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XXXII - Voilà comment c'est, la vie, sous l'influence du cinéma et des actualités télévisées
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 Article publié le 6 octobre 2015.

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Voilà comment c’est, la vie, sous l’influence du cinéma et des actualités télévisées. T’es sorti pour aller pisser un coup furax dans une vespasienne et tu te retrouves à couler du bronze au pied d’un haut fourneau.

Ah ! la traîtresse ! Et dire que Roger lui faisait confiance, même qu’il l’avait embrassée sur l’anus avant qu’on parte à bord de la Cadillac. Mais j’aurais dû y penser avant : la Cadillac, elle était pas en tissu humain que si ç’avait été le cas j’aurais rené de mes cendres. Du métal, oui ! Même le cuir était en métal. Que ça faisait des étincelles avec mes couilles. Elle en jouissait, la vioque ! Et faut voir comment ! Ah ! on me le refera plus, le coup des tripous ! J’avais pas insisté pour le frometon, et j’avais eu tort !

« Je savais pas que ça s’achetait, qu’elle me dit en le pelant. De mon temps, on aurait pas eu les sous.

— Mais maintenant vous les avez !

— La retraite sans les oignons ! J’ai jamais rêvé plus.

— À votre âge, on s’étonne plus.

— Mais je peux encore étonner. Mets tes pompes sur le tableau de bord, avec les pieds dedans sinon je supporte pas l’odeur. Ce que tu peux tromper l’acuité visuelle, mon Giton ! Si c’était pas les dents, on croirait que c’est du métal. C’est encore chaud, dis donc !

— Ça fait regretter la fusion, hein ? »

On était entré dans la vraie nature des conversations amoureuses. J’avais jamais fait ça avec une vioque, mais j’en avais rêvé. Ça, je peux pas dire le contraire. C’est la vie. En vieillissant, soit tu les rajeunis, ce qui te conduis en taule, soit tu en rajoutes et on te prend pour un pervers. J’avais choisi la liberté.

« Tu me dis quand t’es prêt… glousse-t-elle à un moment que j’ai du mal à me souvenir si c’était avant ou après.

— Prêt à quoi, mon amour ?

— À refroidir complètement, mon chou !

— Mais je veux pas refroidir !

— Je pisse froid quand je pisse ! Et puis, c’était déjà plus tellement chaud…

— Forcément puisque c’est plus dur ! »

Ah ! la science et les gonzesses ! Elles en font rien que pour gagner du pognon. Heureusement qu’on est aidé par l’État quand on sait plus y faire. Mais moi, je savais. Et je bandais comme un arc. Tellement que ça dépassait. Elle avait jamais vu ça. Elle s’extasiait. Avec des cris tellement significatifs qu’il s’est mis à faire nuit. Comme ça, d’un coup. J’ai cru que j’avais été précoce. mais pas du tout ! Ça avait trop duré et elle était sur le point de claquer. Claquer alors que je savais rien de ce que je voulais savoir. Elle agonisait maintenant !

« Monsieur Hartzenbusch !

— Je suis là. Et pas en esprit. J’ai la queue coincée dans votre trou !

— Ah ! si je savais quel trou ! »

Mais est-ce que je savais moi-même ! Il m’arrivait ce que j’avais toujours redouté depuis que je sais comment on fait : je m’étais refroidi en pleine érection. À cause de sa pisse froide ! J’en tremblais. Ah ! ce que j’avais froid, les amis !

« Je suis désolée, dit-elle sérieusement. C’est comme ça que j’ai tué monsieur GU.

— Mais je veux pas crever ! Et surtout pas comme monsieur GU ! J’ai toute ma jeunesse devant moi. Ce qui vous donne une idée de mon âge.

— Faudrait la chauffer de nouveau. Mais ça, je peux plus. Je me sens de plus en plus froide.

— Et on fait comment pour vous chauffer maintenant que vous avez refroidi avec ma queue dans un de vos trous ?

— Si je savais… »

Elle savait pas ! J’étais coincé dans son trou, sans même savoir lequel, et elle savait pas comment me la réchauffer pour que je revienne à la fusion qui est mon état normal de tous les jours ! Est-ce que j’étais à ce point différent des autres hommes ? Je commençais à avoir froid à l’estomac. Et bientôt, ça me monterait à la tête. Alors là, je vous dis pas !

« J’ai jamais été aussi loin… dit-elle comme si j’avais été au courant de ses collaborations avec l’ennemi depuis que j’avais l’âge de comprendre jusqu’où peut aller l’être humain quand il se met dans la tête de sauver sa peau au détriment de ceux qui n’en ont jamais eu.

— Je veux pas finir comme ça, merde !

(Je gueulais comme un nouveau-né qui sait pas comment ça commence.)

— Mais vous allez pas finir, monsieur Hartzenbusch ! Je vais vous garder dans ma culotte. Ils y verront que du feu.

— Du feu ! Mais c’est justement ce qu’il me faut pour refusionner dans le bonheur de pas tomber dans le priapisme !

— Alors de quoi vous plaignez-vous ? Tenez, justement, on arrive. »

Je sais pas vous, mais moi, j’avais plus tellement envie d’arriver. Surtout dans une culotte de vieille bique qui se lave pas tous les jours. Et puis, qui qui allait m’apercevoir si elle disait rien ? Alors elle s’est mis à dire : et que si quelqu’un voulait regarder dans sa culotte, elle y verrait pas le moindre inconvénient ; et que si on voulait amener du monde, elle irait jamais aussi loin qu’avec ceux-là. Et un tas de propositions tellement bien argumentées que je me suis vu empoigné par autant de mains que je pouvais imaginer sans aller à Lourdes.

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