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Chanson d’Ochoa (Cancionero español)
Chant quinze - Folle comme une étoile filante du récit

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 Article publié le 22 avril 2004.

oOo

Chant quinze

Folle comme une étoile filante du récit

La nuit continue, la nuit marquée d’une pierre blanche, nuit franche
Comme une surface d’eau dormante à peine déplacée par des courants
De fond, la nuit continue malgré l’apparente interruption du drame

Que la mort explique enfin. Thomas Folle s’éveilla à cause des animaux.
Ils grattaient le sol. Pas de rideaux à la fenêtre, de nuit comme
De jour, et les insectes s’en donnent à cœur joie, pillant les

Contenus, souillant les surfaces, et l’air crie de leurs ailes.
Folle luttait contre d’autres réalités moins tangibles. Dehors,
Le vieil autocar de marque Berliet abritait une colonie de chats.

Sa toiture crevée était surmontée d’un paresseux penché comme
Un habitant des couloirs, que le vent heurtait, que la pluie
Nourrissait. Les chats miaulaient toute la nuit et le jour Folle

Les apprivoisait. Ils aimaient ses restes et se les disputaient.
Il n’intervenait pas dans ces disputes de griffes. Il alimentait aussi
Des oiseaux noirs et un chien qui répandait son odeur. Un portrait

De femme remplaçait une femme disparue dans des circonstances tragiques.
Folle avait assuré pendant trente ans la liaison entre les villages
De la côte. Au volant, il évoquait des temps heureux à quoi le plaisir

N’était pas étranger. Il portait quelquefois le nom de sa mère, une
Galvez, mais il l’effaçait si la douleur devenait trop exigeante.
Folle est un nom de pays, assurait-il à ses voyageurs de courte durée.

L’autocar était tombé en panne à cause d’un incendie du moteur. Au début,
Il avait aimé cette retraite. Il attendait les pièces de rechange
Avec une sérénité de baigneur. Il avait reçu ensuite un courrier

Lui indiquant que les pièces dont il avait un besoin urgent n’existaient
Plus. Pendant un mois, il avait visité les autres concessionnaires
Pour discuter de l’adaption d’un moteur. Il avait tracé des plans

Et tout prévu. Mais la fatigue l’a surpris à la fin d’une journée
Passée à recalculer une rentabilité douteuse. L’autocar gisait
Dans l’allée bordée de pins. Il balayait l’intérieur et lavait

Les vitres. Il détestait l’odeur d’huile cassée mais il eut beau
S’échiner à décrasser l’acier mordu par le feu, elle persistait
Et atteignait le seuil de la maison où il avait l’habitude de s’asseoir

Pour regarder la fin de la journée sur les jardins. Il relisait
Les lettres de Renault Poids lourds mais la poésie avait sa préférence.
Il aimait les vers de Péguy et de Saint-Pol Roux mais les explications

De Renault Poids lourds revenaient et il s’acharnait à composer
Des réponses argumentées. À la banque, ils avaient estimé la maison
Et conclut qu’elle ne valait pas le prix d’un moteur et des travaux

Planifiés. Les chats entrèrent parce que les joints de la portière
Étaient pourris depuis longtemps. Ils dormaient sur des sièges crevés
Et scotchés. Folle les aima tout de suite. Il les connaissait depuis

Des générations mais il n’avait jamais songé à les approcher d’aussi près.
Il leur parla pour la première fois un jour de pluie et d’orage.
Ils tremblaient. Il découvrait la peur des animaux, peur facile

Mais tranquille. La pluie s’acharnait sur une toiture dont il découvrait
Aussi les sonorités. Il actionna l’essuie-glace et se laissa rêver
En regardant bleuir la façade de sa maison. Il pensa à la difficulté

De rassembler toute cette vie passée à traverser la réalité des autres
Pour oublier les conclusions de ce qui n’avait jamais été qu’une autre
Vie. La tourmente vrillait le paysage et les chats ne se disputaient plus.

Conscient de vivre les commencements d’un quatrième acte de sa vie,
Folle pleura. L’enfance était presque oubliée ou en tout cas il n’y pensait
Que pour se rendre compte qu’il était incapable d’en renouveler

La chronologie. La vie heureuse n’avait pas duré assez pour échapper
À la fragmentation d’un récit du désir. Trente ans de voyage circulaire
N’étaient que la répétition invariable d’un croisement de générations.

Maintenant il s’arrêtait pour de bon. La maison était restaurée
Et il possédait de bons placements. Il souffrait un peu du cœur
Mais qui n’en souffre pas après cinquante ans de cigarettes et de

Vin ? Il marcherait. C’était un beau projet, ces promenades dans la contrée.
Il connaissait les routes et les chemins. Il était entré dans toutes
Les maisons à un moment ou à un autre du temps que la vie réserve

Aux autres. Il s’était nourri du produit des jardins et des champs.
Il avait mangé la chair des animaux et bu leur lait. Il ne regrettait pas
D’être revenu pour changer de vie. Il ne la changerait plus sans doute

Mais il ne se passerait plus rien d’aussi tragique à part peut-être
La douleur du départ définitif. Il ne dédaignait d’ailleurs pas
L’idée de faire tomber le rideau lui-même. Putain de coup de fusil !

Ce dimanche, comme tous, il avait entendu parler d’Ochoa et au lieu
De hausser les épaules en prenant connaissance des visions de doña Pilar,
Il avait souhaité rencontrer le vagabond prometteur. Ochoa ? Le fils

De Rodrigo qui vendait ses mandarines dans les parkings des supermarchés ?
Celui qui a mis en vente sa maison et les terrains attenants ? Cet Ochoa
Qui reniflait les pneus de l’autocar quand il pistait ses animaux ?

Folle avait cherché à le rencontrer mais il n’avait pas osé frapper
Au domicile de doña Pilar qui était sa cousine. Il avait croisé Raïssa
Et reniflé son odeur de pipi. Sur la place, un brocanteur vendait

Des chansons et des posters. Il avait préféré cette conversation
Aux approfondissements rhétoriques. Il avait fini par perdre le fil
Par quoi tenait la rumeur. Christ ? - Vous devriez acheter un âne

Ou un Lambretta, don Tomás ! Il montrait la semelle de ses sandales
Et on riait. Il achèterait une auto. Madame de Vermort possédait
Une Porsche et elle ne dédaignait pas sa compagnie de connaisseur.

Ce soir-là il y eut une pluie de gouttes qui éclaboussèrent la façade
Comme des éphélides. Poussière rouge de l’Afrique ! On aurait dit un sang
Annonciateur. Il se prosterna dans la nuit, à peine sorti sur le seuil.

L’autocar étincelait, carreaux sans reflets mais cernés d’ombres.
La pluie ne dura pas. Il promena le faisceau de sa lampe sur les tavelures
En forme de taches d’encre. Une rigole avait amorcé une sonorité

Sous les arbres puis du bassin avaient surgi des insectes terrifiés.
Impossible d’échapper à ces interruptions du sommeil malgré la prise
De soporatifs. Paradoxe des rencontres un moment confondues avec

La réalité. Des étendards claquaient sur les jardins, renvoyeurs d’éclats
Lumineux. Le dernier pétard avait provoqué la fuite définitive des oiseaux.
Il toucha les coulures sur la chaux des murs. Glaise des ciels d’automne.

Les personnages persistaient. Il haletait encore. Un verre de vin
Ne suffit jamais à le tranquilliser. Les branches enfouissaient la lune,
Terre haute. Pourquoi pas un monde plan ? Il esquissait des projets

De vacances. - De quoi te plains-tu ? dit la voix. Il marcha dans l’allée,
Fouettant les fleurs avec le tuyau en caoutchouc. La chemise était ouverte
Et il se sentait sale. L’autocar s’embrasa facilement. Il recula.

Quel feu ! Il dut reculer jusqu’au seuil. Le feu créait un vent tournoyant.
Quelle lumière ! Il n’en voulait rien perdre. La rareté des phénomènes
Provoqués par un grattement d’allumette le poursuivait depuis l’enfance.

- Promets-moi de ne plus mettre le feu à la forêt ! Il promettait avec
Des grâces de fille, tirebouchonnant sa quéquette en sucre. Feu et lumière
D’une idée de la chaleur et de la combustion. Promets-moi ! La forêt

Embrasait des arbres tremblants, tortillons de couleurs. Je te promets
De ne plus chercher à te surprendre au saut du lit. Pompiers harassés.
Il pataugeait dans les flaques en attendant. La nuit se finissait.

Mais il n’avait jamais atteint les hauteurs de cette enfance appliquée.
Il n’y eut pas d’autres études. Un peu les poètes, mais par goût. Poètes
Peuplant. Leurs lieux le déroutaient quelquefois. Que vaut un esprit

Qui ne franchit pas les limites imposées par l’imagination ? Cette nuit-là
L’angoisse l’avait vaincu. Il aspira le mazout et le répandit sur les sièges.
L’autocar s’alluma, éclairant une colonne verticale de fumée noire

Qui semblait ne pas se terminer au contact du ciel. À quelle hauteur,
Le ciel, et à quel moment, l’air qu’on respire ? Une patrouille de gardes
Civils franchissait les ornières. - Tu avais promis ! Il avait toujours

Recommencé, souvent pour détruire, rarement par pur plaisir du feu.
Le 4x4 entra dans le jardin. Un garde inspecta la maison, en sortit,
Fit le tour, exigeait que l’autre manœuvrât la voiture pour diriger

Les phares dans sa direction. Don Tomás ! L’autocar s’affaissait. Le feu
Me maintient à la surface des choses. Le garde le trouva dans l’allée,
Prostré comme un mortifié, le visage tavelé par la pluie. Le feu gagnait

La cañada du lit voisin. Les pompiers étaient déjà à l’œuvre. Expliquez
Ces circonstances ! - Je n’expliquais rien. Le temps passait tandis qu’ils
Attendaient le diagnostic ou le verdict. - Des brandons rebondissaient

Sur le toit de la maison. Ils le menottèrent à la poignée d’une portière.
Un pompier examinait le fond de ses yeux. - Que voyez-vous à part mon
Pinceau de lumière ? On s’éloignait sensiblement. Il regarda à travers

La vitre. - Regardez où je vis depuis des années. Je n’arrive à rien.
- Ce n’est pas une raison. Ou bien : C’est de la folie. Vous ignoriez
Ce détail de mon existence ? On devrait porter l’enfance plutôt que son nom.

Qui êtes-vous ? - Je suis cet enfant, là ! Et d’enfoncer le doigt au bon
Endroit du personnage qu’on est devenu à force d’apparences. L’autocar
Se rapetissait dans les flammes et les roseaux communiquaient leur feu

Aux herbes folles du lit. Comme il court, le feu que j’ai donné à cet instant
Précis de ma vie ! Ils l’emmenaient au diable et il s’apaisait. Sur la route,
Des ombres s’agitaient au passage de la voiture. Ne montrez pas votre

Visage ! - Quel visage ? Le mien ou celui du pyromane ? Il tira la langue
Pour montrer le feu du mazout. Interrogez-vous, braves gens, sur ce qui
Arrive à l’autre quand le feu s’en mêle. Ils croisèrent les poursuivants

D’Ochoa. - Le fils de Rodrigo qui proposait ses mains à des touristes
Amusés ? Les hommes entretenaient le feu de leur lampe, surveillant
Les mèches et les jauges. Ochoa ? Le Christ ou ce marginal halluciné

Qui possède uniquement ce qu’il tient de sa race ? Ils montèrent à l’assaut
Des hameaux, se tassant dans les voitures et le 4x4 des gardes civils
Fermait le convoi avec Folle sur le siège arrière, fébrile et fasciné

Par le déroulement de ce temps qui n’était plus le sien mais celui
Que le feu imposait aux autres. Le canyon laissait entrevoir sa profondeur
Dans les virages. Les phares illuminaient les récents éboulements.

Fabrice de Vermort ne dormait pas. Il se joignit à l’hallali en serviteur
Du Réel. En haut, la lampe indiquait qu’Ochoa était chez lui. On arrêta
Les véhicules sur la route, tous feux allumés. Folle, menotté comme un

Larron, trottinait derrière son gardien. Qui parle ? demanda-t-on à l’encan.
On mesurait les influences. Don Felix, en sa qualité double de poète
Et de magistrat, leva sa canne et frappa sur la porte. Ochoa surgit

Comme quelqu’un qu’on n’attendait plus. - Il a tué son chien, le chien
Cristobal ! - On ne peut pas condamner celui qui tue son chien. - Mais
Ce n’est pas mon chien ! - À qui appartient ce chien ? La canne de don Felix

Souleva les babines du cadavre qu’on venait de jeter à ses pieds. - Je
Ne l’ai pas tué non plus, déclara Ochoa. Don Felix planta le bout de la canne
Dans la terre du seuil, juste à côté de la pierre. Cristobal ? À qui

Appartient ce cabot ? La canne s’enfonçait dans la terre et tournait.
- Nous ne sommes pas venus pour ça, dit quelqu’un. - Pourquoi alors ?
Dit Ochoa. Sa chemise était ouverte et laissait voir son thorax osseux.

Homme brisé par les os, il imposait un nez grossièrement planté entre
Les yeux. Joues traversées de coups de couteau. Ses mains semblaient
Soutenir le linteau. Toi ! dit une voix. Et Ochoa dit : Moi ! Fabrice

S’excusa longuement par-dessus l’épaule de don Felix. - Tu as mis le feu
À ta maison ? demanda Ochoa. Folle montra ses chaînes. Ça vaut quelque chose,
Une maison, dit Ochoa, et personne n’a le droit de la sacrifier au désir

Des autres. Sa main disparut un moment puis revint avec le fusil. L’autre
Main contenait déjà une cartouche. Je n’ai jamais tiré sur un être humain,
Dit-il en manœuvrant le chien. - Moi non plus, dit Folle sans parvenir

À amuser les autres. - Toi ! répéta la voix. Voix de femme. Ochoa dévissa
La mollette. La lampe inondait son visage de lueurs bleues. Moi, dit-il
Comme s’il acceptait qu’on le désignât. La canne de don Felix avait fini

De limer la terre. Moi et qui ? demanda Ochoa. Je n’ai jamais volé personne.
Qui se plaint de moi ? Quelle femme que je n’ai pas connue ? Montre-toi !
Je veux avoir le plaisir de te voir encore avant de m’expliquer.

- De quoi est-il mort ? demanda don Felix en désignant le chien. - Mort,
Rien de plus, fit Ochoa. Son orteil souleva les babines puis retourna
À la terre, la limant. De quelle femme nous parles-tu ? dit Fabrice.

Folle toucha le chien. Pas de sang. La maladie. La vieillesse. Je l’ai
Toujours connu, dit Ochoa, celui-là ou un autre. Maintenant partez !
Le fusil lança une gerbe de feu qui traversa la vigne. La bouche d’Ochoa

Contenait trois autres cartouches. Il en chargea une autre, tranquillement.
Quatre, dit-il. Sa mâchoire tremblait. C’était une voix de femme, dit-il.
Les mains de Folle se frottaient dans un jet de terre. Frotte ! Frotte !

Une femme ? dit don Felix. Il en extrayait une de sa clique. - Je le
Reconnais ! dit-elle, mordant le foulard. Le canon cracha encore dans la vigne.
Trois, dit Ochoa qui n’avait pas réussi à les faire reculer. Trois hommes,

Prévint-il. La vigne déchirée s’était réveillée et maintenant les insectes
Tournoyaient. Les mains les chassaient de la surface des visages. Fabrice
Posa un pied sur la murette. Sa pipe envenima l’air tiède de la nuit.

De quoi te plains-tu ? demanda don Felix à la femme. Elle se mit à pleurer.
Don Felix se pencha sur cette bouche blessée. - Que dit-elle ? dit Ochoa.
Toi ! dit Folle qui s’amusait de la tournure tragique du rassemblement.

Ochoa contempla la cendre que l’incendiaire répandait sur les autres.
On ne détruit pas sa maison s’il s’agit d’en finir. Il faut partir plutôt
Et ne pas chercher à revenir. D’où reviens-tu avec ce temps faussé

Par les péripéties du voyage ? Vends ta maison à d’autres mains et pars !
L’infini est circulaire mais pas au point de te ramener chez toi. Ignore
La critique des agents immobiliers et vends ta maison à l’étranger

Qui possède de belles mains de travailleur. Montre l’endroit le plus agréable
De ta terre à ce nouveau venu et commence le voyage interminable
De la gravité relative. Nous ne sommes que cette graine de partance,

Cette promesse d’enfant battu, ce renoncement à l’héritage. Nous ne détruisons
Rien. Nous parcourons l’ineffable et le dicible avec des yeux de vieillard.
Quelle femme me fera changer d’avis ? Cette putain ou ma mère ? Regarde-moi !

Le fusil vomit sans tuer personne. Deux ! Une pour toi, une pour moi.
Le temps devient précis. Mais sans unité de mesure. Regarde-moi et parle !
Qui suis-je ? Ma tête ou mon sexe ? Choisis ! Le moment est pathétique,

N’est-ce pas ? - Des phares illuminèrent la façade autour d’Ochoa.
C’était doña Pilar qui arrivait en taxi. Flores l’accompagnait, à peine
Coiffée. Folle reconnut Françoise Garnier et la salua en rougissant.

- Tu es folle ! dit doña Pilar à doña Cecilia. Ce n’est pas cet homme !
- Qui alors ? demanda don Felix comme si on venait de lui confisquer sa balle.
Qui ? grogna doña Pilar. Vous me demandez qui ? Êtes-vous aveugles à ce point ?

Deux coups de fusils trouèrent la vigne. Zéro ! dit Ochoa. Et il referma
La porte sur lui. Il n’avait pas oublié de visser la molette de la lampe.
Dans une lumière diminuée, les femmes se signèrent presque furtivement

Et le chauffeur de taxi demanda si c’était bien raisonnable, tout ce chahut !

 

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