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Dictionnaire Leray
LUTTE DES CLASSES

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 Article publié le 22 janvier 2017.

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Les deux écueils entre lesquels le poésie doit se tenir sont - ont toujours été, seront toujours - le formalisme et le sentimentalisme.

Du côté du formalisme : les classiques, le Parnasse, l’Oulipo et ses dérivés.

Du côté du sentimentalisme : les romantiques, les surréalistes, la poésie inspirée de la philosophie.

Je sortais la tête de mes bouillons de rien (début 94) quand une rencontre me fit réfléchir. Un jeune homme qui s’occupait d’une association de poésie et qui semblait très affecté par la « perte du sens » dans la littérature contemporaine.

J’étais stupéfait. Du sens ? Mais j’avais le sentiment au contraire qu’on avait écrasé la poésie sous des tonnes de sens pré-établi, ce que je hais par-dessus tout !

Je ne comprenais pas et ne comprends toujours pas cette demande de sens. Je m’en tiens à Rimbaud, « ça ne veut pas rien dire » (lettre à G. Izambard) mais aussi : "je ne sais plus parler !" ("Matin", dans Une saison en enfer).

Rimbaud demandait une poésie objective : "votre poésie subjective sera toujours horriblement fadasse". N’est-ce pas ?

Dès lors que la poésie n’est plus que discours sur la poésie, elle n’est plus poésie. Il s’agit de la pourchasser et de la dépecer, l’auteur parfois avec. Dès que la poésie oublie de se penser poésie, elle se prend pour on ne sait trop quel crétin amoureux ou contemplatif, elle devient contre-révolutionnaire, il faut la flinguer et attacher le poète auteur de fadaises subjectives à quatre chevaux aveugles. Le spectacle attirera les moucherons et nous les mangerons - à leur tour.

Qu’est-ce qui garantit l’objectivité du poème ? Sa conformité avec le système névralgique du poète : en lisant tel poème, je sais que son auteur n’a pas desserré les dents pendant 7 jours et je l’en remercie. Ma mâchoire à son tour se crispe.

Convaincu que la poésie entretient un rapport étroit avec la LUTTE DES CLASSES - parce qu’une relation au sens comme chose finie est l’instrument de domination mental du capitalisme dans la langue - je réfute l’art pour l’art.

Il faut peut-être voir dans l’exercice du "rien" :

  • a. la constitution d’un langage à partir de ses éléments premiers. La question poétique objective étant "Qu’est-ce qu’il y a ?", la réponse objective : "rien"
  • b. une question directement liée à la structure nerveuse, à la physiologie de la main qui écrit et de la mâchoire tendue, un effort musculaire de déchirement du mot.
  • Pierre Boulez : « Tout musicien qui n’a pas ressenti - je dis bien ressenti et pas compris - la nécessité du langage dodécaphonique est un musicien inutile" »

    Et, en citant Artaud : « Il faut organiser le chaos ».

    Pierre Boulez a raison.

    Il faut organiser le « mal foutu ».

    Et Jackson Pollock a raison quand il troue des bidons de peinture pour se promener avec sur sa toile, au sol, en écrasant des mégots de clope sur l’oeuvre, de dire : "Ce qui importe, c’est la technique". C’est très important en effet la technique. Vous pousse à faire des choses horribles ou bien atroces.

    Pour ma part je privilégie la technique sérielle, plus propre à laminer le sens de façon méthodique et structurée, dans la conscience du lecteur. Comprenez que, par cette discipline je me refuse à servir l’ordre bourgeois : je le drogue.

     

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