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Un bain de jouvence
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 Article publié le 4 mars 2018.

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J’aurai baigné et mijoté une dizaine d’année dans la jalousie et l’envie, l’amertume et la rancœur, la rivalité malheureuse et l’arrogance à mon égard, et de ce brouet au fumet si délicat à mes narines, je suis sorti comme lavé de toute amertume, sain d’esprit, coriace et vorace comme jamais.

Alors merci de tout cœur pour ce bain de jouvence, ma chérie !

Sorti recuit de cette immersion, me voilà prêt à m’immerger dans des passions qui ignorent la tristesse et le dédain, la compétition malsaine et la rancœur tenace.

La baignade, insensiblement, a tourné à la glissade dans des eaux claires et furieuses, tant je débordais d’aise dans ce bain chaud que tu m’avais préparé pour m’y faire cuire à petit feu.

Il est loin le temps de cette mauvaise cuisine. Désormais, je fréquente la sécheresse heureuse des saunas, j’aime le froid intense qui m’environne dans cette Scandinavie si chère à mon cœur. Il est loin le temps des moiteurs louisianaises, et c’est heureux. Je t’ai laissé à tes proches et à tes miasmes de bayou.

J’ai oublié jusqu’à ton nom, je l’avoue. Il t’arriva, il est vrai, de prendre diverses figures, au cours de cette cuisante expérience. A y repenser, toi et mon ex-épouse n’étiez que les deux faces d’une même monnaie de singe, et ta face n’était pas la moins grimaçante.

J’éprouvai une intense satisfaction, lorsque ton gros éditeur, après t’avoir fait miroité des ventes mirifiques, eut rompu unilatéralement ton contrat d’édition à la suite de ton refus de voir interviewées diverses personnes que tu avais mises en scène au profit de tes récits sous couvert d’anonymat.

Tu as tâté là le cœur battant de l’édition à sensation pour laquelle la littérature se doit d’être rentable, avant d’être un art. Ravalée au rang de témoignage déguisé, ton œuvrette, non dénuée de charme, fut éditée en fin de compte sans grand succès par une petite maison, parisienne tout de même.

Tu avais bien joui à l’idée de me damer le pion, toi qui, après m’avoir monté au pinacle, t’ingéniais à me rabaisser, arguant implicitement de ton efficacité et de la supériorité de ta démarche. Tu pensais avoir trouvé un filon, un créneau juteux, car pour toi succès rime avec gros sous.

Oui, je le confesse, ton échec me ravit. Tu fus punie par où tu avais pêchée. Ton arrogance fut dûment humiliée. Il y a une justice parfois. Tu t’es crue supérieure à moi et tu t’es retrouvée à te débattre dans tes histoires de famille sordides. Bon vent à vous, les cinglés arrogants !

Le souvenir de tout cela ne colle pas à mes basques, aucune atmosphère putride n’envahit plus mes lignes, débarrassé que je suis depuis longtemps maintenant de toute influence exercée par toi à mon corps défendant. Il y a belle lurette qu’on ne m’en conte plus.

Désabusé, mais pas désenchanté, je suis ma route toute de rupture et de lignes brisées.

J’ai gagné cette liberté que je portais en moi et qui prit les nom de Blanchot et Bataille, Nietzsche et Heidegger au travers de mes lectures d’insomniaque de l’amour.

Quelques êtres chers à mon cœur savent le combat invisible que j’ai mené pour en venir à vivre dans mon cœur la lente montée en puissance du divin en la personne impersonnelle d’Odin et la figure tutélaire de Freyja.

Grâce soit rendue aux forêts et aux rivières de mon pays, salut à vous Cévennes si proches de mon cœur, c’est au milieu de vos splendeurs que le goût de vivre ma vie sans entraves s’est levé.

 A présent, la poésie me dure, rude combat qu’à armes égales je livre avec l’indicible.

Et de mon cœur gros d’amour, j’extrais des lignes denses et tendues que d’aucuns comprennent, prennent en chasse et pourchassent en leur for intérieur. Je les habite comme sylve dans les bois, et Odin n’est jamais loin dans ces jeux de mirages où miroitent des infinis.

 

Jean-Michel Guyot
24 février 2018

 

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