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Ode aux autres
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 Article publié le 26 février 2017.

oOo

L’odeur d’un homme
qui a l’air d’un arbre
au bord du chemin
Les autres suivent les autres
Les autres sont devant
L’herbe du talus
glisse sur moi
comme si je commençais
à ne plus exister
que pour devenir
l’explication la plus probable
de cet instant
de bonheur
Les autres suivent les autres
Les autres sont devant
avec les hommes
qui conquièrent
inutilement
la perspective
Après l’herbe la terre
que la pluie
vient de trouer
Les mottes
entre les pattes des insectes
Et la fleur des racines
couchée d’ombre
et de réminiscences
Les autres suivent les autres
Les autres sont devant
J’aimais ce sommeil
comme on préfère
mourir
sans le savoir
Les autres ne posaient pas de questions
pas le temps
pas le temps
ou bien ce n’est pas l’heure
c’est la distance
Les autres suivent les autres
Les autres sont devant
L’arbre est un cerisier
en fleur
ou un châtaignier
à l’automne
ou encore le frêne
aux suées rouges
Les autres ne se retournaient pas
Ils bavardaient entre eux
et leurs conversations
ne me concernaient plus
Dans les branches
des peuples me guettaient
et je m’endormais
pour ne pas avoir
à m’expliquer
On n’explique rien
à ces rencontres
parallèles
des lendemains de fête
Les autres suivent les autres
Les autres sont devant
et je ne dors pas
pour rien
Quand ils viendront me chercher
ils me croiront morte
comme meurent les fleurs
arrachées pour un bouquet
et oubliées pour d’autres raisons
que je n’ai plus le temps
de donner à mon bonheur
Ils m’ajouteront aux détails
de leur aventure quotidienne
sans un regard pour l’arbre
sans se douter qu’un arbre
peut m’éloigner d’eux
comme l’horizon
les disperse
ou les dilue
je ne sais pas
je n’ai pas bien vu
je dormais presque
Les autres m’accompagnent
ou je suis leur fardeau
ou simplement une de plus
à ajouter aux travers
de l’existence
J’épouserai le châtelain
ou le notaire
rien n’est encore décidé
Les radiographies sont pleines d’espoir
Je peux enfanter
Je peux donner
On pourra me prendre
et me multiplier
comme le pain
des bouches
Les autres suivent les autres
Les autres sont devant
La vie est une vitre
qu’on brise
pour les appeler

- et pour expliquer le bris de la vitre
il ne reste plus
qu’à donner
le spectacle de son angoisse
avec des mots choisis
à fleur de leur langue
vernaculaire
L’odeur d’un homme
que je n’avais pas vu
changeait mes chemins
L’odeur d’un homme
qui a l’air d’un arbre
au bord du chemin
Les autres suivent les autres
Les autres sont devant
L’herbe du talus
glisse sur moi
comme si je commençais
à ne plus exister
que pour devenir
l’explication la plus probable
de cet instant
de bonheur
Les autres suivent les autres
Les autres sont devant
avec les hommes
qui conquièrent
inutilement
la perspective
Après l’herbe la terre
que la pluie
vient de trouer
Les mottes
entre les pattes des insectes
Et la fleur des racines
couchée d’ombre
et de réminiscences
Les autres suivent les autres
Les autres sont devant
J’aimais ce sommeil
comme on préfère
mourir
sans le savoir
Les autres ne posaient pas de questions
pas le temps
pas le temps
ou bien ce n’est pas l’heure
c’est la distance
Les autres suivent les autres
Les autres sont devant
L’arbre est un cerisier
en fleur
ou un châtaignier
à l’automne
ou encore le frêne
aux suées rouges
Les autres ne se retournaient pas
Ils bavardaient entre eux
et leurs conversations
ne me concernaient plus
Dans les branches
des peuples me guettaient
et je m’endormais
pour ne pas avoir
à m’expliquer
On n’explique rien
à ces rencontres
parallèles
des lendemains de fête
Les autres suivent les autres
Les autres sont devant
et je ne dors pas
pour rien
Quand ils viendront me chercher
ils me croiront morte
comme meurent les fleurs
arrachées pour un bouquet
et oubliées pour d’autres raisons
que je n’ai plus le temps
de donner à mon bonheur
Ils m’ajouteront aux détails
de leur aventure quotidienne
sans un regard pour l’arbre
sans se douter qu’un arbre
peut m’éloigner d’eux
comme l’horizon
les disperse
ou les dilue
je ne sais pas
je n’ai pas bien vu
je dormais presque
Les autres m’accompagnent
ou je suis leur fardeau
ou simplement une de plus
à ajouter aux travers
de l’existence
J’épouserai le châtelain
ou le notaire
rien n’est encore décidé
Les radiographies sont pleines d’espoir
Je peux enfanter
Je peux donner
On pourra me prendre
et me multiplier
comme le pain
des bouches
Les autres suivent les autres
Les autres sont devant
La vie est une vitre
qu’on brise
pour les appeler

- et pour expliquer le bris de la vitre
il ne reste plus
qu’à donner
le spectacle de son angoisse
avec des mots choisis
à fleur de leur langue
vernaculaire
L’odeur d’un homme
que je n’avais pas vu
changeait mes chemins

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