Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Contact e-mail]
ESPACES D'AUTEURS
Ces auteurs ont bien
voulu animer des
espaces plus proches de
leurs préoccupations
que le sommaire de la
RAL,M toujours un peu
généraliste.
Eboulis
Navigation
[E-mail]
 Article publié le 12 novembre 2017.

oOo

Plus un mélange n’est absurde, alors buvons. Paul Éluard


(rien qu’un paysage de fortune)

Pierres toutes neuves de pluie

au logis d’un genou banquette un lézard

affolé tout un concile de

petits sarcophages furibonds

pour un sens qui se perd

dans une terre ébouriffée

 

pierres neuves de pluie serrée

et l’éclaircie

 

caresse le genou chauffe l’écu du ciel

de petits sloops de guerre en radoub

parmi l’herbe aquarium

 

sur les bolides de la peau

pagode mouillée de lézards vers le vert

tout un sérail de failles

 

où les doigts se conjuguent

où dort le cerf-volant des entrées du non-sens

 

découvrent les interjections son jeu de paume

ébouriffée à tue-tête et conciliaire

des petits sarcophages tout vifs d’aporie

serre sa peau se gaine l’oreille de vue

 

pierres toutes neuves de l’âge de pierres

leur arborescence de genou fait le

doigté assis serré dans le sens où la plaie

se caresse dans le cantabile de sa chemise

de pluie retroussée

 

où les doigts se conjuguent

assis entre les coudes

 

où dort le cerf-volant des entrées du non-sens

grince l’huis caressant d’une paume mouillée

un genou miroitant

 

(il se réveilla un matin)

 

Et les pattes de scarabées et

de plus loin que cette carapace les choses ce qui voyage

et le bout du compte qui s’impose

avec clapotement d’eau busquée

---------- parmi les doutes en fleurs

 

et les grèves sans fonds qui caracolent

le versant perd sa fleur sur la tige du jour

est élan pour monter vers sa chute ------- est cet arbre

toujours étagé dans les lointains ce qui

d’allées en allées fait jaunir les années

 

tuiles tombées d’un toit avec le sens qu’a pris

un tout autre sens affalé dans les rêves

scarabée blotti dans sa propre sanie

et qui tire à la ligne son dieu de chitine

 

tu n’es pas en forme car tu es la forme

murmure un ruisseau qui lape son cours d’eau

son frissonnement d’empreintes digitales

 

et les pattes de scarabées et

de belles pinces consacrées à Proserpine

mots -------- des galériens délivrés par la vague

c’est juste un tombeau sur le dos et gratouille

le ventre étoilé du mot ciel

 

 (contrée pleine de petites croix)

 

Catastrophes et les pattes de lion de

vibratiles contorsions d’Ecce Homo

de belles armures toutes neuves de

vieilles armes vieux pots vieux convois

 

dans le filet des choses se prend le chaos

des choses consacrées à quoi d’autre que les

choses entre les pattes de Ecce Homo

de belles griffes acérées par leur usure

 

passives activités sous la dent dans l’ivresse

des choses la joie rouge sang comme un sceptre

entre les pattes de Ecce Homo des bielles

en faire tant et tant de catastrophes de

 

tant et tant de décombres font signes

ton compost est roi ta patte lèche un roi

laisse-toi cahoter par ce que tu convoites

de toi sous ta patte à sa faim sous ta dent

 

du bonheur comme on dit un vide pour la joie

et la bouche affalée en crinière ce bouge

où écrire la baie l’âcre foulée des mots

et les pattes du lion sur l’œil de la contrée

 

 (les machines sont toujours accompagnées)

 

Pleine de fusées ------ la tête

avec le sceptre de l’herbe sous

la rosée maladroite de l’œil

 

et scierie le ruisseau les haillons ------ 

du vert vers ------ et la tête

assise sur ses engrais

 

falaises des chemins cinglées par

les hangars des signaux dépliés ------ la tête

rossée de ciment albinos

 

avec le shop d’attente posé sur son œil

dans son rêve de bras ------ est la tête

sur le champ franchie au tournant qui s’enraye

 

au galet d’ouest toute s’attroupe ------ a tête 

boit ses coudes d’une goulée de tempes l’esprit

qui s’abat sur ses touches fait un bruit de ruine

 

forte qui s’abat ------ ------ ------ ------ crânement

comme un roc

où s’englue la cagoule de suie d’un portrait

où miroitent les ombres 

(encore un profil de fenêtre tranchant)

 

Beauté des complots de ce coté

les souliers éculés du sol laissent le merle

prendre le relais dans les bruits

 

dans la chambre à grands pas dans les livres

on défenestre à tour de bras

 

c’est un congrès de lilas blanc dit la phrase

les cheveux des parques sur la langue

aux endroits les plus obliques de la vie

 

le raccourci d’une mouche est ceci de durer

connait son temps remet à jour son trust d’ailes

au marché noir de la lumière

 

encore dans un coin quelconque l’extérieur

apporte des signes d’un nouveau plongeoir

c’est la peau de l’humus des étagères

 

des fleurs à tout casser revendiquent le jour

entre les planches sur la benne tous les signes

avec les dernières floraisons des raisons

 

et l’armée des ménades dans cette poussière

en stage le sérum to rise de tes seins

pas de vide dans les calices de nos ombres

 

(campagne pour les animaux)

 

Plutarque des animaux

l’ondée persistante de l’âme dit

l’oiseleur dans le nid de sa préférence

et de rares sursauts dans l’herbe qui halète

 

blotti dans les bêtes un sang plus oblong

c’est la fuite aussi belle que les catacombes

la peur de connaitre son éternité

 

et affûte son bec d’ignorance au silex

au pied de la rivière en urgence de soif

la faune des douleurs complote un jubilé

 

écrasements de carapaces de caresses

c’est un œil plus zoo que caverne

un temple sur l’oreille qui informe la vue

 

le poète répond perdrix à tout concept

en paume le pont du Gard sont les fourmis

s’atrophie la lézarde dans le lézard vers

 

son repaire d’écailles brèves son camping

à tout casser la graine épile sa chenille

un chien lève son doute et pisse une fillette

 

comme un dictaphone la campagne mue

le grand cirque du troc monté sur ses ergots

un mariage de chutes et d’abreuvoirs bas

 

sous les doigts des caresses domestiques

la soyeuse fuite à courre est monument

aucun penseur dans l’auge abrupte du silex

 

de petites étoiles rongeuses candides

et le vide vertige d’os frontal du cerf

tous les confiteor des groins et mandibules

 

innocents glas stridulent des ravins de joies

 

((la bonne tablée la bonne coupe les bonnes baies)

 

Graals minuscules dans le fouillis des haies

on traine le caddy des constats épineux

les conseils du hasard font des baies

 

les lézards s’approprient toutes coïncidences

avec des gestes de clarté le jour des pierres

monument qu’épellent de secs éboulis

un outre-monde en ruines botté qui pérore

 

car on lève un siège. On lance son coté

piquet fiché tout de travers à flanc de tout

le Joseph d’un sang rouge dans la cavité

a des doigts chitineux. Vrilles moins fortunées

 

que la tiare des soifs. Appentis délabrés

les barbelés des pluies construisent des cotyles

et les raisins de Smyrne tombeau de Tantale

et le berceau d’Homère et l’or des Hespérides

 

ou une espèce de récipient. S’égosillant

dans l’armure d’urine des pronoms que sont

les cyprès et le bruit de source de l’Obscur

 

à corps perdu dans le calice verdoyant

des psaumes d’alvéoles. Le panneau fléché

jusqu’à plus soif indique silice éployée

 

lisière dessillée sur le clavier qui clame

le nombre éternué pollen entre les coudes

et graals effrités en tracs dégingandés

 

sur chantier-Galaad langue désencombrée

 

(la grosse chaussure rouge du cirque et sa trompe d’éléphant)

 

Les lettres filent une toile d’hôte

et c’est sous le chapiteau comme un cirque d’engrais

parfum chevauché de jambe d’amazone

 

le parfum qui flotte est toujours le même

son double est celui qui tient le fouet des mots

et l’évier des baisers fuit comme le poème

 

assis parmi l’enfance. Musique et couleurs

c’est la sciure qui applaudit la sciure-joie

étale pyramide à vol d’oiseau. En voix

 

éléphantesque et rouge l’énorme chaussure

d’un bel incendie outre le sens du sens

une chaise écrasée de flirt ouvre les cages

 

espace fauve et bonds. Nature trop fardée

est simplement nature. Mort à bout portant

les couteaux du lanceur ont des frissons de cible

 

la voile et l’évier du blanc cherchent un ordre

et même le nuage blanc que rien n’arrête

le sourire d’auguste débraillé sur rien

 

le malheur pour la peau roule sur le tambour

les mots des projecteurs tendent leurs filets

des parenthèses vont d’un trapèze à un autre

 

le mort est rose chair suspendue au plafond

oiseau de paradis. Quel cirque ce maillot

et ces lèvres qui soufflent dessus que c’est beau

 

l’enfant et l’éléphant !

 

(se voit galoper dans la blancheur)

 

Se came à la cavale Éléate

un orage dansant secoue ses cotillons

là où le boqueteau devient haie et son saut

et tape à la machine de sa faim et soif

le roseau qui ruisselle autour du féminin

où le raisin fait le pont le vin passe.

 

accroupie l’écriture efface sa marelle

à petits coups de langue à grand corps au galop

steeple-chase sous le coude la feuille un désert

vos toiles fraîches pour l’échéance d’un mot

dans l’armoire où la glace est partout où s’entasse

est à propos de tout comme un état-major

une étoile au cul sale. Le menu final

 

dans la chambre. L’armoire jette des cailloux

sur le lac bien plié d’un jeans adolescent

et l’agression superbe de cette lessive

qui est vous et vous en cavales de haies 

tapées sur le clavier sur la croupe autant dire

et le plus loin possible de tout ce qu’il est

 

fait un poème est un poème est un poème

ayant trouvé la veine est un poème

un beau surplus qui s’efface et en rythme

emporte les pensées vers le déferlement

de n’importe quel poète vivant ou mort

de n’importe et dans le sens de la longueur

bien à plat et à la surface comme les grecs

 

et mange son fer à cheval de l’esprit

en cavale toujours à s’éloigner de soi

secoue la caméra non cachée de la chair

serviette fraîche au cou des mots l’inspiration

un intérieur mouillé en vous comme un outil

avec de la javelle l’odeur du poème

 

et bien secouer la délinquance de l’engin

 

 

image d’après une photo de Jean-Claude Cintas

Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Contact e-mail]
2004/2017 Revue d'art et de littérature, musique

publiée par Le chasseur abstrait éditeur - 12, rue du docteur Sérié - 09270 Mazères - France

sarl unipersonnelle au capital de 2000 euros - 494926371 RCS FOIX

Direction: Patrick CINTAS

Copyrights: - Le site: © Patrick CINTAS (webmaster). - Textes, images, musiques: © Les auteurs ou © Le chasseur abstrait (eurl). - Logiciel: © SPIP.


- Dépôt légal: ISSN 2274-0457 -