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 Article publié le 26 octobre 2014.

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S’enfoncer dans le maquis des enregistrements posthumes, c’est s’exposer à l’arbitraire commercial, au n’importe quoi d’une marchandisation éhontée qui occulte l’œuvre qui se résumera pour nous à trois albums studios.

Tout ce qui s’en suivit, à commencer par The Cry of Love, Rainbow Bridge, War Heroes n’est qu’une collection de titres achevés pour les uns, en cours d’élaboration pour d’autres, collection fourre-tout qui ne respecte en rien les intentions non-arrêtées de l’artiste disparu prématurément.

Jamais œuvre ne fut plus maltraitée, entièrement livrée qu’elle fut à l’arbitraire d’une logique strictement commerciale qui autorisa les ayants-droits successifs à exploiter des fonds de tiroirs en dépit du bon sens.

Une approche musicologique rigoureuse aura toujours fait défaut. Elle aurait requis un travail de recherche immense que seul, peut-être, Caesar Glebbeeck eût été en mesure de mener avec toute la passion et la rigueur nécessaires : date et provenances de tous les enregistrements existants dispersés sur le territoire américain, en Angleterre, ailleurs en Europe, puis publication régulière de l’ensemble ou bien sous la forme d’un coffret.

Un semblant de cohérence se serait alors dégagé.

La « famille Hendrix » s’est employée et s’emploie toujours à collecter des enregistrements de plus ou moins grande qualité sonore et artistique en vue d’y puiser de quoi sortir des albums à la cohérence douteuse.

Remixageet remontage rendent les originaux inaccessibles.

Une démarche radicale consisterait à tout publier dans l’ordre chronologique ou à tout détruire. Au lieu de cela, nous voyons sortir régulièrement des enregistrements plus ou moins trafiqués pour remplir les caisses de la famille.

Il serait possible de publier dans l’ordre chronologique les nombreux concerts enregistrés avec des moyens professionnels. Au lieu de ça, nous disposons de quelques concerts dont celui de Monterey, de Berkeley, de San Fransisco au Winterland, auxquels s’ajoutent de copieux extraits des concerts du Nouvel An 70 à New York.

Le désordre d’une vie, puis une fin prématurée ont fait que bon nombre d’enregistrements sans grande valeur artistique ont vu le jour, mêlés à des enregistrements impressionnants de puissance.

On ne sortira pas de la confusion.

Distinguons nettement l’œuvre qui se réduit à trois albums studio et, à la grande rigueur, un album enregistré en concert et qui ne satisfaisait guère Hendrix, et regardons le reste comme une collection d’enregistrements où le meilleur côtoie le pire.

A l’amertume que nous laisse sa fin prématurée, à la frustration de ne pas avoir vu grandir une œuvre en pleine mutation à l’orée des années 70 s’ajoute le dégoût de voir une logique commerciale prédominer dans l’exploitation de cet ensemble d’enregistrements posthumes qui, dans leur immense majorité, n’étaient que des essais, à la rigueur des works in progress absolument pas destinés à être publiés.

Hendrix n’aura pas eu son Norbert Hellingrath, philologue somme toute fort estimable et son Friedrich Beissner de triste mémoire, membre du NSDAP à partir de 1937 et éditeur de la fameuse édition de Stuttgart.

Où que l’on regarde, du côté de Hölderlin fascinant la jeunesse allemande nationaliste durant la guerre de 14 ou du côté d’Hendrix fascinant la jeunesse anglo-saxonne des années 60, on ne voit planer au-dessus d’eux que des vautours de bien mauvais augure.

Ainsi va…

Malheur à ceux qui n’ont pas le contrôle plein et entier sur leur œuvre, que celle-ci soit interrompue par la mort ou par la folie !

Des œuvres mûries et parfaitement contrôlées n’en sont que plus appréciables. Je songe, disant cela, à Frank Zappa dont l’épouse a su, elle, préserver l’œuvre des vautours et publier des œuvres posthumes parfaitement cohérentes et de grande classe.

 

Jean-Michel Guyot

21 octobre 2014

 

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