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 Article publié le 7 octobre 2018.

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J’écris sur une vieille machine. Ce n’est pas une Underwood mais du même gabarit. La frappe musclée qu’elle nécessite rythme mon écriture. En arrière-plan, j’écoute notamment Blue Oyster Cult, Secret Treaties.

Ce sont des poèmes qui combinent vers et prose, dans un flux discontinu, vaguement prophétique, pétri de maladresses.

Nous avons gardé le dos au mur. Nous, l’élite. Les autres étaient morts. Ils n’avaient pu supporter l’expérience des signes. Il est une erreur, dans notre attitude - dans votre attitude - c’est l’antisymbolisme.

Ainsi lorsque, au bout d’une longue route dans le désert saupoudré de jaune, vous voyez un de ces signes, vous vous sentez rongé par quelques peur remontant à votre enfance. Ils sont morts de cette rongeure.

Maintenant ils sont dans le désert

Quels sont ces signes ? Moi même je ne pourrais le dire car je ne le sais pas.

Parmi nous il y avait un vieillard. Lui le savait. Il disait avoir deux cents ans et je le croyais. Oui, je sais ça peut paraître stupide mais si vous l’entendiez, il vous serait impossible de ne pas être certain qu’il ne ment pas. J’ignore ce qu’il est devenu mais même mort je sais qu’il est en vie.

D’octobre à décembre 1987, je rédige un premier récit « complet » : Pyramides urbaines et cinémas antiques. A la même époque, un essai poétique intitulé « Le mal-être » (perdu) ; puis une nouvelle : « 788 442 000 ». Enfin, un deuxième essai de récit, Syndromes de mort (perdu une première fois).

En janvier 1988, j’écris une seconde nouvelle. « Sur le chemin du Maine ». Les surveillants du lycée me rendent Syndromes de mort que j’avais égaré. Je me revêts d’une blouse blanche, m’identifiant au professeur Todd.

J’écris beaucoup de poèmes à ce moment. Mais je me vois moins comme un « poète » que comme un « écrivain ».

Un texte (dont il ne reste que la page de titre) .est intitulé : Anecdotes : dix mille particules de perceptions et un flou orchestral. Vraisemblablement, c’est un projet de recueil, peut-être de poèmes. J’esquisse un projet de récit, Mother psychadelik, dont il reste la page d’introduction.

Hurlement - second hurlement

Sanglots

Tranquillement, par un chemin

royal, l’enfant se mène

à la Vie, dernière étape vers

l’Enfer.

Les lèvres charnues et répugnantes de cyprine s’écartent enfin pour te laisser... vivre. Tu sais déjà ce qu’il en sera et tu sais tout sur toi. Il ne te reste plus qu’à apprendre à oublier et... espérer. Mais tu ne sais pas les Mille Yeux qui t’observent. Mille yeux de Neuro-chirurgiens qui pendant des siècles brisés violeront ton âme et tes mondes, pour mieux les assassiner plus tard.

Peut-être eusses-tu préféré mourir en ta mère mais ta mère est morte tout autour de toi et rien ne te protège plus du froid assassin de l’extérieur si ce n’est une glauque couverture de chair morte.

Mais déjà un autre monde t’attend et te guette. Sourire d’un monstre. L’univers semble trembler. L’univers entier est tien.

D’avril à juin, j’entreprends un nouveau récit : (Je hurlais) Au-dehors de toute lumière. L’histoire est celle d’une rock-star qui s’enferme dans une pièce qui peut être sa loge et refuse d’en ressortir si fortement que la porte en vient à disparaître.

Je prends le nom d’auteur « Edzer H. Lhist » à ce moment.

En juin 1988, j’écris une série de poèmes en prose narratifs : « Maisons vides », « L’attente », « Le désert et les médecins »... Et j’entreprends une troisième nouvelle, plus élaborée que les précédentes : « Les choses de la vie ».

Le projet du Sens des réalités se forme en deux temps. L’histoire d’Alain Merzin implose, peut-être sous l’influence de la lecture du résumé d’un film de Pasolini, Théorème, dans l’Officiel des spectacles (mais c’est assez incertain). Puis vient la dislocation du récit lui-même en une accumulation de récits adjacents.

Au récit de Merzin succède la vision du désert et des débris d’histoire qui dérivent se délitent. Enfin, se dessine la vision politique d’un univers à la fois totalitaire et anarchique, « l’anarchie molle ».

La notion était déjà présente dans Pyramides urbaines.

Certaines données m’avaient semblé ambiguës dès

le départ. L’oraison funèbre qui précédait habituel-

lement les cérémonies obscures se jouait en cet ins-

tant. Une musique baroque et synonyme de festin. Festin

qui s’avérerait certainement fastueux et ô combien

ennuyeux.

 

Visages remplis de sourires

écarlates.

 

Les discussions se formeraient forniqueraient puis dis-

paraîtraient au fond de ce brouhaha continuel.

Quelques bastions de discussions se mélangeraient et

l’on rirait pour ne pas céder à l’ennui.

 

Mais au milieu de cette léthargique mascarade, nous ne

saurions profiter des futiles plaisirs de cette

anarchie molle de paroles insensées.

C’est une période teintée d’une profonde tristesse qui se ressent dans les chapitres qui précèdent le printemps.

L’écriture des dernières séquences est plus enjouée en revanche. J’y pose la doctrine néantiste. J’y multiplie les formes d’auto-dérision, parfois franchement potache. Les références personnelles montrent cette extériorisation pas toujours heureuse. La spéculation politique est plus présente également. Ma grand-mère m’avait offert, au printemps, un exemplaire du Petit livre rouge de Mao Zedong.

En avril 1989, Ozzy Osbourne passe au Zénith en concert. A la basse, Geezer Butler. Mais mon horizon musical s’est considérablement élargi déjà. Quant à mon horizon littéraire, il est pulvérisé. Le projet initié dans la foulée du Sens des réalités, intituléRévolution, reste à l’état d’ébauche. Il est étonnant que je ne l’ai pas purgé, lui aussi. Et au moment où je m’apprête à quitter le lycée, ma production se résume à quelques pages que je regroupe sous un titre en forme d’injonction : Dévaste !

 

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