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Petra Rufus (nouvelle)
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 Article publié le 19 février 2017.

oOo

Au début, ce n’était qu’un jeu. Je commençais par l’appeler :

— Petra…

Et elle répondait aussitôt, se penchant à la fenêtre. J’étais déjà sur le banc. Les enfants s’étourdissaient derrière moi sous les bois d’une balançoire. Petra n’était plus à la fenêtre. Elle descendait. Je la voyais arriver de loin. D’abord sa marche souple et lente sur les marches du perron. Puis le grincement du gravier dans l’allée. Le soleil envahissait sa noire chevelure. C’était le soir que je l’appelais. Nous disposions de moins d’une demi-heure selon la saison. Puis son parfum la précédait. Je fermais les yeux.

« C’est toi, Petra ?

— Qui veux-tu que ce soit ! »

Le banc craquait. Les jambes de Petra se croisaient maintenant. Je posais une main sur son genou. Ses lèvres disaient toujours quelque chose à propos du soleil couchant, mais je ne me rappelle plus quoi. C’était il y a si longtemps !

« Si nous commencions ?

— Je suis prête.

— Tu es moi…

— Ça, je le savais déjà !

— Il est important que nous recommencions par le début.

— Mais ce n’est pas le début, je sais…

— Tu ne sais rien… Je ne t’ai jamais raconté comment j’en suis arrivé à être ce que je suis. Sans toi…

— Commence donc ! »

J’avais toujours ce désir de tout reprendre à zéro. Mais mon esprit reconnaissait que ce point de départ n’était pas le bon. Ma mémoire ne pouvait pas se substituer à la réalité. Je ne saurais jamais rien du commencement. Seule ma mère savait. Elle m’a si souvent menti !

« Pour la 346e fois, tu es moi, ô Petra !

— Je ne suis pas sûr que tu comptes bien… Mais je n’ai pas compté moi-même. Je te fais confiance…

— Qu’est-ce que tu risques ?

— De te perdre… Toi, perdu… là-bas… Jamais je ne pourrais te retrouver, même si je parvenais à ouvrir cette porte…

— Nous n’en sommes pas là. La prophétie parle de treize ans. Nous n’en sommes qu’au 346e jour. Même pas un an.

— Encore douze ! Je serai bien vieille !

— Au contraire ! En pleine maturité… comme je les aime…

— Mais ce n’est pas moi que tu aimes ?

— Il paraît qu’au bout d’un an, on n’en sait plus rien.

— Où as-tu lu cette bêtise ? J’ai lu autant que toi. Je ne me souviens pas de ce... détail… Tu inventes !

— Pendant douze ans, tu ne sauras rien de mon amour.

— Mais je n’en sais déjà rien ! Oh ! Commence, veux-tu !

— Fais fuir les enfants ! »

C’était la première condition. Alors Petra, au lieu de les épouvanter comme je l’aurais fait, leur parlait à l’oreille et ils s’en allaient tranquillement sans se retourner. Je n’ai jamais su ce qu’elle leur disait. Elle leur parlait de moi, sans doute, mais que savaient-ils de plus que moi ? Petra se rasseyait :

« Vite ! Le soleil se couche vite en cette saison. Hier, tu n’as pas terminé…

— Et je n’ai pas dormi.

— Mon pauvre Eraso ! »

Elle avait vraiment l’air de me plaindre à ce moment-là. Elle me prenait les mains et je fermais les yeux. Le voyage commençait avec le premier mot. C’était elle qui le prononçait.

Puis nous nous laissions aller. Je savais qu’on nous observait. Le soleil formait de rouges reflets sur les vitres. Je me souviens qu’une fois la brise nous a amené les odeurs de la mer. Pourquoi n’était-ce pas arrivé encore ? La mer existait-elle ? N’existait-elle que dans ma tête ? Petra fumait une cigarette, le corps appuyé sur le dossier, la tête renversée pour voir le ciel. Je baisais ce cou en attendant de le couper.

« Eraso ?

— Tu sais que je ne suis là que pour toi, Petra…

— Est-ce que cela commencera vraiment après l’hiver ? Douze ans à me demander si tu m’aimes ou si je ne suis qu’une femme comme les autres…

— Je ne partirai pas sans toi.

— Ce n’est pas une preuve d’amour…

— Tu es moi… alors que t’importe si je t’aime ou pas ?

— C’est vrai ! J’avais oublié. Veux-tu que je recommence ?

— Non. C’était bien comme ça aussi. Te souviens-tu de ce soir, quand la brise…

—… apporta les odeurs de la mer. Oui, je me souviens. Mais c’est mon souvenir, pas le tien.

— Mets-toi à ma place !

— Mais j’y suis ! Ne me demande pas…

— Tu avais promis de jouer ! »

C’est drôle, mais nous nous disputions approximativement à la sixième minute. Je ne sais pas pourquoi. Et je ne sais pas non plus qui commençait. Nous ne voulions pas nous disputer. Cependant, quelque chose se glissait dans notre conversation et l’un de nous prétendait que c’était un motif de dispute. Nous étions toujours d’accord là-dessus. Puis la septième minute nous retrouvait où le temps nous avait abandonnés. Il y avait si longtemps que je connaissais ce rivage ! Pour Petra, c’était encore une nouveauté. Il lui faudrait bien plus d’un an (ou presque) pour mesurer l’ampleur de mon imagination.

« Eraso ! J’ai du mal à jouer ce soir…

— Tu as des ennuis ?

— Des ennuis, non. Mais je me préoccupe pour mon avenir. On me propose un poste loin d’ici…

— Tu voyageras. N’est-ce pas ce que tu as toujours souhaité ?

— Voyage sans retour… On ne sait pas ce qui peut se passer.

— Les naufrages sont rares de nos jours. Tu auras des vacances. Et nous recommencerons !

— Tu seras trop vieux pour ça…

— Je suis déjà vieux… Tu as toute la vie devant toi. Je te souhaite…

— Oh ! Je t’en prie, Eraso ! Ne me souhaite rien !

— Mais tu ne sais pas ce que je veux te souhaiter !

— Laisse mes désirs voyager avec moi. »

C’était bien dit. Petra a toujours été plus douée que moi. Enfant, nous écrivions les poèmes des jours passés à se reconnaître. Elle parlait de moi, et donc d’elle. Et je parlais d’elle sans y mettre tout ce que je savais. Elle connaissait mes ruses. Nous noyions nos différences dans le plaisir. Là-bas, sous les arbres. Dans ce pays d’arbres et de ciels. Voilà comment, revenant beaucoup plus tard, je n’ai pas reconnu la maison de mon enfance. Je ne me souvenais que des arbres. Et du ciel changeant. Petra voyageait encore. Je recevais ses cartes postales. C’est bien, les cartes postales, quand on veut être économe de sentiments. Propos circonstanciels. J’étais revenu chez moi. Et bientôt, je m’y sentis bien. J’étais très vieux. Je n’avais rien fait de ma vie. J’avais servi de domestique. On m’avait récompensé. Et ici, on me respectait. Avait-on respecté l’enfant que je fus ? Qui était ces gens qui nous observaient, Petra et moi, pendant qu’elle devenait moi par jeu ? J’habitais avec d’autres enfants. Mais revenons au temps présent de cette nouvelle. Le banc. Petra et moi. La dispute interrompue par le temps lui-même. Le soleil n’allait pas tarder à se coucher derrière le verger. Petra était sur le point de me quitter. Elle revenait de loin. Ses yeux étaient fatigués. Sa bouche grise. Elle la tenait ouverte. Elle semblait avoir vieilli. Je ne lui demandais pas d’aller si loin. Pas dans ce sens.

« Je t’appellerai sur ton portable à neuf heures, dit-elle. Tu seras bien dans tes draps. Je te connais… Tu te seras donné un peu de plaisir…

— Pas tout à fait ! Je t’attendrai…

— Mange ta soupe ! »

C’était hier. Reproduction exacte d’un soir renouvelé pendant des années. Mais maintenant qu’elle avait décidé de partir (Ça y est ! C’est décidé !), elle regrettait de toujours prendre ses décisions à la va-vite.

« Un jour, ça me coûtera cher. Et ce jour est peut-être celui-ci ! »

J’en tremblais moi aussi. Les douze années ne s’étaient pas écoulées. Je relus la prophétie. Rien n’était dit sur la possibilité d’une interruption ni sur ses conséquences. Je n’ai jamais rien vu qui ne fût pas la cause de quelque malheur. Quel spectacle ! Petra pleurait.

« Pourtant, dit-elle, on ne me force pas. Voilà, j’ai envie de partir.

 — Je comprends…

— Tu ne comprends rien ! C’est moi qui pars. Et parce que je le veux !

— Mais sais-tu au moins pourquoi tu le veux ?

— Tu le sais, toi ? »

Elle semblait me haïr…

« Je ne comprends plus, bafouillai-je. En ce moment, tu es moi ou… toi ?

— Tu devrais le savoir ! »

Je suis allé me coucher sans manger. Je ne l’avais même pas embrassée. Elle ne me téléphona pas. À cette époque, je ne me masturbais plus. J’avais une chambre et de temps en temps, elle la partageait avec moi. Quand partait-elle ? Je ne m’étais même pas renseigné. C’était pourtant terriblement important. Je l’appelai :

« C’est toi, Petra ?

— Qui veux-tu que ce soit ?

— Tu es couchée ?

— Je ne suis pas seule, Eraso…

— Et… il entend ce que je te dis… ?

— Il dort.

— Tu pars avec lui ?

— Demain.

— Demain ! »

Si vite ! À quelle heure demain ? Avions-nous le temps de jouer ? Je haletai.

« Eraso, calme-toi ! J’ai une mauvaise nouvelle pour toi…

— Envoie…

— Je pars avant midi… Nous n’aurons pas le temps de…

— Mais alors… c’était ton dernier coucher de soleil avec moi… Je ne me souviens plus de ce que tu disais… Petra !

— Je savais que tu allais mal le prendre, ô Eraso ! Non, je ne peux pas attendre le coucher de soleil. C’était le dernier…

— Mais tu ne me l’as pas dit ! Tu es… tu es…

— Je ne suis plus toi, Eraso… Jamais ! »

Non, ce n’est pas elle qui raccrocha. J’étais dans mon lit, dégoulinant de sueur. La fenêtre était ouverte. Depuis quelque temps, j’étais chez moi. Je commençais à peine à goûter à ce plaisir. Je me sentis seul. Encore plus seul que dans le dortoir. Jamais plus je ne tomberais amoureux.

La nuit fut, vous vous en doutez, totalement blanche. Je passai des heures à la fenêtre, voyant la cour, la balançoire, les ombres du verger au fond. La brise venait de la mer. Avec son odeur de coquillage. Le frottement des coquillages dans l’écume. Mes pieds et ceux de Petra. Qui était cet homme ?

Je sortis avant le jour. Je m’étais préparé au pire. Je respirais avec difficulté. Quelle émotion ! Mes jambes déjà vieilles avaient froid. Je marchai jusqu’à la balançoire. Puis, guidé ou pas, je n’en sais rien, j’ai pris la direction du verger. Je croquai une pomme, vite. Et je continuai. La mer était proche, je le savais. Et c’était là que je retrouverais Petra.

En effet, elle était couchée dans le sable. Son chapeau de paille voletait un peu plus loin vers les dunes. Elle ne me vit pas arriver. Ou voulut ignorer que c’était moi. Je savais que je rêvais. L’insomnie est une infidèle. Bref, la brise secouait à peine les branches des pins. On entendait siffler leurs aiguilles. Chuchotement d’ombres. On nous observait peut-être. Il n’était pas interdit d’y penser. Petra était nue.

En vérité, je ne l’avais jamais vue ainsi. Bien sûr, la nuit encore noire l’enveloppait. Les pointes de ses seins se dressaient sur fond d’écume. J’ai toujours eu un penchant pour les seins. Elle le savait. Ma main descendit sur le ventre sans provoquer le frémissement escompté. Enfin, elle parla dans la nuit :

« Veux-tu jouer, Eraso ? Nous serons deux…

— Tu sais bien que je veux être moi !

— Je pars dans trois heures… Ne perdons pas de temps.

— Attends jusqu’à ce soir !

— Les avions n’attendent pas, Eraso. Personne n’attend s’il s’agit de partir. »

Encore une belle chose de dite. Ses lèvres en étaient toutes sucrées. Je ne voyais pas la langue. Je craignais qu’on nous surprît. Elle m’avait déshabillé.

« Tu viendras peut-être me voir, toi, dit-elle.

— Je n’aime pas voyager !

— Ne dis pas de bêtise ! Tu n’as jamais voyagé. Tu ne sais pas ce que c’est.

— Personne ne sait ce qu’il sait ! »

Le couteau caressait sa gorge. Elle aimait ça. Je le savais. À l’horizon, la lumière clignotait. Je vis le premier nuage de la journée. Petra se redressa et s’assit :

« Range ce couteau, Eraso. Je n’ai pas le cœur… Je sais que tu es malheureux. Je ne recommencerai pas. Avec personne.

— Pas même avec lui ? Je ne te crois pas.

— Tu ne sauras rien si tu ne viens pas me voir, là-bas…

— Tu ne sais même pas où tu vas, Petra ! »

Non, elle ne savait pas qu’elle allait en Enfer. Elle s’était attendue à autre chose. Quelle naïveté ! Maintenant, sa gorge saignait. Son corps s’était détendu. Il faut dire qu’elle avait lutté. Elle m’avait griffé le visage. Comment expliquer ces signes au curieux d’en savoir plus ?

La mer montait. Il ne faudrait pas une heure pour qu’elle emportât le corps de Petra. Je connaissais ces horaires. Je pêche souvent par ici. Personne ne me croira si je dis que je n’étais là que pour pêcher. J’attendis dans les dunes. Le corps de Petra était caressé par les vaguelettes d’écume. Ses bras flottaient. Elle semblait faire un dernier effort pour se sortir de cette situation tragique. Tragique pour elle. Moi, j’étais heureux. Je n’avais jamais tué personne. Je savais que j’en tirerais du plaisir. C’est là une chose qu’on peut savoir avant de passer à l’acte. Et j’étais venu pour ça. Petra aussi était venue. On se passera de ses raisons. Je n’étais pas dans sa peau. Petra qui avait si souvent joué avec moi. Elle me jouait bien. Je l’admirais. Quelle comédienne ! Et c’était elle qui inventait les phrases.

« Mais parle, Eraso ! riait-elle en me secouant. Nous jouons ! Joue aussi !

— Mais je ne peux pas me parler à moi-même ! C’est trop absurde ! Tu devrais te taire, Petra. Je ne parle pas aussi bien que toi. Tu n’es plus moi quand tu parles à ma place.

— Ce n’est qu’un jeu… mais si tu ne veux plus jouer, je m’en vais !

— Ce n’est pas ce que je veux ! Tu es moi. Je te regarde.

— Je ne peux pas jouer sans parler ! Et si tu ne me donnes pas la réplique…

— Parfois, Petra, je me dis que tu n’as rien compris. Et ça me désespère. Un jour, tu iras trop loin. Et alors…

— Tu ne sauras jamais ce que tu veux ! »

Vous voyez maintenant à quel point elle se trompait. La mer l’a emportée. Il n’a pas fallu longtemps pour qu’elle disparaisse dans le creux d’une vague. Une seconde après, le soleil est apparu. J’étais un assassin.

Rien n’est parfait, me dis-je en rentrant chez moi. Vous ai-je dit que j’avais un foyer personnel depuis un an ? Ou plus exactement depuis 346 jours. 347. On me loge. Mes voisins ne se méfient pas encore de moi. Ils me saluent s’ils ne peuvent pas m’éviter, mais ne suis-je pas le premier à me faufiler dans la cage d’escalier ? On m’a même surpris pieds nus sur le gravier. On a trouvé ça étrange, mais ils étaient prévenus. Ils s’attendaient peut-être à tout. Le premier curieux qui m’a adressé la parole ce matin-là voulait savoir si je connaissais Petra depuis longtemps.

« Des années ! exultai-je. L’enfance. Savez-vous qu’elle part avant midi ? Les avions n’attendent pas. Personne n’attend s’il s’agit de partir. Vous ne trouvez pas que c’est beau, ce que je viens de dire ?

— Qu’est-ce que vous venez de dire ?

— Vous n’êtes pas bien attentif pour un curieux ! J’ai dit : Personne n’attend s’il s’agit de partir. Et je vous demande si vous ne trouvez pas ça beau…

— Ça dépend où on part…

— C’est ce que je dis qui est beau ! Je me fiche de savoir ce que vous pensez des voyages !

— Oh ! Vous avez un caractère plutôt vif, monsieur Eraso ! À moi de vous poser une question…

— Je n’ai jamais eu peur des questions, surtout venant de la part des curieux…

— Où étiez-vous cette nuit… ? »

J’aurais dû répondre du tac au tac à cette question inaugurale, mais j’ai pensé prendre le temps de réfléchir avant de parler. Et avant de penser à réfléchir, j’ai eu peur. Une série d’opérations mentales qui m’ont occupé suffisamment de temps pour mettre la puce à l’oreille du curieux qui m’interrogeait. Ce n’était pas mon premier curieux. J’ai eu à souffrir quantité de curieux depuis que je sais que cette espèce existe. Et puis, n’étais-je pas moi-même curieux quand Petra jouait avec moi ? J’en savais long sur la curiosité. Cependant, celle-ci me prit de court. Et ce n’était pas faute de m’être préparé. Je me demandai où en était le corps de Petra.

« Vous n’avez pas entendu ma question, monsieur Eraso… ?

— Bien sûr que oui ! m’écriai-je comme si je retrouvais la surface de l’eau qui s’épanchait dans mon esprit. Pensez donc ! Mais…

— Mais… monsieur Eraso… ?

— N’est-ce pas une question surprenante de la part d’un curieux ?

— Je ne trouve pas, non…

— Moi je trouve ! Tout le monde sait que la nuit, on ne fait rien.

— Je ne vous demande pas… du moins pas encore… ce que vous fîtes cette nuit… mais où vous étiez quand vous le fîtes…

— Ce que je fis… Je dormais… Je rêvais… Et j’étais dans mon lit ! Où voulez-vous que je… fusse ?

— Mais je ne veux rien, monsieur Eraso… Je suis curieux, c’est tout. »

Bien sûr, Elisa était trop jeune pour être moi. Cinq ans à peine. À cet âge, j’ignorais que je n’étais pas moi. Et que je rencontrerai Petra pour jouer à mon jeu favori. Elisa était dans la cour. Je retins le curieux par le bras. Il me regarda étrangement, comme si j’allais lui faire du mal. Deux autres curieux en uniforme s’avancèrent.

« En voilà une qui m’a tout l’air d’aimer jouer, dis-je en montrant Elisa.

— Il y a longtemps que vous jouez, monsieur Eraso… ?

— Des années ! Avec Petra…

— Ah… Vous connaissez Petra Rufus…

— Elle n’est plus là pour jouer avec moi. Un voyage. Je ne la retiens pas. »

Le curieux me regardait maintenant comme si j’étais en train de me confesser. Elisa se balançait.

« Mais peu importe qu’elle ne soit plus là, continuai-je. Elle n’est pas irremplaçable, vous savez…

— Personne ne l’est, conclut le curieux.

— En voilà une chose de joliment dite, monsieur le curieux !

— Mais ce n’est pas de moi, monsieur Eraso.

— Je me disais aussi… »

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