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Du danger de déranger en République... (3)
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 Article publié le 7 octobre 2018.

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Comme nous l’avons bien compris la vie a un prix, et elle ne pèse pas lourd quand elle s’oppose aux pouvoirs publics. Fort de cette constatation, il faut être fou pour l’ouvrir face aux hommes politiques, aux promoteurs, à la Police : mais où est la démocratie là-dedans ? Elle fait figure institutionnelle, mais dans la réalité elle est travestie : liberté contrôlée, égalité bafouée, fraternité devenue foire d’empoigne. La société est devenue ultralibérale, et nous nous dirigeons droit vers la perte de nos avantages en matière de sécurité sociale, d’allocations diverses, car le pays se paupérise par la racine et fleurit en haut-lieu. L’inégalité, les clivages font foi, l’omerta est de mise sous peine de rétorsion, et de s’attirer les foudres de ceux qui ont un réel pouvoir sur la masse du prolétariat. On nous désinforme, nous manipule, nous ponctionne, et le peuple se tait car on agit en haut lieu pour ce faire – ça commence à ressembler à une république bananière.
 Dans ce pays de devoirs et non de droits, la parole a un prix qui est celui du sang, comme l’ont prouvé des exemples troublants tels des disparitions mystérieuses, des revirements de situation, des assassinats politiques (souvenons-nous de Yann Piat qui a payé le prix d’avoir clamé haut et fort des malversations immobilières concernant des terrains protégés par le P.L.U., qui impliquaient des hommes politiques, et comme par hasard elle s’est faite assassiner en rentrant chez elle, au Mont des Oiseaux, un beau quartier de Hyères-les-Palmiers). Il ne fallait pas qu’elle parle, et on l’a faite taire à tout jamais. On rase des forêts comme on détruit des vies, sans sentiments, guidé par les aspects financiers, et le bulldozer obéit aux intérêts des tout-puissants. Je comprends les corses qui font sauter tout ce qui dénature leur superbe île, à laquelle ressemblait notre Var il y a quelques décennies. Le bétonnage n’a jamais atteint un tel niveau. On prétend construire des logements pour la population qui augmente, mais cette population nécessiteuse n’a pas les moyens des privilégiés qui eux profitent de ces plans démagogiques à bon prix, celui des investisseurs qui s’enrichissent un peu plus à chaque construction d’ensembles immobiliers destinés aux bourgeois, et des mairies qui récoltent des impôts par hausse démographique. L’immobilier est le cheval de bataille de la région PACA, qui s’avère être un cheval de Troie pour des nantis de toutes origines, et on pousse chaque fois un peu plus les laissés pour compte vers la périphérie des communes, qui se transforment en ghettos où la Police fait de timides rappels à la loi à de petits dealers, quand les plus fortunés donnent dans le grand banditisme. Une phrase de Coluche dépeint merveilleusement cette situation : « Honni soit qui manigance »… Désormais les Coluche n’existent plus, on fait rire à grand renforts de vulgarité, et on ne s’attaque surtout pas à la politique qui est un « milieu autorisé à penser »(encore Coluche), sujet fâcheux s’il en est. Le fou du roi est un vendu, il ne fait rire que la galerie, chaussé de croco et habillé de costumes italiens sur mesure gouvernementale… Quand le pouvoir financier domine, exclut, oppresse, on peut s’attendre à quelque incident que l’on met sur le dos des islamistes, et pendant qu’on fustige l’Islam on se remplit les poches un peu plus, déjà on parle de couvre-feu pour les mineurs, des exécutions à l’arme de guerre prolifèrent, ce qui ressemble de plus en plus au comportement d’une dictature gouvernementale et émet de forts relents de guerre civile. On punit plutôt que de prévenir, réprime plutôt qu’éduquer, le chômage touche la populace, la bourgeoisie touche des dividendes… Ah, que le trône est bon, un vrai laissez-passer pour s’enrichir, s’attirer des faveurs, pactiser avec les grands patrons, faire commerce avec les promoteurs qui sont une véritable puissance à part entière, capable de changer le paysage politique et naturel, et faire taire les récalcitrants aux projets immobiliers pharaoniques en leur versant des sommes astronomiques ou en les intimidant pour les faire taire et se séparer de leurs biens immobiliers : l’argent fait foi, l’argent fait loi, l’argent est roi… Une fois de plus, je cite Coluche (que l’on a fait taire car il gênait en haut lieu) : « L’argent ne fait pas le bonheur des pauvres(…) »…

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