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4- Vertige
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 Article publié le 5 juillet 2015.

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Te voilà tout vêtu de blanc dans tout le paysage de ton fauteuil avec ramages depuis longtemps usés par les saisons passées devant ta fenêtre donnant sur les arbres chenus de la place et sur on ne sait quel vieux style de pensées quatre à quatre et ton fauteuil s’est mis à grincer et tu vois les corbeaux tes corbeaux qui accompagnent les saisons les corbeaux cohabitent en toi vêtu de blanc qui ressembles à la neige qui fait fondre les possibles auxquels tu as rêvé auxquels tu rêves encore et tu ne bouges plus tu contemples ce rien devant et déjà loin tout près et comme un souffle et tu écoutes Haydn et tu penses la musique intacte malgré le vieux temps seule l’écoute avec les corbeaux que tu entends pas les mêmes corbeaux car ce sont les corbeaux qui ont changé après tant et tant de saisons mortes les arbres secouent leurs bras de maestro dirigeant les saisons et la blancheur des murs et celle aussi du sol et l’odeur persistante du désinfectant le lit et son inclinaison parfaite angle parfait lecture confortable a dit la chère enfant aujourd’hui le fauteuil et les corbeaux en supplément même en été même au printemps et la blancheur des jours qui peu à peu reçoivent les choses moins fortement moins sûrement sûres moins de moins en moins même les angles de vue et d’écoute et même les corbeaux la poésie pourtant la poésie le temps la façade d’en face avec ses graffitis ses rides et la chère très chère enfant qui fait le mur ou plutôt escalade le mur et t’a pris dans ses bras pour grimper sur le mur en face et son odeur de lit et de désinfectant ses seins contre ta joue et contre ton oreille où la vieille musique si jeune et intacte passe et est passée depuis que dieu est mort depuis que l’incertain et toi sur ses épaules le blanc tacheté d’étoiles de pigeons de mouches pattes folles de mouches comme tu écris comme on te disait quand enfant quand petit quand tu écrivais sans pleins ni déliés avec la plume en fer la plume militaire et que faisant le mur de l’école avec tes beaux crayons de couleurs qu’ont les anges auxquels tu donnais un sexe en disant c’est un arbre ou une marguerite pour monter la garde devant la blanche âme du petit garçon coloriant ainsi les saisons la musique que tu entendais que tu entends encore aujourd’hui vieille et belle et usée plus usée que ton fauteuil qui grince et monte sur le mur plus blanc de plus en plus sommeil et vigilance pour mieux écouter venir le vieux rêve et t’écouter rêver escalader le mur de la façade blanche en face ton oreille contre son sein contre ta joue l’odeur de lit et de désinfectant ta chambre qui s’emplit de l’ancienne musique pour actualiser un souvenir d’écoute ancienne dans l’enfance et qui fait grincer ton vieux fauteuil moderne usé jusqu’à la corde où tu te pends souvent comme l’ancienne chambre où tu voyais les murs blanchir tout autrement dans le lit et l’odeur de ce désinfectant odeur de ce vieux temps et tu escalades la façade avec cette jeunesse qui n’est plus à toi et ta propre musique écorche les saisons qui gambadent dans les nuages que tu vois dans un œil de corbeau noir et bleu dans ou disant plutôt sur ce blanc dont tu vêts ton corps à la parole noire du silence que tu fais grincer dans ton fauteuil qui lui contient le paysage et les saisons qui fuient ici comme un point d’orgue sur la voile au loin de la façade proche que tu escalades de ton vieux fauteuil usé jusqu’à la corde avec cette jeunesse tout en mamelons sueurs crampons d’amour avec tes propres muscles avec ta propre sueur tes propres mamelons ton propre sein posé contre sa jeune joue tu t’escalades allégrement dans ton fauteuil de rien et de rotin tout comme un air de danse et gitane et baroque ton infirme voix opacifie la vitre avec la blouse blanche de sa jeune haleine et sa voix qui en sort et le temps du fauteuil avec le temps du lit l’angle qu’il faut pour lire ‘’appuyez sur la poire’’ pour l’inclinaison mais pour l’instant fauteuil et debout voir la neige et penché voir la neige et dehors voir la neige escalader la neige en façade de plus en plus et blanche et lisse sur ta joue ce blanc cette étendue ce sein sa longue blouse blanche enfin ce petit froid qui brûle tout ce sein.

 

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