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Oh la nuit obscure !... J'ai pas tout compris…...
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 Article publié le 14 octobre 2018.

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Oh la nuit obscure !... J’ai pas tout compris… ! Mais bon, je me suis réveillée à l’aube, les lèvres enflées et une dent déchaussée. Jacky en avait mal aux phalanges qu’il a fragiles depuis qu’il porte le tablier dans son usine. Pourtant j’avais touché à rien dans sa propriété. Dans mon esprit, Johnny était en possession de Bobby et vice versa. Or, Johnny ne m’avait rien reproché. Il avait même déposé un tendre baiser sur la queue encore raide de Bobby qui n’arrêtait pas de sortir de son rêve. Un rêve auquel j’avais participé à ma façon. Une façon féminine qui ne diffère en rien de l’autre. Mais le poing de Jacky avait surgi de la nuit au moment où je m’attendais, non pas à des félicitations, mais au moins à de joyeux sourires si possibles silencieux et mouillés. Je suis allée valser par-dessus la rambarde de bois épineux. Des échardes dignes des roses où ma gueule déformée et douloureuse s’est imprégnée de ce que les intestins des trois compagnons avaient l’habitude de déposer sans oublier le papier. J’étais dans les chiottes !... Et pas un cri. J’ai pas eu le temps. Je me suis désarticulée sans rien autour, en silence et dans l’ombre pour aller terminer ma course d’étoile porno en plein où il fallait éviter de se vautrer. D’ailleurs, si je m’abandonnais, c’était pas par plaisir scatophage ou simplement stercoraire. Je gisais à la façon d’une morte qui n’arrive pas à se dégager de l’emprise de la Camarde. J’avais déjà vécu cette sinistre situation mais sous les roues d’un camion, à l’âge de faire du vélo.

Je sais pas combien de temps il m’a fallu pour retrouver mon nez là-dedans. Personne ne riait. Jacky frappait les murs avec ses deux poings et son front obtus. Le mec qui descendait vers moi en se tenant à la charpente des soubassements s’arrêtait trop souvent pour se boucher le nez, tant et si bien qu’il n’arrivait pas. J’entendais quelqu’un qui disait que je n’avais pas amené des vêtements de rechange. Et la voix de Jacky envoyait des grognements dans la nuit, maudissant ce Dieu qui n’avait pas laissé l’homme tranquille dans sa solitude et son érection permanente. Personne n’oserait me toucher comme ce Dieu avait soufflé sur la côte d’Adam. Je devais me démerder seule. Et retrouver l’esprit que j’avais toute ma vie protégé des assauts toxiques des substances et des abstractions.

Ce fut Charlie qui se décida à descendre dans le trou. Ou il y fut poussé. Je le reçus sur les épaules. Le salaud bandait comme une bête. Il voulait me sauter avant de remonter. Et il écartait mes cuisses dans l’ordure. Et non content de me pénétrer, il bavait sur ma langue et me mordillait les dents, suçant au passage celle qui menaçait de se perdre à jamais dans cette gadoue intestinale. Jamais je ne retrouverais la parole dans ces conditions. Mais j’en savais trop maintenant pour renoncer à mes droits. maman n’avait acquis que celui de tout me dire. Et pas seulement à propos de Jacky. Je voulais tout savoir du premier au dernier en passant par papa. Hombres que j’intitulerais cette littérature de la trahison et du coup de grâce.

Charlie déchargea enfin. Il en avait mis du temps ! Et maintenant il prenait celui de retrouver son souffle. Il m’écrasait sans se soucier de mes douleurs en tous genres. Sa bite se rétrécissait sans sortir de mon trou. Bientôt, j’allais me remplir de merde par l’entrée la plus précieuse de mon existence. Peu m’importait que je bouffasse de la chiasse à gogo !... Je m’y connaissais en malheur. Mais je me voyais pas revenir dans le monde avec le con merdeux. Alors je l’ai empoignée sa bite. Mais pas comme j’avais saisi celle de Bobby en proie à ses rêves érotiques. J’ai tout pris, la queue, les couilles, les bourrelets et les poils et j’ai enfoncé tout ça bien au fond. Heureux bouchon ! Il aurait pu en crever. Mais moi pas.

Quand je me suis retrouvée dans l’herbe verte, le soleil montrait des signes de retour à la réalité. J’étais débouchée mais pas pleine. Bobby agitait un mouchoir immaculé pour me le dire. Charlie était pendu à un arbre. Il avait pas supporté le retour sur terre. Son bouclier avait fondu ou ses tuiles thermiques avaient été arrachées par les forces du retour. Il était pendu par le cou, le cou plié à l’équerre. Et il tirait une langue couleur merde. Plus bas, sur la rive, Johnny actionnait une pompe en ânonnant. Jacky était allé chercher les flics parce que son téléphone ne captait pas.

« T’es toute propre maintenant, ma chérie, dit Bobby en caressant ma joue gonflée à l’extrême.

— La fais pas parler, nom de Dieu ! » grogna Johnny.

J’en avais pas envie. La douleur multipliait ses impacts. J’étais assiégée par des souffrances inconnues. Paralysée par volonté. Silencieuse car je ne voulais pas encore comprendre.

« Tu diras tout ce que tu sais, disait Bobby en me caressant. Et nous on le dira aussi, ce qu’on sait. Ya que ce pauvre Charlie qui ne parlera plus. Tu diras pas que j’étais là. Promis ? »

J’avais dû promettre avec les yeux. Bobby fila comme un insecte dans un coup de torchon. Le tuyau d’arrosage se mit à danser dans l’herbe, giclant dans tous les sens. Johnny dut arrêter de pomper pour mettre fin à ce cirque. Il remonta et bouscula le cadavre pendu qui se mit à tournoyer. Je n’étais pas venue pour ça.

Et pourtant j’y étais. Les flics maintenant ! Y avait longtemps que j’en avais pas approché. Je les évitais comme les maladies honteuses. En plus de l’humiliation judiciaire, il me faudrait affronter les regards des curieux qui attendaient le brancard. Lequel avait glissé dans la pente pour aller flotter sur la rivière. Lui non plus ne voulait pas de moi.

 

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