l’envenimer. Sur le moment et même longtemps après j’étais très fier de moi. Aujourd’hui ce ne serait plus le cas. Je suis moins aveugle que je n’étais alors sur mon cynisme.

Il reste que ce cahier porte le nom d’un homme dont on ne croit pas qu’il ait pu, de son plein gré, en toute conscience, rédiger le moindre "cahier intime". Comment expliquer ? Si même il y a à expliquer, mais je me risquerai à essayer une chronologie.

- L’épisode du stade est désormais bien connu. Il ouvre la première période de "repli".

- Repli avec ses temps ne se confond pas avec le "livre" ou "recueil" intitulé "Repli" — c’est l’expérience qui est visée.

- Un adieu déchirant, aujourd’hui — équidistance de l’adieu entre 1998 et 2002. Or je ne savais pas mais cela m’est depuis lors devenu évident : — Adieu disait Repli x 1000.

- Une rencontre - et pourquoi celle-là ? devait m’ébranler psychiquement au cours de l’été 2002 (cette année, donc). Ou plutôt :

Puis des pièces musicales. En 2003, un Grand repli. En 2004, « Miserere pli » et le Repli au mille plis. En 2006, une « Structure pli ». Et quelques années plus tard encore, le repli s’est vu attribuer une série. Les chansons ont continué. Il y a même eu une chanson relativement élaborée, « Dans le repli », en 2010 je crois. Alors que, dans le même temps, j’épuisais mon ordinateur de séquences dodécaphoniques épouvantablement dégradées pour fabriquer les Variables du repli, ensemble de pièces musicales distinctes du recueil de poème qui porte le même nom mais a été composé deux ans plus tard.

De cette compression un personnage est né : Irpli. Ou plutôt deux personnages puisqu’on ne sait pas bien ce que c’est, sinon que ça paraît sordide et peut-être atroce mais il y a l’ignotron, à la marge.

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