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Fragilité et autres élégies
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 Article publié le 11 novembre 2006.

oOo

Fragilité

à Sabine

 

Tu es l’ange. Ici, incarné.

Avec moi. Tu es mon abîme.

La beauté fragile qui détruit

Tout. Tes mains ne sont pas des Mains.

Ce sont les ailes légères que le vent

Agite sur la terre aride

Fiancée à mes pleurs.

Si tu le savais, ce savoir aussi pourrait

Me détruire. Tu ne le supporterais pas.

Pas même un instant. C’est l’étendue

Où l’abîme cherche l’Éther et tous deux

Signent un nouveau pacte.

Mon cœur souffre. Comment un mortel

Pourrait-il le supporter ? En s’aveuglant.

Mais dans les ténèbres, je vois s’agiter

Tout ce qui sur ton passage révèle

La présence de l’Ange.

Ce fut impossible et le sera toujours supporter la

Mesure dans l’infini qui souffle ici

À mes côtés. Tu Es l’Insomnie.

Laisse ce mortel consumer

Ses peurs violacées et verse ses

Cendres en honneur de tes ailes.

2006-11-10

 

***

 

Questions

 

Après tant de temps. Le temps

Ne mesure rien. Après tant

D’attente. L’attente ne mesure rien. Rien.

Après tant de morts, de crucifixions,

De deuils, pourquoi te cherché-je, tu m’assassines,

Mon envoi douloureux, aiguillon de ma soif

Qui cède déjà devant la recherche insatiable

D’une épine si cruelle, vaine question stérile

Sans mesure, à part mon non-être déjà, ici ni maintenant.

Pourquoi continuer alors ? Pourquoi ? Pourquoi

Te chercher comme l’asile où soigner

La peur de devenir ainsi, plongé dans la jouissance

Et exposé aux éclairs et à la tempête où

Ma mère enfante, est-ce mon destin ?

Pourquoi me refuser, pourquoi te refuser quand

Le coq chante, bleu désir, blessure qui rachète ?

Pourquoi croire que le sommeil, la fuite féroce

De la meute qui m’aima un jour, me sauvera

De tant de deuil, de désolation et de vie ?

Pourquoi te croire mort, pourquoi la soudaineté

De ta paix donnerait-elle la tranquillité et la paix à mon âme ?

Et je continue de m’interroger pendant que tu

M’enfouis dans une brume dense.

 

***

 

Ce qui est dit

Simulacre d’une mer évaporée.

Et les navires échoués

Comme des corbeaux dans un désert cruel,

Pas imaginaire. Personne ne pourra assécher

La mer quand le désert est la demeure

Où tu habites et le langage

Où tu loges est le sable que le vent

Efface maintenant. Il n’y a rien à dire

Ni à ajouter, les titans

L’ont fait et de nous demeure

Seulement l’écho d’un mystère entaché.

Nos formes fragiles dans le désert

Prennent des formes grotesques quand

Arrive le crépuscule : pas d’hymnes ni d’élégies

Pour les Dieux déjà morts et celui

Qui tente le chant est seulement un spectre.

 

oOo

 

Fragilidad

a Sabine

 

Eres el Ángel. Estas aquí, encarnado.

Junto a mí. Eres mi abismo.

La frágil belleza que lo destruye

Todo. Tus manos no son Manos.

Son las Ligeras Alas que el viento

Agita sobre la tierra árida

Desposada a mí llanto.

Si lo supieras, ese saber también podría

Destruirme. Ni un instante siquiera

Podría soportarlo. Es el ámbito

Donde el abismo busca el Éter y ambos

Sellan un nuevo pacto.

Mi corazón estalla. ¿Como un mortal

Podría soportarlo ? Encegueciéndose.

Pero en tinieblas veo estremecerse

Todo lo que a tu paso siente

La presencia del Ángel.

Imposible fue y será soportar la

Medida deste infinito que sopla aquí

A mi lado. Insomnio Eres Tú.

Deja que éste mortal consuma

Sus temores violáceos y vuelque sus

Cenizas en honor de tus Alas.

2006-11-10

 

***

 

Preguntas

 

Después de tanto tiempo. No es medida

El tiempo. No lo es. Después de tanta

Espera. No es magnitud la espera. No lo es.

Después de tantas muertes, crucifixiones,

Duelos, porque te busco así, tu mi asesina,

Mi doloroso envío, el acicate de mi sed

Que cede ya a la búsqueda insaciable

De tanto cruel espino, vana pregunta estéril

Sin medidas, salvo mi ya no estar, aquí ni ahora.

¿Porque continuar entonces, porque, porque

Buscarte como el asilo con que curar

El miedo de estar así, bañado en goce

Y expuesto a rayos y tormentas con que

Parió mi madre esta mi suerte ?

¿Porque negarme, porque negarte cuando

El gallo canta, azul deseo, herida que redime ?

¿Porque creer que el sueño, la feroz huida

De la jauría que una vez me quiso, me salvará

De tanto luto, desolación y vida ?

¿Porque creerte muerte, porque el repente

De tu paz daría sosiego y paz al alma mía ?

Y sigo preguntándome entretanto me

Envuelve densa bruma.

 

***

 

Lo dicho

 

Simulacro de un mar evaporado.

Y encallados los buques

Como cuervos en un desierto cruel

No imaginario. Nadie podrá secar

Un mar cuando el desierto es la posada

Sobre la cual moras y el lenguaje

En que posas es la arena que el viento

Ahora borra. No hay nada que decir

Ni que agrega ,los titanes

Lo han hecho y de nosotros queda

Solo el eco de un misterio manchado.

Nuestras frágiles formas en el desierto

Toman formas grotescas cuando

Llega el crepúsculo : Ni himnos ni elegías

Para Dioses ya muertos y aquel

Que intenta el canto es solo espectro.

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