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Chaos et fatalité
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 Article publié le 16 octobre 2016.

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On a eu raison de détruire la notion d’harmonie. Et l’on devrait refuser d’enseigner l’harmonie dans les conservatoires.

Il n’y a plus que le chaos. Et la fatalité.

Le chaos est toujours aussi calme, ce matin. C’est par exemple la coexistence, dans la conscience, des actions de la veille et du rêve confus qui semble avoir actionné toute la nuit.

- Quel salaud, ce Diego !, s’écrie-t-on alors en se levant. On croit que Diego a dérobé de l’argent à sa sœur. En fait, ce n’était qu’une scène de rêve. Mais la confusion est telle, en ce chaos ! Car c’est vraiment le chaos.

Et l’on s’en chez chez ce Diego pour lui demander des comptes. On se bat. Diego meurt à cause d’un coup de poing aux conséquences désastreuses. C’est la fatalité.

La musique traduit bien le sentiment de la fatalité quand elle descend les escaliers. Les descentes d’escaliers sont souvent chromatiques. Mais ce n’est pas obligatoire.

Il n’y a pas que la mélodie dans la vie. Là où il n’y a plus de mélodie, il peut encore y avoir le sentiment de la fatalité.

Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a plus d’harmonie. Prenons l’exemple d’une cantate de Bach. On me la montre. On m’explique qu’il y a de l’harmonie à chaque instant dans cette cantate. Je réponds : « Non, c’est un microsillon ».

Et je recommande de renverser l’électrophone pour essayer de déceler une harmonie cachée. Mais si l’on possède un électrophone à 1 600 €, il est périlleux de s’essayer à y chercher des « harmonies cachées ». Mieux vaut passer à autre chose.

Toutes les cantates de Bach ne sont pas fatalistes. Mais certaines d’entre elles expriment clairement le sentiment de la fatalité, ce qui le conduit inexorablement à la dogmatique sérielle.

C’est ce qu’a pressenti Schoenberg, à l’heure où l’on expérimentait le gramophone.

Au lendemain, il n’y avait déjà plus d’harmonie. Peu de temps après, son élève Webern relatait l’histoire de l’homme qui barre une à une les douze notes de la gamme chromatique et qui n’est pas fou. Il restait la fatalité (le sentiment de la fatalité) et le chaos. Le calme du chaos.

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